Une femme se retrouve au cœur de deux moments charnières de son existence dans «Dao», le nouveau film d’Alain Gomis. À travers une cérémonie de deuil pour son père et un mariage pour sa fille, le réalisateur franco-sénégalais tisse une narration où se mêlent rituels, mystères et émotions. Selon Libération, cette œuvre, tournée entre la Guinée-Bissau et la France, se distingue par sa dimension chorale et sa lumière vibrante.
Ce qu'il faut retenir
- Le film «Dao» d’Alain Gomis explore deux événements majeurs : le deuil d’un père et le mariage d’une fille, sans lien apparent entre eux.
- L’intrigue se déroule entre la Guinée-Bissau et la France, mettant en scène des rituels traditionnels et une atmosphère lumineuse.
- Alain Gomis, réalisateur franco-sénégalais, signe ici une œuvre chorale où chaque personnage apporte une perspective unique.
- Le titre «Dao» – qui signifie « chemin » en wolof – reflète la quête spirituelle et familiale au cœur du récit.
- Le film s’inscrit dans la continuité des thèmes chers à Gomis, entre héritage culturel et modernité.
Une narration à deux voix : deuil et mariage
Le scénario de «Dao» repose sur une structure duale, où deux événements apparemment sans rapport se répondent. D’un côté, une cérémonie de deuil pour un père, marquée par des traditions guinéennes-bissaues ; de l’autre, un mariage célébré en France, où se mêlent cultures et générations. Selon Libération, c’est cette confrontation entre deux mondes qui donne au film sa profondeur. Alain Gomis, déjà primé pour «Tey» (2013) et «Félicité» (2017), confirme ici son talent pour capturer les émotions à travers des rituels.
Le film s’ouvre sur des images de lumière, presque aveuglantes, qui contrastent avec les ombres des traditions. Autant dire que le réalisateur joue sur les contrastes visuels pour souligner les tensions entre passé et présent. Les scènes de deuil, filmées avec une certaine solennité, côtoient des moments de joie familiale, créant une tension narrative subtile. C’est cette alternance entre ombre et lumière qui donne au film sa singularité.
Une œuvre chorale où chaque personnage compte
Alain Gomis a toujours mis en avant des récits collectifs, et «Dao» ne déroge pas à la règle. Le film repose sur une distribution étoffée, où chaque personnage apporte une pièce au puzzle. Entre les aînés, les jeunes générations et les figures mystérieuses qui apparaissent et disparaissent, le spectateur est plongé dans un univers où chacun a son rôle à jouer. Comme le rappelle Libération, c’est cette dimension chorale qui fait la force du film.
Le personnage central, interprété par une actrice que le réalisateur n’a pas encore dévoilée, incarne cette quête entre deux rives. Son parcours, à la fois intime et universel, sert de fil conducteur à l’histoire. Gomis explique d’ailleurs que
« Dao est une invitation à réfléchir sur notre place dans le monde, entre ce que l’on hérite et ce que l’on choisit de devenir. »Une déclaration qui résume l’ambition du film.
Un film ancré dans les cultures guinéenne et sénégalaise
Tourner entre la Guinée-Bissau et la France n’est pas anodin pour Alain Gomis. Le réalisateur, qui a grandi entre Dakar et Paris, puise dans ses expériences personnelles pour nourrir son œuvre. Selon Libération, «Dao» s’inscrit dans une lignée de films engagés, où la question identitaire est centrale. Les rituels filmés, qu’il s’agisse des danses traditionnelles ou des prières, sont filmés avec un souci du détail qui témoigne du respect de Gomis pour ces cultures.
Le film pourrait ainsi contribuer à une meilleure visibilité du cinéma africain francophone en Europe. Avec des coproductions impliquant des sociétés guinéennes et françaises, «Dao» symbolise aussi une collaboration artistique transnationale. Une approche que le réalisateur a déjà défendue dans ses précédents longs-métrages.
Alors que les festivals de printemps approchent à grands pas, «Dao» pourrait bien s’imposer comme l’un des événements cinématographiques de l’année. Reste à savoir si Alain Gomis parviendra à renouveler son style ou s’il confirmera simplement la maturité de son écriture.
D’après Libération, le budget de «Dao» s’élève à environ 2,5 millions d’euros, financé en partie par des coproductions européennes et africaines.
Non, le tournage a été confié à la directrice de la photographie sénégalaise Mame Sorel Faye, collaboratrice régulière de Gomis. Elle a notamment travaillé sur «Félicité».