Avec 2 500 demandes de logements sociaux enregistrées chaque année pour seulement 40 attributions disponibles, Neuilly-sur-Marne illustre la tension extrême qui pèse sur le parc immobilier francilien. Selon Le Figaro – Politique, Zartoshte Bakhtiari, maire DVD de la commune et figure locale, alerte sur l’aggravation d’une situation déjà critique, marquée par 43 % de logements sociaux sur son territoire. Dans un entretien accordé au quotidien, l’élu souligne l’accumulation des demandes en attente et l’impact de transformations sociétales sur la demande de logements.

Ce qu'il faut retenir

  • 2 500 demandes de logements sociaux sont déposées chaque année à Neuilly-sur-Marne pour seulement 40 attributions.
  • La ville compte 43 % de logements sociaux, un taux élevé en Île-de-France.
  • L’éclatement des cellules familiales et la précarité financière aggravent la pression sur le marché immobilier local.
  • Zartoshte Bakhtiari, maire DVD, appelle les candidats à la présidentielle à s’emparer du dossier après deux quinquennats de « dégradation générale ».
  • Huit ministres du Logement se sont succédé en neuf ans, sans résoudre la crise structurelle.

Un déséquilibre structurel qui s’aggrave

À Neuilly-sur-Marne, comme dans de nombreuses villes d’Île-de-France, la crise du logement s’enracine dans un déséquilibre persistant entre l’offre et la demande. Zartoshte Bakhtiari, maire de la commune depuis plusieurs mandats, dresse un constat sans appel : « La situation est toujours sous tension extrême », a-t-il déclaré au Figaro. Le contingent annuel de 40 logements sociaux attribuables localement ne représente qu’une goutte d’eau face aux 2 500 demandes recensées chaque année. Ce ratio illustre l’ampleur des besoins non satisfaits, aggravés par des dynamiques sociales et économiques difficiles à anticiper.

Parmi les facteurs explicatifs avancés par l’élu, l’augmentation des familles monoparentales et la décomposition des structures familiales traditionnelles jouent un rôle clé. Ces transformations entraînent une demande accrue pour des logements adaptés à des configurations changeantes, alors que l’offre reste figée. « La décomposition de la cellule familiale a un impact énorme sur les besoins de logements », a-t-il souligné, précisant que ce phénomène n’avait pas été suffisamment anticipé par les politiques publiques.

Des locataires piégés par la précarité et l’inertie du marché

Un autre phénomène alarmante touche les ménages déjà installés : la difficulté à se reloger par manque de moyens. Zartoshte Bakhtiari évoque deux cas de figure récurrents. D’une part, des familles « prisonnières de logements non adaptés » à leur situation actuelle, faute de pouvoir financer un déménagement. D’autre part, des retraités ou des parents dont les enfants ont quitté le foyer qui « renoncent à bouger » après le départ des enfants, par crainte de voir leur budget logement augmenter pour des surfaces réduites. « Ils devraient payer autant pour vivre sur des surfaces moindres », a-t-il expliqué, illustrant ainsi l’inertie du marché et le manque de flexibilité de l’offre.

Cette situation, selon l’élu, est le symptôme d’une crise plus large qui touche l’ensemble de l’Île-de-France. Les prix de l’immobilier et les loyers élevés poussent les ménages modestes à se maintenir dans des logements inadaptés, faute d’alternative abordable. Le maire de Neuilly-sur-Marne pointe également la hausse des coûts de construction et les délais administratifs qui ralentissent la production de nouveaux logements, qu’ils soient sociaux ou privés.

Un appel à l’action politique après deux quinquennats de « dégradation générale »

Dans un contexte où le logement est devenu un sujet central de l’agenda politique, Zartoshte Bakhtiari espère que les candidats à la prochaine élection présidentielle s’empareront du dossier avec pragmatisme. « Il est temps de sonner l’alerte », a-t-il lancé, rappelant que les deux derniers quinquennats ont été marqués par une « dégradation générale » de la situation. Depuis 2017, pas moins de huit ministres se sont succédé à la tête du ministère du Logement, sans parvenir à inverser la tendance.

L’élu francilien dénonce une « accumulation de notre stock de demandeurs » et plaide pour des réformes structurelles. Il cite notamment la nécessité de simplifier les procédures administratives, d’accélérer la construction de logements – sociaux comme intermédiaires – et de mieux anticiper les évolutions sociétales. « Tous les signaux sont au rouge », a-t-il insisté, invitant les futurs gouvernants à sortir des « annonces sans lendemain » pour s’engager dans des mesures concrètes.

Et maintenant ?

Les prochaines échéances politiques pourraient relancer le débat sur le logement. Les primaires et la campagne présidentielle de 2027 devraient offrir un espace pour proposer des solutions, alors que le stock de demandes en attente continue de gonfler. Les associations locales et les élus franciliens, comme Zartoshte Bakhtiari, pourraient jouer un rôle de pression pour que le dossier ne soit pas relégué au second plan. Reste à voir si les promesses électorales se traduiront par des actes, ou si le cycle des annonces sans lendemain se répétera.

Cette crise, qui dépasse largement les frontières de Neuilly-sur-Marne, rappelle que l’Île-de-France reste l’épicentre d’un déséquilibre national entre l’offre et la demande de logements. Sans une mobilisation politique forte et des mesures adaptées, la tension risque de s’aggraver, avec des conséquences sociales et économiques difficiles à contenir.

La ville compte 43 % de logements sociaux sur son territoire, un taux bien supérieur à la moyenne nationale et qui reflète la politique locale en matière de mixité sociale.

Chaque année, 2 500 demandes sont enregistrées pour seulement 40 logements attribuables, selon les chiffres communiqués par le maire Zartoshte Bakhtiari.