Pour les supporters africains, suivre la Coupe du monde 2026 s’annonce comme un véritable parcours du combattant en raison des décalages horaires importants, indique RFI. Avec dix équipes africaines qualifiées pour la première fois dans l’histoire du tournoi, la programmation des matchs risque de transformer les nuits en journées pour des millions de téléspectateurs.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Algérie disputera ses trois matchs de phase de groupes entre 2h00 et 4h00 du matin, heure locale en Afrique de l’Ouest
  • Dix sélections africaines sont engagées dans la compétition, un record pour le continent
  • Les horaires des rencontres, fixés en fonction des fuseaux horaires américains, pénaliseront particulièrement les pays africains
  • Les supporters devront s’adapter à des horaires nocturnes pour suivre les performances de leurs équipes

Selon les informations rapportées par RFI, la Coupe du monde 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, impose un rythme de diffusion adapté aux fuseaux horaires nord-américains. Pour les pays africains, cela se traduit par des horaires de match décalés de plusieurs heures par rapport à l’heure locale. L’Algérie, qui participe pour la sixième fois à la compétition, sera particulièrement touchée : ses trois rencontres de la phase de groupes, prévues respectivement contre l’Australie, la France et le Canada, seront programmées entre 2h00 et 4h00 du matin, heure de Dakar ou d’Alger.

Cette situation n’est pas isolée. D’autres nations africaines devront également composer avec des horaires nocturnes pour suivre leurs équipes. « Les horaires ont été fixés en fonction des audiences potentielles aux États-Unis et en Europe, explique un expert en médias sportifs cité par RFI. Malheureusement, cela laisse peu de place pour les continents comme l’Afrique ou l’Asie, où les habitudes de consommation diffèrent. » Les organisateurs ont justifié ce choix par la volonté de maximiser les recettes publicitaires et les audiences globales.

Parmi les dix pays africains qualifiés, on retrouve des habitués comme le Nigeria, le Cameroun ou encore le Maroc, mais aussi desouts comme la Guinée équatoriale et la Gambie. Leur présence renforce l’enjeu sportif pour le continent, mais aussi la pression sur les diffuseurs locaux. « Les chaînes de télévision africaines devront adapter leurs grilles pour permettre aux supporters de suivre les matchs, souligne RFI. Certaines pourraient opter pour des rediffusions en journée, mais la qualité de l’expérience en direct restera limitée. »

Ce décalage horaire n’est pas sans rappeler celui observé lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar, où les horaires, bien que plus favorables pour l’Afrique, avaient déjà posé problème aux téléspectateurs européens. Cette fois, la situation s’aggrave pour les supporters africains, qui devront souvent se lever en pleine nuit pour encourager leurs équipes. « Autant dire que les nuits blanches seront nombreuses sur le continent », résume un observateur.

Et maintenant ?

La question se pose désormais de savoir si les instances dirigeantes du football africain, comme la Confédération africaine de football (CAF), interviendront pour demander des ajustements. Aucune déclaration officielle n’a encore été faite à ce sujet, mais des discussions pourraient s’engager dans les prochains jours, notamment après la publication du calendrier complet des matchs. Pour les supporters, l’attente sera longue jusqu’à la première rencontre, prévue le 11 juin 2026 aux États-Unis.

En attendant, les fédérations africaines appellent déjà leurs supporters à s’organiser pour suivre les matchs dans les meilleures conditions possibles. Certaines pourraient mettre en place des écrans géants dans les stades ou les places publiques, comme cela a déjà été le cas lors de précédentes compétitions. Reste à voir si ces initiatives suffiront à compenser les désagréments liés aux horaires.

Les horaires ont été déterminés en fonction des fuseaux horaires nord-américains, où se déroulent la majorité des matchs, afin de maximiser les audiences et les revenus publicitaires. Les organisateurs ont privilégié les créneaux compatibles avec les habitudes de consommation des grands marchés comme les États-Unis ou l’Europe.