En Colombie, la recrudescence des violences dans le département du Cauca pousse le gouvernement à réagir avec fermeté. Selon RFI, depuis le samedi 25 avril 2026, une vague d’attaques a fait au moins 19 morts et 48 blessés, principalement sur la route panaméricaine, dans cette région du sud-ouest du pays. Le ministère de la Défense colombien a attribué ces actes aux dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), dirigés par le chef « Iván Mordisco ». Face à cette crise, le gouvernement a convoqué un conseil de sécurité extraordinaire et propose désormais une récompense pouvant atteindre 5 milliards de pesos colombiens pour toute information menant à l’arrestation des responsables.

Ce qu'il faut retenir

  • Une série d’attaques dans le Cauca a causé 19 morts et 48 blessés depuis le 24 avril 2026.
  • Le ministère de la Défense colombien accuse les dissidents des Farc, dirigés par « Iván Mordisco », d’être à l’origine de ces violences.
  • Un conseil de sécurité extraordinaire a été organisé par le gouvernement pour faire face à la crise.
  • Une prime de 5 milliards de pesos est offerte pour toute information menant à l’arrestation des auteurs.
  • Les attaques ont principalement ciblé la route panaméricaine.

Une escalade de violence dans le Cauca

Le département du Cauca, connu pour son instabilité chronique, est de nouveau au cœur de l’actualité en raison d’une vague de violences sans précédent. D’après les autorités, les dissidents des Farc, un groupe dissident de l’ancienne guérilla marxiste, seraient responsables de plusieurs attaques depuis le 24 avril 2026. Parmi ces actes, l’attentat sur la route panaméricaine, survenu le 25 avril, a particulièrement marqué les esprits en raison de son bilan humain lourd. 19 personnes ont perdu la vie, tandis que 48 autres ont été blessées, selon les chiffres communiqués par le ministère de la Défense.

Le gouvernement colombien réagit avec fermeté

Face à cette escalade de violence, le président colombien, Gustavo Petro, a convoqué un conseil de sécurité extraordinaire pour évaluer la situation et définir une stratégie de réponse. Parmi les mesures annoncées, le gouvernement a décidé d’offrir une prime pouvant atteindre 5 milliards de pesos colombiens — soit environ 1,2 million d’euros — pour toute information menant à l’arrestation des auteurs des attaques. Cette initiative s’inscrit dans une logique de lutte contre l’impunité et vise à inciter la population à coopérer avec les autorités.

Dans un communiqué, le ministère de la Défense a souligné que « la priorité absolue est de rétablir la sécurité dans la région ». Il a également rappelé que les forces de l’ordre restaient mobilisées pour traquer les responsables. « Nous ne laisserons pas la violence s’installer dans le Cauca », a affirmé un haut responsable militaire, sans pour autant préciser les moyens militaires supplémentaires qui pourraient être déployés.

Les dissidents des Farc, acteurs clés de l’instabilité

Les dissidents des Farc, dirigés par « Iván Mordisco », sont devenus un acteur majeur de l’instabilité en Colombie ces dernières années. Issus de l’accord de paix de 2016, ces groupes ont refusé de déposer les armes et continuent de mener des activités illégales, notamment le trafic de drogue, l’extorsion et les attaques contre les forces de l’ordre. Leur présence dans le Cauca est particulièrement problématique en raison des tensions historiques entre communautés paysannes, indigènes et guérilleros. Selon RFI, ces groupes profitent de l’absence de l’État dans certaines zones pour s’imposer comme une autorité parallèle.

« Les dissidents des Farc exploitent le vide institutionnel pour étendre leur influence dans le Cauca. Leur mode opératoire inclut des attaques ciblées contre des civils et des infrastructures stratégiques », a expliqué un analyste en sécurité colombien, sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

Les prochaines heures seront cruciales pour évaluer l’efficacité des mesures annoncées par le gouvernement. Une réunion supplémentaire du conseil de sécurité est prévue pour le 30 avril 2026, lors de laquelle pourraient être dévoilées des décisions plus précises concernant le déploiement de forces supplémentaires ou des négociations avec les groupes armés. Parallèlement, les autorités locales appellent à la vigilance et invitent la population à signaler toute activité suspecte aux forces de l’ordre. Reste à voir si ces initiatives suffiront à mettre un terme à la spirale de violence dans le Cauca.

Cette crise survient alors que le gouvernement colombien tente de concilier une politique de « paix totale » avec une réponse ferme à l’insécurité. Les prochains jours révéleront si l’équilibre entre dialogue et répression peut être maintenu, ou si le Cauca sombrera davantage dans le chaos.

Iván Mordisco, de son vrai nom Néstor Gregorio Vera Fernández, est un ancien commandant des Farc qui a refusé de rejoindre le processus de paix de 2016. Il dirige désormais un important groupe dissident, responsable de nombreuses attaques en Colombie, notamment dans le Cauca. Selon le ministère de la Défense, il serait l’instigateur des violences récentes.