Un groupe de cinquante députés européens a adressé une lettre à la Fifa pour exiger une enquête sur l’attribution controversée d’un « Prix de la Paix » à Donald Trump par le président de l’instance, Gianni Infantino, au début du mois de décembre 2025. Cette requête, soutenue par l’ONG FairSquare, s’ajoute aux critiques déjà formulées par plusieurs organisations de défense des droits humains, selon RMC Sport.

Les signataires, issus de treize pays européens, principalement sociaux-démocrates, libéraux et écologistes, demandent à la commission d’éthique de la Fifa d’agir « avec la plus grande rapidité et sincérité » dans l’enquête ouverte il y a près de sept mois. Leur courrier, daté du lundi 7 juillet 2026, souligne que cette initiative survient alors que la Coupe du monde 2026 bat son plein et que les regards du monde entier se tournent vers l’instance dirigeante du football mondial.

Ce qu'il faut retenir

  • Cinquante députés européens, issus de treize pays, réclament une enquête de la Fifa sur le « Prix de la Paix » attribué à Donald Trump en décembre 2025.
  • Cette initiative s’appuie sur une demande formulée depuis près de sept mois par l’ONG FairSquare, spécialisée dans les droits humains.
  • Les élus dénoncent une violation du devoir de neutralité politique de la Fifa, posé par l’article 15 de son code d’éthique.
  • FairSquare accuse Gianni Infantino d’avoir soutenu publiquement la politique intérieure et internationale de Donald Trump, menaçant l’intégrité de l’institution.

Un prix attribué dans un contexte controversé

L’attribution du « Prix de la Paix » à Donald Trump, décerné en marge du tirage au sort de la Coupe du monde 2026, n’a jamais été expliquée par la Fifa. Les critères et modalités de cette récompense inédite restent flous, ce qui a suscité l’incompréhension et les critiques. FairSquare, soutenue début juin par la fédération norvégienne de football, dénonce une violation du devoir de neutralité imposé par l’article 15 du code d’éthique de la Fifa.

L’ONG rappelle également que Gianni Infantino avait publiquement plaidé en octobre 2025 pour que Donald Trump obtienne le prix Nobel de la paix. Ses prises de position en faveur des politiques du président américain, tant sur la scène internationale que nationale, ont été perçues comme un soutien partisan, mettant en péril la réputation de neutralité et d’intégrité du football mondial.

« En soutenant clairement l’agenda politique du président Trump au niveau national et international, son attitude menace l’intégrité et la réputation du football et de la Fifa elle-même », a déclaré FairSquare dans un communiqué.

Les députés européens appuient les critiques et exigent des réponses

Menés par trois parlementaires européens – l’Irlandais Barry Andrews, la Néerlandaise Lara Wolters et le Danois Niels Fuglsang –, les cinquante élus européens estiment que cette requête « représente une occasion pour la Fifa de prouver son engagement en faveur de la neutralité politique, de la transparence et de la responsabilité ». Leur courrier souligne que, alors que la Coupe du monde 2026 se déroule sous les projecteurs, la crédibilité de l’instance dirigeante du football est en jeu.

Selon RMC Sport, cette intervention des députés européens constitue « l’intervention la plus significative de responsables politiques contre les abus de gouvernance et les violations des règles au sommet du football mondial depuis 2015 ». À l’époque, le Parlement européen avait appelé à la démission de Sepp Blatter, prédécesseur d’Infantino à la tête de la Fifa, après des scandales de corruption.

Une Fifa silencieuse face aux accusations

Depuis la remise du « Prix de la Paix » à Donald Trump, la Fifa n’a jamais répondu aux critiques de FairSquare ni aux questions soulevées par les médias. Sollicitée par l’AFP vendredi 4 juillet 2026, l’instance n’a pas communiqué sur la lettre des députés européens. Pourtant, la polémique s’intensifie à mesure que la Coupe du monde 2026 avance, et que les regards se braquent sur les instances dirigeantes du football.

Les observateurs soulignent que cette absence de réaction officielle de la part de la Fifa pourrait aggraver la crise de confiance autour de sa gouvernance. Les règles internes, notamment l’article 15 du code d’éthique, semblent de plus en plus mises à mal par des prises de position publiques de Gianni Infantino en faveur de personnalités politiques controversées.

Et maintenant ?

La commission d’éthique de la Fifa dispose désormais d’un délai pour répondre aux exigences des députés européens et de FairSquare. Si elle venait à ouvrir une enquête approfondie, les conclusions pourraient être rendues avant la fin de la Coupe du monde 2026, prévue en juillet 2026. À l’inverse, un silence prolongé risquerait d’alimenter davantage les critiques et de fragiliser la légitimité de l’instance. La pression des fédérations nationales, comme celle de la Norvège, pourrait également jouer un rôle clé dans les semaines à venir.

Cette affaire soulève une question centrale : la Fifa peut-elle concilier son rôle de régulateur du football avec des prises de position politiques controversées, sans nuire à son image et à son indépendance ? Les prochaines semaines pourraient apporter des éléments de réponse, alors que la compétition sportive bat son plein et que les enjeux de gouvernance sportive sont plus que jamais sous les projecteurs.

Les critères et modalités de ce prix, attribué pour la première fois à Donald Trump en décembre 2025, n’ont jamais été rendus publics par la Fifa. Cette absence de transparence est au cœur des critiques formulées par l’ONG FairSquare et les députés européens.