Le réalisateur Jenova Chen, cofondateur du studio thatgamecompany et créateur du jeu Journey, a révélé dans un entretien accordé au magazine Edge que c’est une scène marquante de Final Fantasy X, sorti en 2001, qui a été à l’origine de sa vocation de développeur de jeux vidéo. Selon Numerama, Jenova Chen a expliqué que cette œuvre emblématique de Square Enix l’a profondément bouleversé au point de le faire pleurer, une émotion qui a déterminé sa carrière artistique.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2001, Final Fantasy X a marqué Jenova Chen, alors âgé de 20 ans, au point de le faire pleurer devant une scène du jeu.
  • Cette émotion intense a été un déclic : il a décidé de devenir artiste et développeur de jeux vidéo.
  • En 2006, il fonde thatgamecompany et réalise Flower et Journey, deux jeux salués pour leur dimension poétique.
  • Il compare l’impact de Final Fantasy X à celui d’un film marquant, où les spectateurs sortent de la salle « sans voix » et bouleversés.

« Un jour, je me suis réveillé, je suis allé me laver le visage, et j’ai pensé à un personnage de cette histoire », raconte Jenova Chen dans cet entretien, rapporté par Gamesradar le 23 mai 2026. « Soudain, j’ai éclaté en sanglots. Je repensais à ce qui lui était arrivé. Il avait fait un sacrifice pour le groupe. J’étais tellement ému par ce geste ; c’était si beau et si mélancolique que j’en ai pleuré. » Ces propos, recueillis par Numerama, illustrent l’intensité de l’émotion ressentie par le créateur lors de son expérience de jeu.

Pour Jenova Chen, cette réaction n’a rien d’exceptionnel. « Beaucoup d’artistes décident de le devenir après avoir été profondément marqués par une œuvre qui leur a procuré une forte émotion », explique-t-il. Il précise : « Je pense qu’une grande œuvre d’art m’offre généralement une nouvelle perspective sur la vie et change ma façon de la vivre. C’est ce qui m’a fait comprendre que je voulais probablement devenir artiste. » Une déclaration qui souligne l’influence durable des expériences culturelles sur les parcours créatifs.

À l’époque, Jenova Chen avait 20 ans, l’âge où nombre de créateurs découvrent leur vocation. Il cite d’ailleurs d’autres exemples similaires, comme celui de Peter Jackson, réalisateur de la trilogie Le Seigneur des Anneaux. « Si l’on s’intéresse au parcours de nombreux cinéastes, comme Peter Jackson, on se demande pourquoi il a voulu faire des films. Son père l’a emmené voir King Kong quand il était tout petit, et la vision de ce gorille géant escaladant l’Empire State Building a été un véritable choc », ajoute-t-il. Un parallèle qui met en lumière la façon dont les œuvres marquantes peuvent façonner des vocations, quel que soit le domaine artistique.

Une œuvre qui transforme durablement ses spectateurs

L’impact de Final Fantasy X sur Jenova Chen ne se limite pas à une simple émotion passagère. Dans son analyse, il compare l’expérience du jeu à celle d’un film inoubliable. « À l’école de cinéma, on dit que lorsqu’un film est moyen, à la fin de la projection, tout le monde quitte la salle en discutant et en souriant », précise-t-il. « Quand on voit un film vraiment marquant, tout le monde sort de la salle sans voix. On est complètement bouleversé. C’était mon cas », explique-t-il à propos de Final Fantasy X. Une métaphore qui illustre la puissance des récits interactifs à influencer les émotions de leurs publics.

Ce jeu, sorti sur PlayStation 2 en 2001, est souvent cité comme l’un des épisodes les plus émouvants de la saga Final Fantasy. Ses scènes chargées d’émotion et sa conclusion mélancolique ont laissé une empreinte durable dans l’esprit des joueurs, dont Jenova Chen. Pour lui, cette œuvre a agi comme un catalyseur, confirmant son désir de s’engager dans une carrière artistique. « Une grande œuvre d’art m’offre généralement une nouvelle perspective sur la vie », confie-t-il, soulignant comment une expérience culturelle peut redéfinir une trajectoire professionnelle.

Son parcours illustre d’ailleurs une tendance récurrente chez les créateurs. Nombre d’entre eux citent des œuvres passées comme sources d’inspiration majeure. Dans le cas de Jenova Chen, c’est donc un jeu vidéo qui a joué ce rôle, un fait qui rappelle la diversité des mediums capables de provoquer des vocations artistiques. Une dimension souvent sous-estimée dans les débats sur les influences culturelles.

Le tournant professionnel : la fondation de thatgamecompany

Après avoir obtenu un Master of Fine Arts à l’école de cinéma de l’Université de Californie du Sud en 2006, Jenova Chen concrétise son ambition en fondant le studio thatgamecompany. Ce choix marque le début d’une carrière dédiée à la création de jeux vidéo axés sur l’émotion et l’expérience narrative. Parmi ses réalisations les plus célèbres figurent Flower (2009) et Journey (2012), deux titres salués pour leur approche poétique et leur capacité à susciter des émotions intenses chez les joueurs.

Ces jeux, comme Final Fantasy X pour Chen, misent sur des récits minimalistes et des univers visuels soignés pour transmettre des émotions profondes. Leur succès critique et public a confirmé l’importance de cette approche dans l’industrie vidéoludique. Pour Jenova Chen, l’objectif était clair : créer des expériences qui, comme Final Fantasy X l’avait fait pour lui, laissent une trace indélébile dans l’esprit des joueurs. Une philosophie qui a guidé l’ensemble de son travail depuis lors.

Dans une industrie souvent dominée par des titres axés sur l’action ou la compétition, les créations de thatgamecompany se distinguent par leur singularité. Elles prouvent qu’un jeu vidéo peut être une œuvre d’art à part entière, capable de toucher son public sur un plan émotionnel. Une vision que Jenova Chen a héritée de son expérience en tant que joueur, bien avant de devenir lui-même un acteur majeur du secteur.

Et maintenant ?

Plus de vingt ans après la sortie de Final Fantasy X, Jenova Chen continue de développer des jeux qui cherchent à reproduire cette intensité émotionnelle. Bien que thatgamecompany ait évolué depuis sa fondation, son fondateur reste fidèle à sa vision initiale. Les prochaines productions du studio pourraient ainsi s’inscrire dans la continuité de Journey, en explorant de nouvelles façons de raconter des histoires interactives. Pour l’instant, aucune annonce officielle ne précise les projets en cours, mais l’industrie suit avec attention les initiatives de ce pionnier du jeu vidéo émotionnel.

L’histoire de Jenova Chen rappelle que les œuvres culturelles, qu’elles soient cinématographiques, littéraires ou vidéoludiques, peuvent avoir un impact bien plus profond qu’on ne le pense. En transformant une simple émotion en vocation, Final Fantasy X a non seulement marqué l’histoire du jeu vidéo, mais aussi inspiré une génération de créateurs à repousser les limites de leur art.

Outre Final Fantasy X, Jenova Chen a cité King Kong comme une œuvre ayant influencé d’autres cinéastes, notamment Peter Jackson. Cependant, il n’a pas mentionné d’autres jeux vidéo spécifiques ayant eu un impact similaire à celui de Final Fantasy X.

Jenova Chen a cofondé thatgamecompany en 2006, un studio spécialisé dans la création de jeux vidéo axés sur l’émotion et l’expérience narrative.