Alors que la Colombie s’apprête à élire son nouveau président le 31 mai prochain, le sénateur Ivan Cepeda, figure de proue de la gauche, apparaît comme le grand favori des sondages. Selon Libération, ce défenseur des droits humains mise sur la poursuite de la transformation politique engagée par le président sortant Gustavo Petro, dans un contexte marqué par une violence endémique et des inégalités sociales persistantes.

À moins d’une semaine du scrutin, Cepeda se distingue par une campagne atypique, dépourvue des traditionnels débats télévisés et d’affiches électorales omniprésentes. Une stratégie délibérée, alors que les Colombiens doivent trancher entre continuité et rupture dans un pays fracturé.

Ce qu'il faut retenir

  • Ivan Cepeda est le favori de la présidentielle colombienne du 31 mai 2026, selon Libération.
  • Il défend la poursuite des réformes initiées par le président sortant Gustavo Petro.
  • Sa campagne évite les débats télévisés et les affiches électorales, une approche inhabituelle en Colombie.
  • Le pays reste marqué par une violence persistante et des inégalités sociales criantes.

Un candidat atypique en lice pour la succession de Petro

Ivan Cepeda, sénateur et militant historique des droits humains, incarne une gauche radicale et engagée. Selon Libération, il représente pour ses partisans l’espoir d’une Colombie plus juste, rompant avec les politiques traditionnelles accusées d’avoir creusé les écarts sociaux. Son programme s’articule autour de la poursuite des réformes sociales et économiques entreprises par Gustavo Petro depuis 2022, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la redistribution des richesses.

Pourtant, sa campagne tranche avec les canons de la communication politique colombienne. Pas de meetings géants, pas de spots publicitaires omniprésents, pas même de débats télévisés systématiques. Une stratégie qui interroge, alors que ses adversaires, comme la candidate de droite María Fernanda Cabal, misent sur une visibilité médiatique maximale.

Un pays sous tension, un électorat en quête de solutions

La Colombie reste un pays profondément divisé. Malgré les avancées sociales portées par Petro, les violences liées aux groupes armés illégaux – dissidents des FARC, ELN, cartels – persistent dans plusieurs régions, notamment rurales. Selon les dernières données du gouvernement colombien, plus de 200 homicides liés à des conflits politiques ou criminels ont été recensés depuis le début de l’année 2026.

Dans ce contexte, Cepeda mise sur un discours de paix et de justice sociale.

« Nous ne pouvons pas continuer à vivre dans un pays où une minorité s’enrichit tandis que des millions de Colombiens luttent chaque jour pour survivre », a-t-il déclaré lors d’un meeting à Bogotá la semaine dernière. « La transformation doit se poursuivre, et elle doit être profonde. »
Une rhétorique qui résonne particulièrement auprès des jeunes et des classes populaires, las des promesses non tenues.

Une campagne sans tambour ni trompette

L’absence de Cepeda des grands débats télévisés s’explique en partie par son refus de participer à des joutes oratoires qu’il juge « stériles ». Selon Libération, il privilégie les rencontres locales et les échanges directs avec les citoyens, loin des caméras et des discours formatés. Une approche qui lui vaut à la fois des soutiens inconditionnels et des critiques de ceux qui y voient une stratégie de fuite face à ses adversaires.

Côté finances, sa campagne repose sur des collectes de fonds citoyens et un soutien militant sans précédent. En revanche, les sondages de la firme Cifras & Conceptos, publiés le 20 mai, le placent en tête avec 34 % d’intentions de vote, devant ses principaux concurrents : la conservatrice Cabal (22 %) et l’indépendant Sergio Fajardo (18 %). Autant dire que le scrutin s’annonce serré.

Et maintenant ?

Les derniers jours de la campagne seront décisifs. Si les débats télévisés ne font pas partie de son calendrier, Cepeda pourrait multiplier les déplacements dans les zones rurales, où son discours fait écho auprès des populations les plus touchées par la violence. Une victoire de sa part marquerait un tournant dans l’histoire politique colombienne, avec la possibilité d’approfondir les réformes de Petro – ou de s’y opposer frontalement. Les résultats sont attendus pour le soir du 31 mai, avec un second tour probable si aucun candidat n’obtient la majorité absolue au premier tour.

Quoi qu’il arrive, cette élection reflète les tensions d’une Colombie encore en quête de stabilité, entre héritage de la guerre civile et aspirations à une société plus équitable. Pour ses partisans, Cepeda incarne cette voie. Pour ses détracteurs, il représente un risque de déstabilisation supplémentaire dans un pays déjà fragilisé.

Ivan Cepeda est un sénateur colombien, militant historique des droits humains et figure de la gauche. Il est favori des sondages pour la présidentielle du 31 mai 2026 en raison de son ancrage populaire, de son discours axé sur la justice sociale et de la poursuite des réformes initiées par le président sortant Gustavo Petro. Selon Libération, il séduit notamment les jeunes et les classes populaires lassées des inégalités persistantes.