L'attentat du 25 avril 2026 dans le département du Cauca, qui a coûté la vie à 22 civils, dont Daniela Valencia, marque un tournant dans l'escalade de la violence en Colombie. Selon Courrier International, cette attaque perpétrée par des dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) est la plus meurtrière depuis 2003. « J’ai envie de hurler », a confié un témoin à l’Estado Mayor Central, une faction des ex-Farc refusant l’accord de paix de 2016.
Ce qu'il faut retenir
- 22 victimes civiles dans l’attentat du 25 avril 2026, la pire attaque depuis 2003 en Colombie, selon Courrier International.
- L’explosion a eu lieu sur la route panaméricaine, près de Cajibío, alors que les victimes se rendaient au marché de Piendamó.
- L’Estado Mayor Central, faction dissidente des Farc, est responsable de l’attentat, selon les autorités.
- Dans le Cauca, les groupes armés contrôlent les zones rurales et extorquent la population, illustrant l’impuissance de l’État.
- L’élection présidentielle colombienne est prévue dans un contexte de tension extrême.
Une région sous emprise des groupes armés
Dans le sud-ouest de la Colombie, le département du Cauca est en proie à une violence endémique. Les groupes armés, notamment l’Estado Mayor Central et d’autres factions dissidentes des Farc, y contrôlent les routes et imposent des « péages » illégaux aux habitants. « Les adultes retiennent leurs larmes » devant la petite Sofía, 9 ans, qui fête son anniversaire sans sa mère, Daniela Valencia, victime de l’attentat, rapporte Courrier International. Depuis des années, ces groupes extorquent la population, kidnappent des leaders locaux et assassinent sans impunité.
L’État colombien, déjà fragilisé par des décennies de conflit, peine à rétablir son autorité dans ces zones rurales. Les forces de l’ordre sont souvent absentes, ou contraintes de négocier avec les groupes armés pour éviter des représailles. Selon des observateurs, cette impunité alimente un cycle de violence difficile à briser. « Dans le Cauca, la loi des armes a remplacé celle de la République », souligne un analyste cité par Courrier International.
L’attentat du 25 avril : un symbole de la dérive sécuritaire
Le 25 avril 2026, un bus transportant des habitants de Cajibío vers Piendamó pour y vendre café, bananes et sucre de canne a été la cible d’un attentat à la bombe. L’explosion, attribuée à l’Estado Mayor Central, a tué 22 personnes, dont Daniela Valencia, une mère de famille de 34 ans. Les victimes se rendaient comme chaque samedi au marché de Piendamó, un trajet devenu risqué en raison des contrôles armés fréquents.
L’attaque est survenue un mois avant l’élection présidentielle, un calendrier qui n’a rien d’anodin. Depuis 2003, aucune autre attaque n’avait fait autant de victimes civiles en Colombie. Les autorités ont rapidement pointé du doigt l’Estado Mayor Central, une faction des ex-Farc qui refuse l’accord de paix signé en 2016. « Ce n’était pas un contrôle routier ordinaire, mais une attaque délibérée », a déclaré un responsable local à Courrier International.
Un contexte électoral sous haute tension
La présidentielle colombienne, prévue en juin 2026, se déroule dans un climat de méfiance et de peur. Les candidats doivent composer avec une insécurité croissante, notamment dans les régions comme le Cauca. Les programmes des différents candidats divergent sur la question de la paix : certains prônent un dialogue avec les groupes armés, d’autres une répression accrue. « Les électeurs du Cauca voteront avec le cœur, mais aussi avec la peur au ventre », confie un habitant de Piendamó à Courrier International.
Les organisations de défense des droits de l’homme alertent sur le risque d’une intensification des violences avant et après le scrutin. En 2022, la campagne électorale avait été marquée par l’assassinat de plusieurs candidats locaux et militants. Cette année, les craintes sont encore plus vives, à quelques semaines du vote. « La violence est un outil politique dans certaines régions, et le Cauca en est un exemple frappant », explique un expert en sécurité cité par le média.
Les répercussions sur la population locale
Pour les habitants du Cauca, la vie quotidienne est devenue un parcours du combattant. Les paysans doivent choisir entre payer un « impôt révolutionnaire » aux groupes armés ou risquer des représailles. Les déplacements sont périlleux, et les marchés, comme celui de Piendamó, fonctionnent sous haute surveillance. « On ne vit plus, on survit », résume María Zenaida Puliche, dont la famille a perdu plusieurs membres dans l’attentat d’avril.
Les écoles et les centres de santé sont souvent fermés ou sous protection militaire, limitant l’accès aux services de base. Les ONG locales rapportent une augmentation des cas de malnutrition et de dépression, notamment chez les enfants. « Les générations futures du Cauca paient le prix d’un conflit qui n’en finit pas », souligne une militante des droits humains interrogée par Courrier International.
« Dans le Cauca, la loi des armes a remplacé celle de la République. » — Un analyste cité par Courrier International
En attendant, les familles des victimes de l’attentat d’avril attendent justice. Les autorités ont promis une enquête rapide, mais dans une région où les preuves disparaissent et les témoins se taisent, les chances de voir les responsables traduits en justice restent minces. « On nous demande de tourner la page, mais comment oublier quand chaque jour est un rappel de ce qui nous a été pris ? », s’interroge un proche de Daniela Valencia.
L’Estado Mayor Central, une faction dissidente des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), a revendiqué l’attentat selon les autorités et plusieurs témoignages cités par Courrier International.
Le Cauca est un bastion des groupes armés, notamment des dissidents des Farc et d’autres factions criminelles, qui y contrôlent les routes, extorquent la population et défient l’autorité de l’État. L’impuissance des forces de sécurité locales aggrave la situation.