Selon Courrier International, la ville côtière de Da Nang, dans le centre du Vietnam, émerge comme une destination prisée des travailleurs à distance, malgré l’absence de visa spécifique pour les nomades numériques. Une tendance qui rappelle le succès de Chiang Mai en Thaïlande ou de Bali en Indonésie, deux villes déjà établies comme références mondiales pour le télétravail.
En 2019, le New York Times avait déjà mis en avant Da Nang en la qualifiant de « Miami du Vietnam », soulignant ses 32 kilomètres de plages de sable blanc, ses infrastructures hôtelières luxueuses, ses restaurants de fruits de mer et une vie nocturne animée. Cette réputation s’est confirmée en 2026, avec l’ouverture d’un nouvel hôtel de luxe et l’élargissement des exemptions de visa pour les visiteurs étrangers, facilitant ainsi l’accès au pays.
Ce qu’il faut retenir
- Da Nang séduit les nomades numériques pour ses infrastructures modernes, ses plages et sa qualité de vie, sans pour autant proposer de visa dédié.
- Le gouvernement vietnamien a facilité l’accès au pays en prolongeant ou élargissant les exemptions de visa pour certains pays, permettant aux travailleurs à distance d’obtenir un visa électronique de trois mois.
- L’absence de données précises sur leur nombre n’empêche pas d’observer une pression sur les loyers, avec des studios en centre-ville atteignant 6 millions de dongs (200 euros) par mois.
- Les avis sont partagés sur les retombées économiques : certains locaux y voient une opportunité pour l’emploi, tandis que d’autres craignent une hausse des prix de l’immobilier.
- Le Da Nang Nomad Fest, organisé en mars 2026, a mis en lumière la popularité croissante de la ville auprès des télétravailleurs.
Une ville en pleine mutation sous le regard des médias locaux
« Il existe encore un havre de paix préservé pour les nomades numériques — mais peut-être pas pour longtemps », explique le journaliste Joshua Zukas dans un reportage publié par Business Insider, cité par Courrier International. Depuis plusieurs années, Da Nang attire une clientèle internationale en quête d’un cadre de vie alliant modernité et authenticité, loin de l’agitation des grandes métropoles vietnamiennes comme Hanoï ou Hô Chi Minh-Ville.
Les médias locaux, souvent soutenus par l’État, relaient régulièrement cette attractivité croissante. En mars 2026, le Da Nang Nomad Fest a été organisé pour cibler spécifiquement les travailleurs à distance, marquant une volonté politique de promouvoir la ville comme destination phare. Pourtant, le Vietnam reste l’un des rares pays d’Asie du Sud-Est à ne pas disposer d’un visa spécifique pour les nomades numériques, contrairement à la Thaïlande ou à l’Indonésie.
Pour contourner cette limitation, la plupart des ressortissants étrangers peuvent obtenir un visa électronique valable trois mois, renouvelable sous conditions. Une solution temporaire qui ne semble pas freiner l’engouement pour Da Nang, où les infrastructures touristiques et les espaces de coworking se multiplient.
Des loyers en hausse et des opportunités économiques contrastées
L’afflux de travailleurs à distance exerce une pression notable sur le marché immobilier local. Selon Courrier International, un studio en centre-ville coûte désormais 6 millions de dongs (200 euros) par mois. « Si je veux une chambre séparée, je dois payer au moins 12 millions de dongs. Je ne peux pas me le permettre », témoigne une traductrice originaire de Hué, à une centaine de kilomètres de Da Nang. Cette inflation des prix du logement illustre les défis liés à l’urbanisation rapide de la ville.
Pourtant, certains acteurs locaux y voient une opportunité. Hana Nguyen, une Vietnamienne à l’origine d’un espace de coworking, estime que « la présence des nomades numériques est bénéfique pour la ville, la communauté et l’emploi ». Elle souligne qu’ils font appel à des professionnels locaux — graphistes, traducteurs, assistants — dynamisant ainsi l’économie locale. Une analyse partagée par Daniel Schlagwein, chercheur à l’université de Chulalongkorn en Thaïlande, qui a étudié les effets des travailleurs à distance à Chiang Mai.
Schlagwein précise que « de nombreux habitants préfèrent avoir affaire à eux plutôt qu’aux touristes », car les nomades numériques « travaillent durant les jours ouvrables, comme les locaux, restent plus longtemps que les touristes et dépensent beaucoup d’argent sur place ». Un constat qui pourrait inciter d’autres villes vietnamiennes à suivre l’exemple de Da Nang.
Chiang Mai et Bali, des modèles à suivre ou à éviter ?
Da Nang ambitionne de rivaliser avec des destinations déjà établies comme Chiang Mai en Thaïlande, souvent citée pour son coût de vie modéré et sa communauté de nomades numériques, ou Bali en Indonésie, où l’île de Canggu est devenue un écosystème à part entière pour les travailleurs à distance. Pourtant, ces villes font face à leurs propres défis : à Chiang Mai, la saturation des espaces de coworking et la hausse des loyers ont poussé certains nomades à quitter la ville, tandis qu’à Bali, les autorités indonésiennes réfléchissent à un encadrement plus strict des visas.
Selon Courrier International, Da Nang mise sur son cadre de vie et ses infrastructures pour éviter les écueils de ses concurrentes. La ville dispose d’une plage de 32 kilomètres, d’une skyline moderne avec des gratte-ciel emblématiques comme le pont du Dragon, et d’un aéroport international bien desservi. Autant de atouts qui séduisent une clientèle internationale, malgré l’absence de visa dédié.
Une chose est sûre : l’attractivité de Da Nang pour les travailleurs à distance ne faiblit pas, et son modèle pourrait inspirer d’autres villes vietnamiennes. Pour l’instant, les nomades numériques y trouvent un équilibre entre modernité et authenticité, même si les défis économiques et sociaux ne sont pas encore totalement maîtrisés.
Selon les données citées par Courrier International, un studio en centre-ville coûte environ 6 millions de dongs (200 euros) par mois. Pour une chambre séparée, il faut compter au moins 12 millions de dongs (400 euros).
Non, le Vietnam ne dispose pas encore de visa dédié aux nomades numériques. Les travailleurs à distance peuvent obtenir un visa électronique valable trois mois, renouvelable sous conditions.