Alors que l’Union européenne lance une nouvelle stratégie pour réduire la pauvreté, un programme chypriote se distingue par son approche innovante. Selon Euronews FR, le pays mise sur des travailleurs sociaux de quartier pour apporter un soutien personnalisé aux personnes en difficulté, offrant ainsi une « lueur d’espoir » à des milliers de Chypriotes.

Ce qu'il faut retenir

  • Le programme chypriote a accompagné 4 000 personnes depuis son lancement, dont des parents isolés et des familles confrontées à des situations de handicap.
  • Son modèle repose sur trois piliers : prévention, personnalisation et proximité, avec des résultats concrets sur l’emploi et l’autonomie.
  • L’UE vise une réduction de 15 millions de personnes menacées par la pauvreté ou l’exclusion sociale d’ici à 2030, dans le cadre de sa stratégie globale.
  • L’expert en pauvreté Olivier De Schutter salue l’accent mis par Bruxelles sur l’accès aux services sociaux pour faciliter l’accès aux droits.

Un accompagnement sur mesure pour retrouver une autonomie

Marianna Andreeva, 57 ans, fait partie des bénéficiaires de ce programme. Mère d’un fils autiste de 20 ans, elle peinaient à concilier les soins nécessaires et la gestion administrative. Grâce à l’intervention d’Antri Nikolaou, une travailleuse sociale de quartier, elle a pu remplir les formalités complexes et obtenir un soutien pour son enfant. Résultat : Marianna a repris un emploi. « Pour moi, c’était comme une lueur d’espoir dans ma vie », témoigne-t-elle auprès d’Euronews FR.

Un autre bénéficiaire, Emil Stefanov, père isolé de deux filles, a également trouvé un appui décisif. Avec l’aide d’Antri Nikolaou, il a pu régulariser ses factures d’électricité, organiser la garde de ses enfants et se concentrer sur sa recherche d’emploi. « Quoi qu’il manque, quoi que nous cherchions ensemble, Antri est à nos côtés », confie-t-il. Ces parcours illustrent l’impact concret d’une approche centrée sur l’humain.

Prévention, personnalisation et proximité : les trois piliers du succès

Le programme chypriote s’articule autour de trois principes fondamentaux. D’abord, la prévention permet d’anticiper les situations de crise avant qu’elles ne s’aggravent. Ensuite, la personnalisation garantit que chaque accompagnement soit adapté aux besoins spécifiques des individus. Enfin, la proximité facilite l’accès aux services, souvent méconnus ou sous-utilisés. « Ce modèle montre comment des politiques sociales innovantes peuvent transformer des vies », souligne un responsable du ministère chypriote du Travail.

Depuis son lancement, l’initiative a permis à de nombreux Chypriotes de sortir de l’isolement. Les travailleurs sociaux comme Antri Nikolaou jouent un rôle clé en agissant comme des relais entre les citoyens et les institutions. Leur mission dépasse la simple aide administrative : ils deviennent des partenaires dans la reconstruction du quotidien.

L’UE renforce sa lutte contre la pauvreté, avec un accent sur les services sociaux

Ce programme intervient à un moment charnière pour l’Europe. La Commission européenne vient de dévoiler sa stratégie pour réduire la pauvreté, avec un objectif ambitieux : diminuer de 15 millions le nombre de personnes menacées par l’exclusion sociale ou la précarité d’ici à 2030. À plus long terme, l’UE vise même l’éradication totale de la pauvreté d’ici à 2050.

Parmi les mesures phares, Bruxelles met l’accent sur l’amélioration de l’accès aux services sociaux. « Garantir que les personnes puissent bénéficier des prestations auxquelles elles ont droit et les soutenir dans leur recherche d’emploi est essentiel », explique Olivier De Schutter, professeur en droit international et expert en pauvreté. Son analyse rejoint celle des autorités chypriotes, qui ont fait de la proximité un levier d’efficacité.

Un modèle reproductible en Europe ?

Le succès du programme chypriote pourrait inspirer d’autres États membres. Son coût reste modéré comparé aux économies réalisées en termes de santé, d’éducation ou d’emploi. « L’investissement dans les travailleurs sociaux de proximité est un pari gagnant pour les finances publiques », estime un économiste contacté par Euronews FR.

Pour autant, son déploiement à plus grande échelle suppose des moyens humains et financiers adaptés. À Chypre, le dispositif repose sur un réseau de plusieurs centaines de travailleurs sociaux, formés pour intervenir dans les zones urbaines comme rurales. Leur travail en première ligne permet de désengorger les services sociaux traditionnels, souvent saturés.

Et maintenant ?

La Commission européenne devrait publier d’ici la fin de l’année 2026 un premier bilan de la mise en œuvre de sa stratégie anti-pauvreté. Les États membres sont encouragés à s’inspirer de modèles comme celui de Chypre, mais leur adoption dépendra des priorités budgétaires nationales. Une réunion des ministres européens en charge des affaires sociales, prévue en septembre 2026, pourrait aborder ce sujet et évaluer les premières avancées.

Côté chypriote, les autorités prévoient d’étendre le programme à d’autres régions du pays d’ici 2027, tout en renforçant la formation des travailleurs sociaux. L’objectif est clair : transformer cette « lueur d’espoir » en une réalité durable pour tous.

Selon Euronews FR, le programme s’inscrit dans le cadre du plan national chypriote de lutte contre la pauvreté, doté d’un budget global de 12 millions d’euros pour la période 2024-2027. Une partie de ces fonds est spécifiquement dédiée à la rémunération et à la formation des travailleurs sociaux de proximité.

La Commission européenne utilise un ensemble d’indicateurs, dont le taux de pauvreté monétaire, le nombre de bénéficiaires des minima sociaux et l’accès aux services essentiels comme la santé ou l’éducation. Un rapport annuel sera publié à partir de 2027 pour évaluer les avancées par rapport aux objectifs fixés.