Imaginez un instant. Vous êtes bloqué à l'aéroport de La Havane, votre vol pour Paris annulé faute de carburant. Bienvenue dans le cauchemar cubain de février 2026.
Depuis hier, le kérosène a disparu des pistes. Les avions, ces géants d'acier qui font encore rêver les touristes, doivent désormais faire escale ailleurs dans les Caraïbes pour se ravitailler. Autant dire que la situation est critique.
Un mois sans kérosène : le ciel cubain se ferme
C'est un responsable d'une compagnie aérienne européenne qui a lâché la nouvelle, sous couvert d'anonymat. À partir de ce mardi 10 février à minuit, plus une goutte de JetFuel ne sera disponible sur l'île. « On nous a prévenus hier, mais franchement, on ne s'attendait pas à ça », confie un pilote basé à La Havane.
Résultat des courses : les vols long-courriers vers l'Europe ou l'Amérique du Nord devront faire un détour. Les compagnies comme Air France, qui maintiennent encore leurs liaisons, doivent désormais prévoir une escale technique. (D'ailleurs, qui a encore envie de passer 6 heures de plus dans un avion ?)
Côté vols régionaux, c'est un peu moins catastrophique. Ils pourront continuer à fonctionner normalement, mais pour combien de temps ?
L'embargo américain, cette épée de Damoclès
Pour comprendre la crise, il faut revenir en arrière. Depuis 2023, Cuba dépendait du pétrole mexicain. Mais voilà, Donald Trump a décidé de mettre son grain de sel dans l'histoire.
En janvier, il a signé un décret menaçant de droits de douane les pays qui vendent du pétrole à La Havane. Et puis, il a assuré que le Mexique, qui fournissait Cuba depuis 2023, allait cesser ses livraisons. « Une menace exceptionnelle pour la sécurité nationale américaine », a-t-il justifié. (Oui, oui, vous avez bien lu.)
Du côté cubain, on accuse Trump de vouloir « asphyxier » l'économie de l'île. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ça marche. Les coupures d'électricité et les pénuries de carburant, déjà récurrentes, se sont encore accentuées.
Mesures d'urgence : la semaine de quatre jours et les universités en semi-présentiel
Face à la crise, le gouvernement cubain a annoncé une série de mesures d'urgence. La semaine de quatre jours, le télétravail dans les administrations, des restrictions sur les ventes de carburant... Bref, on fait ce qu'on peut pour économiser.
Les transports en commun sont aussi touchés. Réductions des services de bus et de trains entre provinces, fermeture de certains établissements touristiques... Même les universités ne sont pas épargnées. Les journées de cours seront plus courtes, et les universités fonctionneront en semi-présentiel.
« On essaie de sauver ce qui peut l'être », a déclaré le vice-Premier ministre, Oscar Pérez-Oliva Fraga, à la télévision d'État. (Mais avec quoi, exactement ?)
Et après ?
Difficile de dire avec certitude combien de temps durera cette crise. Un mois, comme l'annonce le gouvernement ? Plusieurs mois, comme le craignent les experts ?
Une chose est sûre : sans pétrole, Cuba ne peut pas fonctionner. Et sans tourisme, l'île perd l'un de ses rares leviers économiques. Alors, on pourrait se demander si cette crise ne va pas finir par étouffer définitivement l'économie cubaine.
En attendant, les touristes, eux, vont devoir repenser leurs vacances. Parce que partir à Cuba sans avion, c'est un peu compliqué.
Cuba ne produit pas assez de pétrole pour subvenir à ses besoins. Depuis la fin des livraisons vénézuéliennes en janvier 2026, l'île dépend entièrement des importations, principalement du Mexique jusqu'à récemment.
Les compagnies aériennes doivent désormais prévoir des escales techniques dans d'autres pays des Caraïbes pour se ravitailler en kérosène. Cela allonge les temps de vol et complique la logistique.
