Alors que la violence liée aux réseaux criminels atteint des niveaux inédits, un rapport de 32 pages, révélé par le Figaro, dresse un constat alarmant de l’évolution des organisations mafieuses en France. Selon cette synthèse, produite par le Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco), les groupes criminels misent de plus en plus sur les nouvelles technologies et disposent d’une puissance financière leur permettant d’étendre leur emprise. Ce document a été présenté au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, lors d’un déplacement à Marseille ce jeudi 10 avril 2026, où il a officialisé la nomination de la direction nationale de la police judiciaire (Dnpj) comme chef de file de la lutte contre les narcotrafics.
Ce qu'il faut retenir
- La criminalité organisée en France adopte des méthodes de plus en plus violentes et sophistiquées, selon un rapport de 32 pages du Sirasco révélé par le Figaro.
- Les violences criminelles ont fait plus de morts en France que dans des pays comme la Belgique ou les Pays-Bas sur une période récente.
- Les organisations criminelles exploitent les nouvelles technologies et disposent d’une puissance financière leur permettant de corrompre et de s’étendre.
- Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a confié à la Dnpj la direction de la lutte contre les narcotrafics lors d’un déplacement à Marseille.
- Un cas emblématique illustre cette évolution : un mineur de 14 ans aurait accepté 15 000 euros pour commettre un assassinat, révélant l’emprise croissante des réseaux sur des profils vulnérables.
Le document du Sirasco met en lumière une « violence exacerbée », qui dépasse désormais celle observée dans des pays voisins comme la Belgique ou les Pays-Bas. Cette escalade s’accompagne d’une capacité corruptive accrue, liée à l’enrichissement des réseaux. « Les organisations criminelles ont opéré un bond capacitaire, se saisissant de toutes les nouvelles technologies disponibles », souligne le rapport. Autant dire que leur capacité à infiltrer les institutions et à recruter des complices, y compris parmi les mineurs, s’en trouve renforcée.
Parmi les exemples concrets cités dans le rapport, un cas attire particulièrement l’attention : celui d’un adolescent de 14 ans ayant accepté une somme de 15 000 euros en échange de l’exécution d’un assassinat. Cet incident illustre la stratégie des réseaux criminels, qui ciblent désormais des profils jeunes et vulnérables pour commettre des actes violents, réduisant ainsi les risques pour leurs propres membres. Cette tendance s’inscrit dans un phénomène plus large de « fébrilité » chez les criminels, comme en témoignent les méthodes employées lors de cambriolages ou de séquestrations à domicile, où les victimes sont parfois frappées à coups de marteaux.
Le rapport souligne également la « cartellisation » du narcotrafic, un phénomène qui inquiète particulièrement les observateurs du grand banditisme. « Nous ne faisons plus le poids face à cette structuration », a déclaré un spécialiste du milieu, cité par le Figaro. Cette concentration des pouvoirs entre les mains de quelques groupes organisés permet une meilleure coordination des activités illégales, mais aussi une résistance accrue aux actions répressives des autorités. Les narcotrafics, en particulier, se transforment en véritables empires économiques, capables de corrompre des fonctionnaires ou d’investir dans des secteurs légaux pour blanchir leurs capitaux.
« Les violences criminelles ont entraîné, sur une période récente, plus de morts en France qu’en Belgique et aux Pays-Bas où la densité criminelle est pourtant élevée. » — Extrait du rapport du Sirasco, rapporté par le Figaro.
Face à cette menace, le gouvernement a décidé de renforcer les moyens alloués à la lutte contre la criminalité organisée. Lors de son déplacement à Marseille, le ministre de l’Intérieur a acté la prise de leadership de la Dnpj, qui chapeautera désormais les opérations menées contre les narcotrafics. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large visant à centraliser les efforts de renseignement et à améliorer la coordination entre les différentes forces de l’ordre. « L’objectif est clair : inverser la tendance et reprendre le contrôle face à une criminalité qui n’a jamais été aussi agressive », a indiqué Laurent Nuñez, sans plus de précisions sur les mesures concrètes envisagées.
Les observateurs s’interrogent également sur l’efficacité des dispositifs actuels de prévention, notamment auprès des mineurs, souvent ciblés par les réseaux pour des missions à haut risque. Les associations et les familles appellent à un renforcement des programmes de protection et de réinsertion, afin d’éviter que des adolescents ne basculent dans la criminalité organisée. Pour l’heure, aucune annonce officielle n’a été faite en ce sens, mais le gouvernement a indiqué qu’un plan global serait dévoilé « dans les prochains mois ».
La Dnpj a été choisie pour centraliser les efforts de renseignement et de répression, en raison de son expertise reconnue dans la lutte contre la criminalité organisée. Cette décision s’inscrit dans une volonté de mieux coordonner les actions des différentes forces de l’ordre et d’améliorer l’efficacité des opérations menées contre les narcotrafics, comme l’a indiqué le ministre de l’Intérieur lors de son déplacement à Marseille.
