À Paris, la comédienne et avocate Chirinne Ardakani, connue pour sa défense des droits humains et son engagement aux côtés de la Prix Nobel de la paix Narges Mohammadi, endosse un nouveau rôle. Selon Le Monde, elle incarne la procureure du patriarcat dans une pièce de théâtre qui met en lumière les violences systémiques subies par les femmes sous les régimes autoritaires. Une performance qui fusionne son expertise juridique et son militantisme féministe.

Ce qu'il faut retenir

  • Chirinne Ardakani, avocate franco-iranienne, défend depuis des années les droits des femmes et les opposants au régime des mollahs en Iran.
  • Elle joue le rôle de la procureure du patriarcat dans une pièce de théâtre où elle incarne une figure accusatrice des structures oppressives.
  • Son engagement s’inscrit dans la continuité de sa collaboration avec Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix 2023.
  • La pièce aborde les violences faites aux femmes, notamment sous les régimes autoritaires, à travers un prisme à la fois artistique et militant.

Une avocate aux multiples combats

Née en Iran et installée en France, Chirinne Ardakani a bâti sa carrière sur la défense des droits fondamentaux. Spécialisée dans la protection des opposants politiques et des femmes victimes de persécutions, elle a notamment travaillé aux côtés de Narges Mohammadi, figure emblématique de la lutte pour les droits humains en Iran. Selon Le Monde, cette collaboration a renforcé son engagement contre l’oppression des femmes sous les régimes théocratiques. Son parcours, marqué par une double casquette d’avocate et de militante, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une création théâtrale audacieuse.

La pièce qu’elle met en scène s’appuie sur cette expertise juridique pour dénoncer les mécanismes du patriarcat. Ardakani y joue le rôle d’une procureure qui incarne, de manière allégorique, l’accusation contre les systèmes oppressifs. Une performance qui interroge : comment la justice peut-elle être un levier de changement lorsque les institutions elles-mêmes sont complices de l’oppression ?

Une pièce engagée contre les violences systémiques

Intitulée sans ambiguïté, la pièce s’inscrit dans une démarche militante. Ardakani y mobilise son expérience d’avocate pour construire un récit théâtral qui mêle témoignages, analyse juridique et fiction. Selon Le Monde, le spectacle s’appuie sur des cas réels de femmes persécutées en Iran, en Afghanistan ou ailleurs, où les lois sont instrumentalisées pour maintenir les femmes dans un statut d’infériorité. La mise en scène, sobre et percutante, vise à donner une voix à celles qui en sont privées.

L’auteure et metteur en scène de la pièce, dont le nom n’est pas mentionné dans l’article, a choisi de placer Ardakani au cœur de l’action. Celle-ci incarne une procureure qui, à l’instar de son rôle dans la vie réelle, défend les victimes face à un système judiciaire partial. Le choix de ce personnage n’est pas anodin : il souligne l’absurdité des lois qui, sous couvert de morale ou de tradition, criminalisent les femmes. Un parallèle est établi entre le théâtre et la réalité, où les femmes sont souvent jugées deux fois : une fois par les tribunaux, une autre par les normes sociales.

Un engagement qui dépasse les frontières

Le parcours de Chirinne Ardakani illustre une réalité vécue par des millions de femmes à travers le monde. Son engagement auprès de Narges Mohammadi, emprisonnée à plusieurs reprises pour son militantisme, témoigne de la répression systémique subie par celles qui osent défier l’ordre établi. Selon Le Monde, la pièce de théâtre s’inscrit dans une volonté plus large de sensibiliser le public européen aux enjeux des droits des femmes dans les pays autoritaires. Une démarche qui s’adresse aussi bien aux diasporas qu’aux sociétés occidentales, souvent peu informées des réalités vécues ailleurs.

Ardakani a rappelé à plusieurs reprises, lors d’interviews, que le théâtre pouvait être un outil de résistance. «

Le patriarcat n’est pas une abstraction. Il se niche dans les lois, les discours, et les silences. En le mettant sur scène, on le démasque. »
Une phrase qui résume l’ambition de la pièce : transformer l’indignation en action, et l’art en arme politique.

Et maintenant ?

La pièce, créée en mai 2026 à Paris, devrait entamer une tournée en Europe d’ici l’automne. Selon Le Monde, des discussions sont en cours pour adapter le spectacle en version bilingue, afin de toucher un public plus large, notamment les communautés iraniennes et afghanes en exil. Par ailleurs, Ardakani a évoqué la possibilité de créer un atelier juridique au sein du théâtre, pour former les spectateurs aux recours possibles contre les violences systémiques. Une initiative qui pourrait inspirer d’autres artistes à utiliser leur plateforme pour des causes similaires.

La question reste entière : dans un contexte où les droits des femmes reculent dans plusieurs régions du monde, une pièce de théâtre peut-elle vraiment faire bouger les lignes ? Ardakani, pragmatique, répond par l’affirmative. « Le théâtre ne change pas les lois, précise-t-elle, mais il change les mentalités. Et c’est par là que tout commence. »