Une affaire de vol et de recel de porcelaine de l'Élysée a abouti à des condamnations pour les trois hommes impliqués, selon Euronews FR. Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son jugement ce jeudi, fixant le sort de Thomas M., ancien argentier de la présidence, de son compagnon Damien G., et de Ghislain M., agent d'accueil au Louvre et collectionneur de porcelaine.

L'affaire avait éclaté après que la Manufacture nationale de Sèvres eut repéré en ligne la vente d'assiettes portant le monogramme de l'Élysée. La présidence avait ensuite constaté la disparition de plusieurs pièces et déposé plainte. Thomas M. avait éveillé les soupçons en commettant des erreurs dans les inventaires, souvent à la baisse, alors même qu'il gérait quelque 10 000 objets.

Ce qu'il faut retenir

  • Thomas M., ancien argentier de la présidence, a été condamné à 24 mois de prison, dont 12 mois avec sursis et 12 mois à exécuter sous bracelet électronique.
  • Damien G., compagnon de Thomas M. et gérant d'une société de vente d'art de la table, a été condamné à 24 mois de prison, dont 16 mois avec sursis et 8 mois ferme sous bracelet électronique.
  • Ghislain M., agent d'accueil au Louvre et collectionneur de porcelaine, a été condamné à 12 mois de prison avec sursis simple.

Les faits de l'affaire

Thomas M. était soupçonné d'avoir volé les pièces dans les réserves du palais, tandis que son compagnon Damien G. était accusé d'avoir servi d'intermédiaire pour les revendre en ligne. Ghislain M., quant à lui, était accusé d'avoir acquis près d'une centaine de pièces auprès du couple pour un montant d'environ 15 000 euros.

À l'ouverture de l'audience ce jeudi, le couple mis en cause manquait d'abord à l'appel. Dans la salle, Ghislain M., vêtu d'un costume gris, apparut nerveux. Au cœur du dossier, l'ancien argentier Thomas M. avait reconnu les faits, expliquant avoir d'abord conservé certaines pièces pour leur beauté avant que des difficultés financières ne conduisent le couple à les revendre.

Les condamnations et les peines complémentaires

Le tribunal a également prononcé une amende de 10 000 euros pour Thomas M. et Damien G., ainsi que des interdictions de paraître à l'Élysée, d'exercer certaines professions, et de fréquenter des ventes aux enchères. Ghislain M. a été condamné à 12 mois de prison avec sursis simple et a vu ses contacts avec Thomas M. et Damien G. limités pendant trois ans.

Le jugement prévoit aussi la restitution de plusieurs biens de la manufacture de Sèvres. À l'audience en février, Ghislain M. s'était montré particulièrement éprouvé, expliquant que sa « vie a volé en éclats pour cette histoire ». Jeudi, après l'énoncé de la décision, il a lancé au tribunal : « Merci d'avoir été juste ».

Et maintenant ?

Les condamnations marquent la fin de cette affaire de vol et de recel de porcelaine de l'Élysée. Les trois hommes impliqués devront maintenant purger leurs peines et respecter les interdictions qui leur ont été prononcées. La Manufacture de Sèvres, quant à elle, pourra récupérer une partie des pièces volées, symboles du patrimoine français.

La présidence de la République française avait insisté sur la portée symbolique du dossier, soulignant que la Manufacture de Sèvres incarne une part du patrimoine français en tant que fournisseur de la présidence depuis 1848. Le montant du préjudice a été débattu à l'audience, la Manufacture de Sèvres ayant évalué la valeur des pièces à 377 370 euros, un chiffre jugé « d’absurde » par la défense.

Les conséquences de cette affaire pourraient avoir des répercussions sur la gestion des biens culturels et historiques en France, et sur la sécurité des institutions publiques.