Le consortium formé par ENI, Petroci et Vitol a officialisé, en début de semaine, la signature de la troisième phase du projet pétrolier « Baleine », situé au large des côtes ivoiriennes. Cet accord s’accompagne d’un plan d’investissement colossal de 4 milliards de dollars, destiné à accélérer l’exploitation de ce gisement majeur, à la fois riche en pétrole brut et en gaz naturel. Selon RFI, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer l’autonomie énergétique de la Côte d’Ivoire, un objectif de longue date pour les autorités locales.
Ce qu'il faut retenir
- Signature de la phase 3 du projet « Baleine » par le consortium ENI-Petroci-Vitol.
- Investissement global de 4 milliards de dollars pour l’exploitation du gisement.
- Le gisement « Baleine » est situé au sud-ouest de la Côte d’Ivoire et contient à la fois du pétrole et du gaz naturel.
- Ce projet doit permettre à la Côte d’Ivoire de réduire sa dépendance énergétique.
- Les autorités ivoiriennes misent sur cette exploitation pour stimuler l’économie locale et sécuriser l’approvisionnement énergétique du pays.
Un projet structurant pour l’économie ivoirienne
Avec ce nouveau volet, le projet « Baleine » entre dans une phase décisive. Le gisement, découvert en 2021, est l’un des plus prometteurs d’Afrique de l’Ouest. Selon les estimations, il pourrait contenir jusqu’à 2 milliards de barils de pétrole et 25 milliards de mètres cubes de gaz naturel, des ressources qui, une fois exploitées, pourraient transformer le paysage énergétique du pays. RFI rappelle que la Côte d’Ivoire, bien que producteur de pétrole depuis plusieurs décennies, reste encore largement dépendante des importations pour couvrir ses besoins en gaz et en produits raffinés.
Le ministre ivoirien du Pétrole, Thomas Camara, a souligné que ce projet s’inscrit dans une vision de souveraineté énergétique. « L’exploitation de « Baleine » va non seulement renforcer notre balance commerciale, mais aussi créer des emplois locaux et attirer des investissements dans les infrastructures », a-t-il déclaré à la presse. Les retombées économiques sont attendues dès 2027, date prévue pour le début de la production commerciale.
Un consortium international aux ambitions régionales
Le projet est mené par le géant italien ENI, en partenariat avec la société nationale ivoirienne Petroci et le trader suisse Vitol, spécialisé dans le négoce de matières premières. Ce trio apporte des expertises complémentaires : ENI, avec son expérience en offshore profond, Petroci pour son ancrage local, et Vitol pour son réseau de commercialisation. Selon RFI, les trois partenaires ont déjà investi plus de 1,5 milliard de dollars dans les phases précédentes, et ce nouveau financement porte l’engagement total à plus de 5,5 milliards de dollars.
Le consortium a précisé que la phase 3 comprend notamment le forage de 10 nouveaux puits et le développement d’une infrastructure de traitement à terre. « Nous allons doubler notre capacité de production d’ici 2028 », a indiqué un porte-parole d’ENI. Coté ivoirien, on évoque la création de plus de 3 000 emplois directs et indirects d’ici cinq ans, une aubaine pour une région où le chômage des jeunes dépasse les 30 %.
Des défis environnementaux et sociaux à relever
Si l’enjeu économique est majeur, le projet soulève également des questions environnementales. Le gisement « Baleine » se situe dans une zone marine protégée, à proximité de récifs coralliens et de zones de pêche artisanale. Des associations locales, comme Greenpeace Afrique, ont déjà alerté sur les risques de pollution et de perturbation des écosystèmes. « Nous appelons à une étude d’impact rigoureuse et à la mise en place de mesures de compensation solides », a déclaré Joseph Séka, coordinateur de l’ONG.
Du côté des autorités, le gouvernement ivoirien a rassuré sur le respect des normes internationales. « Toutes les études d’impact ont été réalisées en collaboration avec des experts indépendants », a rappelé le ministre Camara. Reste à savoir si ces garanties suffiront à convaincre les populations locales, qui craignent une dégradation de leurs conditions de vie.
Ce projet marque un tournant pour la Côte d’Ivoire, mais son succès dépendra de la capacité des acteurs à concilier développement économique et préservation de l’environnement. Une équation complexe, dans un contexte où les enjeux climatiques pèsent de plus en plus lourd dans les stratégies énergétiques africaines.
La production commerciale devrait démarrer en 2027, avec une montée en puissance progressive jusqu’en 2029, selon les annonces du consortium ENI-Petroci-Vitol rapportées par RFI.