Cinq ans après avoir fui Kaboul en septembre 2021, deux membres de l’équipe féminine de cyclisme afghane, Wahida et Nazanin, livrent leur récit dans le documentaire « Les échappées de Kaboul », diffusé par France 24. Selon la chaîne, une quarantaine de sportives ont bénéficié d’une opération discrète d’évacuation, menée quelques semaines après la prise de pouvoir des talibans.

Ce qu'il faut retenir

  • Quarante cyclistes afghanes ont été exfiltrées secrètement de Kaboul en septembre 2021, un mois après la chute de la ville aux mains des talibans.
  • L’opération d’évacuation a été organisée dans un contexte de forte répression des droits des femmes en Afghanistan, notamment dans le sport.
  • Wahida et Nazanin, deux athlètes évacuées, témoignent aujourd’hui dans le documentaire « Les échappées de Kaboul ».
  • Leur parcours illustre les défis rencontrés par les sportives afghanes après le retour des talibans au pouvoir.

Une opération clandestine dans un Afghanistan sous emprise talibane

En août 2021, la prise de Kaboul par les talibans marque un tournant brutal pour les Afghanes, en particulier celles engagées dans des activités sportives. Le régime islamiste interdit progressivement la pratique sportive féminine, poussant de nombreuses athlètes à quitter le pays en urgence. Selon France 24, une quarantaine de cyclistes, dont Wahida et Nazanin, ont pu être exfiltrées un mois plus tard grâce à une opération discrète, coordonnée à l’échelle internationale.

L’évacuation s’est déroulée dans un climat de tension extrême. Les talibans, qui avaient déjà commencé à restreindre les libertés des femmes, traquaient les anciennes athlètes pour les empêcher de fuir. « Nous devions nous déplacer en secret, changer de cache à plusieurs reprises, raconte Nazanin. Chaque instant était une course contre la montre. » Les deux sportives soulignent que leur sauvetage n’aurait pas été possible sans l’intervention d’organisations humanitaires et de pays étrangers.

Un récit de survie et de résilience cinq ans après les faits

Cinq ans après leur fuite, Wahida et Nazanin reviennent sur les épreuves endurées pour échapper à Kaboul. Leur témoignage, intégré au documentaire « Les échappées de Kaboul », met en lumière les obstacles auxquels elles ont été confrontées : menaces directes, surveillance accrue et impossibilité de pratiquer leur sport en Afghanistan. « Nous avons tout perdu, mais nous avons gagné notre liberté », déclare Wahida, aujourd’hui réfugiée en Europe.

Leur histoire s’inscrit dans un contexte plus large de répression systématique des droits des femmes en Afghanistan. Depuis 2021, les talibans ont multiplié les interdits : accès limité à l’éducation, obligation du voile intégral, et prohibition de toute activité sportive féminine en public. Les deux cyclistes rappellent que leur exfiltration reste un cas exceptionnel, rendu possible par la mobilisation d’acteurs internationaux, mais qui ne doit pas faire oublier le sort de milliers d’autres Afghanes toujours prisonnières du régime.

Et maintenant ?

Alors que la situation en Afghanistan continue de se dégrader pour les femmes, les deux cyclistes appellent à une mobilisation internationale accrue. Leurs demandes portent sur deux axes principaux : la protection des athlètes encore sur place et le soutien aux réfugiées comme elles, aujourd’hui dispersées en Europe et en Amérique du Nord. Leur espoir ? Que leur parcours serve d’exemple pour les futures générations de sportives afghanes, et que la communauté internationale ne les oublie pas. Une pétition en leur nom circule depuis juin 2026, exigeant la libération des femmes détenues pour avoir enfreint les lois talibanes.

Un documentaire pour documenter l’histoire et alerter

« Les échappées de Kaboul », réalisé par une équipe de journalistes français, retrace les étapes de cette opération clandestine à travers des témoignages exclusifs. Le film s’appuie sur des images d’archives et des entretiens avec les principales concernées, dont Wahida et Nazanin. France 24 précise que le documentaire sera disponible en replay sur sa plateforme numérique dès la diffusion du reportage, prévue le 8 juillet 2026 à 20h45.

Au-delà du récit personnel, le projet vise à sensibiliser l’opinion publique sur le sort des femmes afghanes. « Ce n’est pas qu’une histoire de cyclisme, c’est une histoire de résistance et de survie », souligne un membre de l’équipe de tournage. Pour les deux athlètes, ce film représente aussi une façon de rendre hommage à celles qui n’ont pas pu fuir et qui subissent encore aujourd’hui les conséquences du régime taliban.

Selon France 24, leur nom figurait sur une liste établie par des organisations humanitaires locales, qui recensaient les femmes les plus exposées. Leur profil de cyclistes actives et leur visibilité médiatique ont accéléré leur inclusion dans le processus d’évacuation.