Lancée en décembre 2025 à l’initiative du gouvernement, la conférence «Travail, Emploi, Retraites» a pour objectif de nourrir le débat public en vue de l’élection présidentielle de 2027, notamment après la suspension de la réforme des retraites. Selon Le Figaro, les trois garants désignés pour piloter ces discussions ont désormais un calendrier précis : un document final, synthétisant leurs conclusions, sera rendu public en septembre 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • La conférence, souhaitée par le ministre Sébastien Lecornu, a été officiellement lancée en décembre 2025 après l’annonce de la suspension de la réforme des retraites.
  • Les trois garants — Jean-Denis Combrexelle, Pierre Ferracci et Anne-Marie Couderc — remettront un document en septembre 2026, incluant un état des lieux des convergences et divergences, ainsi que leur « vision » des sujets abordés.
  • Trois autres réunions sont prévues jusqu’à début juillet, dont un atelier dédié aux retraites pour aborder notamment l’égalité femmes-hommes.
  • Le Medef a choisi de ne pas participer à ces discussions, tandis que les syndicats CFDT et CGT y prennent part avec des positions divergentes.
  • Parmi les thèmes prioritaires identifiés par le ministre du Travail : l’intelligence artificielle, les arrêts maladie et l’insertion des jeunes.

Une conférence née de la suspension de la réforme des retraites

La conférence «Travail, Emploi, Retraites» a été officiellement lancée en décembre 2025, quelques semaines après l’annonce par le gouvernement de la suspension de la réforme des retraites. Ce revirement politique a conduit à la mise en place de cette plateforme de dialogue, destinée à fournir des éléments concrets pour alimenter le débat public en amont de l’élection présidentielle de 2027. Selon Le Figaro, cette initiative s’inscrit dans une logique de transparence, le gouvernement excluant tout « plan caché » ou « rapport pré-écrit » imposé aux garants.

Les trois garants désignés — Jean-Denis Combrexelle, conseiller d’État honoraire et auteur en 2015 d’un rapport sur la négociation collective, Pierre Ferracci, fondateur d’un cabinet de conseil en relations sociales, et Anne-Marie Couderc, ancienne ministre chargée de l’Emploi — disposent d’une liberté totale dans la rédaction de leur document final, comme l’a confirmé le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, lors d’une conférence de presse.

Un calendrier précis et des thèmes transversaux

Les discussions, qui se déroulent en plusieurs étapes, se sont jusqu’à présent articulées autour de trois grandes thématiques : le travail, l’emploi et les retraites. Lors de la dernière séance, organisée vendredi 23 mai 2026, les participants — issus à la fois du secteur privé et de la fonction publique — ont abordé des sujets transversaux, tels que les nouvelles formes d’emploi, les transitions professionnelles, la pénibilité, les fins de carrière, ou encore la lutte contre les inégalités salariales. Trois autres réunions sont prévues d’ici début juillet, dont une journée entièrement consacrée aux retraites, avec un focus particulier sur l’égalité entre les femmes et les hommes.

Le ministre du Travail a également souligné que trois thèmes pourraient être immédiatement pris en main par les partenaires sociaux pour leurs propres agendas : l’insertion des jeunes, l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi, et la gestion des arrêts maladie. Autant de sujets qui, selon lui, méritent une attention urgente et une réflexion collective.

Des positions syndicales et patronales contrastées

La participation des organisations syndicales et patronales à cette conférence n’est pas unanime. Le Medef, principale organisation patronale française, a choisi de boycotter ces discussions, refusant d’y prendre part. À l’inverse, les syndicats CFDT et CGT y sont représentés, mais avec des approches radicalement différentes. Yvan Ricordeau, de la CFDT, a salué « la réunion la plus constructive depuis le début de la conférence », mettant en avant les avancées sur des enjeux comme l’amélioration des taux d’emploi et la qualité du travail. Il a notamment évoqué une meilleure prise en compte des transitions entre emploi et retraite.

Pour sa part, Denis Gravouil, de la CGT, a rappelé que cette conférence n’était « pas une négociation » ni un « conclave pour aboutir à un accord ». Son organisation y participe avant tout pour défendre des positions claires : l’abrogation de la réforme des retraites, l’égalité femmes-hommes, l’augmentation des salaires et la lutte contre la précarité. Ces divergences de fond illustrent les défis auxquels devront répondre les trois garants dans leur document de septembre.

« On a redit que les garants étaient complètement libres de leurs conclusions, il n’y avait aucun plan caché, aucun rapport pré-écrit », a assuré Jean-Pierre Farandou. « Je n’ai pas envie d’écrire le énième rapport administratif sur ces questions qui sont essentielles », a souligné Jean-Denis Combrexelle, insistant sur la nécessité de produire un document lisible par tous les citoyens.

— Déclarations du ministre du Travail et de Jean-Denis Combrexelle, selon Le Figaro

Un document final attendu pour septembre, mais sans calendrier politique défini

Le document que remettront les trois garants en septembre 2026 aura pour vocation de dresser un état des lieux détaillé des convergences et des divergences entre les acteurs sociaux sur les grands enjeux du travail, de l’emploi et des retraites. Il intégrera également leur propre « vision » des solutions à apporter, sans pour autant se substituer à une future réforme législative. Jean-Pierre Farandou a d’ailleurs insisté sur ce point : « On ne doit rien à personne. On a une marge de liberté vis-à-vis du gouvernement et aussi des partenaires sociaux. »

Cette conférence intervient dans un contexte où la question des retraites reste un sujet sensible, marqué par des tensions récurrentes entre le gouvernement, les syndicats et le patronat. La suspension de la réforme de 2023 a laissé de nombreuses questions en suspens, notamment sur le financement des retraites et l’équilibre entre actifs et retraités. Le document de septembre pourrait donc jouer un rôle clé dans la préparation des prochaines échéances politiques, même s’il ne constitue pas un engagement formel du gouvernement.

Et maintenant ?

Trois autres réunions sont prévues d’ici début juillet, dont un atelier dédié aux retraites. Les conclusions des garants, attendues pour septembre 2026, pourraient influencer les discussions politiques en amont de l’élection présidentielle de 2027. Reste à savoir si ce document servira de base à un futur projet de loi ou s’il restera une simple contribution au débat public. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer son impact réel.

Cette conférence s’inscrit dans une période de profonde mutation du marché du travail, marquée par l’émergence de nouvelles formes d’emploi, la digitalisation croissante et les défis démographiques liés au vieillissement de la population. Le document de septembre devra donc refléter cette complexité, tout en proposant des pistes concrètes pour concilier performance économique et justice sociale.

En attendant, les partenaires sociaux et le gouvernement restent attentifs aux signaux envoyés par les garants, dont la crédibilité dépendra de la capacité à produire un travail à la fois rigoureux et accessible au grand public.