Alors que la Coupe du monde de football 2026, organisée conjointement par le Canada, le Mexique et les États-Unis, approche à grands pas, les acteurs du secteur de la restauration se préparent activement à l’afflux massif de touristes. Selon Courrier International, la région de Boston anticipe déjà l’arrivée de trois millions de visiteurs internationaux entre le 11 juin et le 19 juillet 2026, une manne économique pour les établissements locaux. Face à cet afflux, certains restaurateurs envisagent une mesure temporaire inédite : rendre le pourboire obligatoire, afin d’accélérer le service et de pallier les différences culturelles quant à la pratique du pourboire.
Ce qu'il faut retenir
- Trois millions de touristes internationaux sont attendus dans la région de Boston pendant la Coupe du monde 2026, selon Courrier International.
- Certains restaurants américains pourraient rendre le pourboire obligatoire pour accélérer le service pendant les pics d’affluence.
- Cette mesure vise aussi à éviter que les visiteurs, notamment ceux originaires de pays où le pourboire n’est pas la norme, ne sous-rémunèrent les serveurs.
- Aux États-Unis, le pourboire représente une part essentielle du revenu des employés de la restauration.
- La Coupe du monde 2026 se déroulera dans trois pays : le Canada, le Mexique et les États-Unis.
L’organisation logistique et commerciale autour de l’événement suscite des débats parmi les professionnels. D’après Courrier International, certains restaurateurs de Boston estiment que l’intégration du pourboire directement dans le prix du menu pourrait simplifier les transactions et fluidifier le service aux heures de pointe. Le Boston Globe, cité par la source, rapporte que cette idée répond à une double préoccupation : optimiser l’efficacité en cuisine et en salle, mais aussi garantir un revenu équitable aux serveurs.
Aux États-Unis, la culture du pourboire est profondément ancrée. Il est courant de laisser entre 15 % et 20 % de la note en supplément, une pratique qui conditionne largement les salaires dans le secteur. Ne pas laisser de pourboire peut être perçu comme une insulte, tant pour le serveur que pour l’établissement. Courrier International souligne que cette tradition diffère radicalement de celle observée dans de nombreux pays européens ou asiatiques, où le service est inclus dans l’addition ou non rémunéré de manière aussi directe.
« Les restaurateurs affirment qu’un pourboire intégré au prix pourrait accélérer le service pendant les heures de pointe du déjeuner ou du dîner. Mais il y a aussi une dimension culturelle : certains craignent que les spectateurs de la Coupe du monde venant de pays où le pourboire au restaurant n’est pas la norme ne rémunèrent pas suffisamment leurs serveurs. »
L’anticipation de cet afflux touristique s’inscrit dans un contexte où les organisateurs et les commerçants américains ont dû rassurer sur l’accueil des visiteurs. Malgré les craintes initiales liées au coût élevé des billets et aux restrictions d’entrée sur le territoire, la région de Boston mise sur son attractivité pour attirer des millions de fans de football. Les professionnels de la restauration, conscients de l’enjeu, cherchent ainsi à concilier fluidité du service et équité pour leurs employés.
Cette initiative soulève cependant des questions sur l’acceptation par les clients. Si l’obligation du pourboire peut sembler logique pour les Américains, elle pourrait surprendre, voire frustrer, des visiteurs habitués à d’autres pratiques. Courrier International rappelle que, dans certains pays, le pourboire est soit facultatif, soit considéré comme un geste de reconnaissance plutôt qu’une obligation. Les restaurateurs devront donc communiquer clairement sur cette mesure temporaire pour éviter tout malentendu.
Pour rappel, la Coupe du monde 2026 s’annonce comme un événement historique, puisqu’il s’agira de la première édition à être organisée par trois pays. Le Canada, le Mexique et les États-Unis ont dû coordonner leurs efforts pour accueillir les équipes et les supporters, tout en assurant la sécurité et le bon déroulement des matchs. L’impact économique de l’événement est déjà estimé à plusieurs milliards de dollars pour les trois pays hôte.
Cette Coupe du monde 2026 pourrait ainsi servir de laboratoire pour repenser les modèles économiques du secteur de la restauration, entre adaptation aux attentes des clients internationaux et préservation des revenus des employés. Autant dire que l’enjeu dépasse largement le cadre du football : il interroge la façon dont les sociétés gèrent les différences culturelles dans un monde de plus en plus globalisé.
La pratique du pourboire est particulièrement répandue aux États-Unis, au Canada et dans certains pays d’Amérique latine, où il représente une part essentielle du revenu des serveurs. En Europe, cette coutume est moins systématique, bien que présente dans des pays comme le Royaume-Uni ou l’Irlande. Dans de nombreux pays asiatiques, le pourboire est rare ou même mal vu.