L’établissement catholique Notre-Dame de Bétharram, situé à Lestelle-Bétharram dans les Pyrénées-Atlantiques et au cœur d’un scandale de violences physiques et sexuelles, va fermer définitivement ses portes à la fin de l’année scolaire en cours, a annoncé ce mardi 30 juin 2026 le secrétaire général de l’enseignement catholique. Les 170 élèves ainsi que l’ensemble de la communauté éducative seront accueillis à la rentrée de septembre sur le site d’Igon, à seulement quatre kilomètres de là, où un collège et un lycée sont déjà implantés. Selon BFM - Faits Divers, cette décision s’inscrit dans un contexte marqué par des décennies de violences systémiques au sein de l’établissement et de la congrégation des Pères de Bétharram.

Ce qu'il faut retenir

  • Fermeture définitive du collège Notre-Dame de Bétharram à Lestelle-Bétharram pour la fin de l’année scolaire 2025-2026, avec transfert des élèves et du personnel sur le site d’Igon à la rentrée 2026.
  • 170 élèves et l’ensemble de la communauté éducative concernés par ce déménagement, déjà prévu dans des propositions relayées par Le Parisien en 2025.
  • 700 à 1 500 victimes potentielles de violences physiques et sexuelles documentées entre 1950 et 2000, selon un rapport de l’institut Louis Joinet publié le 20 juin 2026.
  • Deux mises en examen en cours, concernant un laïc et un religieux, parmi près de 250 plaintes déposées pour des faits désormais prescrits.
  • Travaux de relocalisation estimés à « quelques centaines de milliers d’euros » pour adapter les locaux d’Igon, avec un investissement plus large de « plusieurs millions d’euros » sur plusieurs années pour le projet éducatif.

Un établissement historique au cœur d’un scandale systémique

Fondé sur le site historique de Notre-Dame de Bétharram, l’établissement catholique a été le théâtre de violences d’une « gravité exceptionnelle » pendant plus de cinquante ans, comme l’a révélé un rapport commandé par la congrégation des Pères de Bétharram et rendu public le 20 juin 2026. Selon l’institut Louis Joinet, spécialisé dans la justice transitionnelle, ces violences, à la fois physiques et sexuelles, s’inscrivaient dans un système institutionnel et systémique. Entre 700 et 1 500 élèves pourraient avoir été concernés entre 1950 et 2000, un chiffre établi à partir de projections statistiques que l’ONG qualifie elle-même de « prudentes ».

Les témoignages recueillis par l’institut décrivent des pratiques d’une extrême brutalité : fellations et masturbations forcées, supplices et humiliations variées. Ces abus, documentés dans près de 250 plaintes déposées depuis 2023, sont en grande majorité prescrits en raison de leur ancienneté. Seuls deux hommes, un laïc et un religieux, ont pour l’heure été mis en examen. La prescription des faits reste l’un des principaux obstacles à une justice complète pour les victimes, selon les observateurs.

Une fermeture annoncée dans un contexte de tensions persistantes

La décision de fermer le collège de Lestelle-Bétharram a été officialisée par Guillaume Prévost, secrétaire général de l’enseignement catholique, lors d’une déclaration à l’AFP le 30 juin 2026. L’établissement, désormais rebaptisé « Le Beau Rameau », accueillait également deux internats : un pour les garçons à Lestelle-Bétharram et un pour les filles à Igon. Le transfert des élèves et du personnel vers Igon s’accompagnera de travaux d’aménagement estimés à « quelques centaines de milliers d’euros », tandis qu’un investissement de « plusieurs millions d’euros » est prévu sur plusieurs années pour moderniser l’ensemble scolaire.

Cette fermeture intervient alors que la Fédération des organismes de gestion de l’enseignement catholique (Fnogec) avait critiqué, dans un courrier de mise en demeure consulté par BFM - Faits Divers, le manque de visibilité dans les délais de relocalisation. « Rien n’avance de manière visible en termes de relocalisation de l’ensemble des classes à Igon », avait souligné la Fnogec dans ce document adressé à l’Ogec local. Malgré ces retards, la congrégation a confirmé que les travaux seraient finalisés avant la rentrée de septembre 2026.

Mémoire et reconnaissance des victimes : un processus en cours

Outre la fermeture du site, la congrégation des Pères de Bétharram s’est engagée à poursuivre un « travail de mémoire et de reconnaissance des personnes victimes ». Ce processus s’appuiera notamment sur les conclusions du rapport Louis Joinet, rendu public le 20 juin 2026. Guillaume Prévost a rappelé que cet engagement s’inscrivait dans une démarche plus large, visant à tirer les leçons d’un passé marqué par des « violences systémiques et institutionnelles ». Les victimes pourront ainsi bénéficier d’un accompagnement adapté, bien que les réparations judiciaires restent limitées par la prescription des faits.

Le rapport de l’institut Louis Joinet met en lumière une « culture du silence » qui a prévalu au sein de l’établissement pendant des décennies. Les premières dénonciations publiques remontent aux années 1990, mais c’est à partir de l’automne 2023 que les témoignages se sont multipliés, déclenchant une vague de plaintes et une médiatisation sans précédent. Depuis, l’affaire a suscité une réflexion plus large sur la gestion des violences en milieu scolaire, tant au sein de l’enseignement catholique que dans l’ensemble du système éducatif français.

Et maintenant ?

La rentrée scolaire de septembre 2026 marquera donc le début d’une nouvelle ère pour les élèves et le personnel du groupe scolaire, désormais regroupés sur le site d’Igon. Les prochains mois seront consacrés à l’achèvement des travaux d’aménagement et à l’accueil des nouveaux élèves dans un environnement sécurisé. Parallèlement, les procédures judiciaires en cours pourraient aboutir à de nouvelles mises en examen, tandis que la congrégation des Pères de Bétharram devra poursuivre son travail de mémoire. Reste à voir si cette affaire inspirera des mesures plus globales pour prévenir les violences en milieu scolaire, dans un contexte où la prescription des faits continue de limiter les recours pour les victimes.

Ce scandale, l’un des plus graves jamais révélés au sein de l’enseignement catholique français, soulève des questions sur la responsabilité des institutions face à des violences historiques et sur l’efficacité des mécanismes de réparation dans un système judiciaire où les délais de prescription jouent contre les victimes.

La rentrée scolaire de septembre 2026 marquera le transfert définitif des élèves et du personnel sur le site d’Igon, où des travaux d’aménagement sont en cours. La congrégation des Pères de Bétharram a également annoncé la poursuite d’un travail de mémoire et de reconnaissance des victimes, en s’appuyant sur les conclusions du rapport Louis Joinet.

Les violences documentées remontent pour la plupart à la période 1950-2000. En France, les faits de violences sexuelles sont prescrits après 20 à 30 ans, selon leur gravité. Cette prescription limite considérablement les possibilités de poursuites judiciaires pour les victimes, malgré la gravité des actes commis.