Le 8 janvier 2012, un accident d'avion s'est produit à l'aéroclub d'Enghien-Moisselles, dans le Val-d'Oise, faisant deux victimes, dont une jeune fille de 13 ans et demi, selon Le Monde. Les familles de victimes d'un tel accident n'ont que deux ans pour agir en justice, délai imposé par la convention de Varsovie, qui régit la responsabilité des transporteurs aériens.
Ce délai très court oblige les avocats à conseiller à leurs clients de saisir à la fois le juge pénal et le juge civil, le premier étant chargé d'établir l'existence d'éventuelles infractions, et le second étant compétent pour l'indemnisation. Cependant, dans le cas où l'action civile est engagée après l'expiration du délai de deux ans, les choses peuvent se compliquer, comme le montre l'affaire suivante.
Ce qu'il faut retenir
- Un accident d'avion s'est produit le 8 janvier 2012 à l'aéroclub d'Enghien-Moisselles.
- Les familles de victimes ont deux ans pour agir en justice.
- La convention de Varsovie régit la responsabilité des transporteurs aériens.
- Les avocats conseillent de saisir à la fois le juge pénal et le juge civil.
Les faits de l'affaire
Le 8 janvier 2012, la jeune A., 13 ans et demi, est décédée dans un accident d'avion avec un pilote de 22 ans, peu après leur décollage de l'aéroclub d'Enghien-Moisselles. Le 22 mars 2012, la société La Réunion aérienne et spatiale, assureur du pilote et de l'aéroclub, a proposé à M. et Mme X, parents de A., une indemnisation de 114 336 euros, soit le plafond prévu par la convention de Varsovie, qu'ils ont refusé.
Le 23 décembre 2013, peu après l'ouverture d'une information judiciaire, M. et Mme X se sont constitués partie civile. Cependant, ce n'est que le 24 septembre 2014, soit postérieurement au terme de la prescription, atteint le 8 janvier 2014, qu'ils ont assigné au civil l'assureur, lui réclamant 230 000 euros.
La décision de la cour d'appel
Le 26 octobre 2023, la cour d'appel de Versailles a jugé que l'action de M. et Mme X était irrecevable car prescrite, les « considérations relatives à la minorité de A » étant, « d'un point de vue juridique, inopérantes ». La cour a également estimé que leur constitution de partie civile n'a pas eu l'effet escompté, dès lors que le juge d'instruction a rendu, le 22 novembre 2017, une ordonnance de non-lieu, faute d'avoir pu déterminer les causes du crash.
La cour a affirmé que « l'interruption est non avenue » si la demande formulée est « définitivement rejetée », en citant l'article 2243 du code civil. Cette décision met en évidence les difficultés que les familles de victimes peuvent rencontrer lorsqu'elles tentent d'obtenir réparation après un accident d'avion.
En conclusion, l'affaire met en lumière les difficultés rencontrées par les familles de victimes d'accidents d'avion pour obtenir réparation, en raison des délais très courts imposés par la convention de Varsovie. Il est crucial que les familles soient conscientes de ces délais et des procédures pour maximiser leurs chances d'obtenir justice.
