Le juge Eric Bentley a condamné, ce vendredi 24 avril 2026, Carie Hallford à trente ans de réclusion criminelle, pour son rôle dans la dissimulation de près de deux cents corps en décomposition dans son domicile situé à Penrose, dans l’État du Colorado aux États-Unis. Selon BMF - International, cette décision intervient après que les autorités américaines eurent découvert, en octobre 2023, une centaine de cadavres stockés de manière inappropriée au sein d’un funérarium dirigé par le couple Hallford. Son ex-mari, Jon Hallford, avait été condamné en février 2026 à quarante ans de prison pour les mêmes faits.
Ce qu'il faut retenir
- 30 ans de prison pour Carie Hallford, condamnée le 24 avril 2026 pour complicité dans la dissimulation de 189 cadavres en décomposition.
- Son ex-mari, Jon Hallford, avait écopé de 40 ans de réclusion en février 2026 pour les mêmes chefs d’accusation.
- Le couple, propriétaire de l’entreprise Return of Nature, spécialisée dans les funérailles écologiques, a perçu plus de 130 000 dollars entre 2019 et 2023 en réalisant de faux enterrements et crémations.
- Les corps, conservés sans réfrigération ni embaumement, provenaient de clients ayant confié leurs défunts à l’entreprise pour des obsèques légales.
- Le juge a reconnu que Carie Hallford avait été victime de violences conjugales, ce qui a influencé la durée de sa peine.
- Depuis ce scandale, l’État du Colorado a adopté une législation plus stricte encadrant l’activité des funérariums, auparavant non soumise à licence obligatoire.
Selon les éléments du procès, Carie Hallford a reconnu devant la cour avoir perdu « le sens des réalités » au sein d’un mariage qu’elle a décrit comme un « enchevêtrement complexe de mensonges, de tromperies et d’abus ».
Je mérite d’être punie, a-t-elle déclaré, la voix tremblante, devant le juge Eric Bentley. La défense avait plaidé pour une peine comprise entre 25 et 35 ans, mais le magistrat a finalement retenu une condamnation de trente ans, la qualifiant d’« incroyablement lourde ». Il a justifié cette décision en soulignant que Jon Hallford était à l’origine de l’arnaque, tout en reconnaissant que Carie Hallford avait elle-même subi des violences conjugales, un récit jugé crédible par la cour.
Une arnaque lucrative de quatre ans
L’enquête révèle que le couple Hallford a monté un système frauduleux dès 2019 au sein de leur entreprise, Return of Nature, située à environ 50 kilomètres au sud de Colorado Springs. Spécialisée dans les funérailles écologiques — sans produits chimiques et avec des cercueils biodégradables —, l’entreprise proposait des prestations légales. Pourtant, au lieu d’honorer les contrats passés avec les familles, Jon et Carie Hallford conservaient les corps dans des conditions inacceptables : sans réfrigération ni traitement approprié, comme l’exige la loi du Colorado pour les dépouilles non enterrées dans les 24 heures.
Pour masquer leur fraude, les époux Hallford utilisaient un mélange de béton sec dans les urnes ou les cercueils censés contenir les défunts. Selon les procureurs, cette arnaque a duré quatre ans et généré un chiffre d’affaires frauduleux de plus de 130 000 dollars, soit près de 125 000 euros. Cent quatre-vingt-neuf cadavres ont été retrouvés lors de la perquisition d’octobre 2023, mais les enquêteurs estiment que d’autres dépouilles pourraient avoir été déplacées avant l’intervention des autorités.
Un scandale révélateur des failles réglementaires
L’affaire met en lumière les lacunes du système funéraire du Colorado. À l’époque des faits, les exploitants de pompes funèbres n’étaient pas tenus de posséder une licence, un diplôme en thanatopraxie ou même un diplôme de fin d’études secondaires. Cette absence de contrôle a permis au couple Hallford de prospérer dans l’illégalité pendant des années. Depuis la révélation de l’affaire, l’État a adopté une législation plus stricte, imposant désormais des normes strictes aux professionnels du secteur.
Les familles des victimes, dont certaines ont découvert que leurs proches n’avaient jamais été enterrés ou incinérés, ont vivement réagi à la condamnation. Si le juge n’a pas retenu la peine maximale pour Carie Hallford, il a tenu à rappeler que « la cupidité » du couple avait primé sur le respect des défunts et de leurs familles. Jon Hallford, dont le rôle central dans l’arnaque a été souligné par la justice, avait déjà écopé de quarante ans de prison en février 2026, une peine également considérée comme exceptionnellement lourde.
Ce scandale soulève également des questions plus larges sur la régulation des professions liées à la mort aux États-Unis, où les disparités entre États en matière de normes funéraires restent importantes. Alors que certaines juridictions imposent des formations obligatoires et des inspections régulières, d’autres, comme le Colorado avant 2023, laissent une grande latitude à des exploitants peu scrupuleux. Pour l’heure, les associations de thanatopracteurs américains appellent à une harmonisation fédérale des règles, afin d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
Le juge Eric Bentley a estimé que Jon Hallford était à l’origine de l’arnaque et qu’il avait joué un rôle plus actif dans la dissimulation des cadavres. Carie Hallford a, quant à elle, bénéficié de circonstances atténuantes : la cour a reconnu qu’elle avait été victime de violences conjugales, ce qui a influencé la durée de sa peine.
L’État a adopté une législation plus stricte imposant désormais une licence et des normes strictes aux exploitants de funérariums. Ces nouvelles règles, dont la mise en œuvre est prévue pour le troisième trimestre 2026, visent à éviter toute répétition de tels agissements.