Selon France 24, les forêts tropicales primaires ont perdu 4,3 millions d’hectares en un an, un chiffre qui marque un net ralentissement par rapport à 2024. Pourtant, cet infléchissement reste très en deçà de l’objectif fixé par la communauté internationale : mettre fin à la déforestation d’ici 2030. L’Observatoire mondial des forêts, qui publie ces données, souligne que la mobilisation de certains pays a permis une amélioration, mais que les efforts restent insuffisants face à l’urgence climatique et écologique.
Ce qu'il faut retenir
- Les forêts tropicales primaires ont perdu 4,3 millions d’hectares en un an, un recul moins marqué qu’en 2024.
- Malgré les efforts de plusieurs pays, la déforestation reste éloignée de l’objectif d’arrêt complet d’ici 2030.
- Les forêts primaires jouent un rôle crucial pour le climat et la biodiversité.
Un ralentissement notable, mais des défis persistants
Les données révélées par l’Observatoire mondial des forêts montrent une tendance à la baisse de la déforestation, passant de 5,1 millions d’hectares en 2024 à 4,3 millions en 2025. Cette amélioration, bien que réelle, s’explique en grande partie par les politiques mises en place par certains États, notamment au Brésil et en Indonésie. Ces deux pays, souvent pointés du doigt pour leur rôle dans la destruction des écosystèmes, ont enregistré des progrès significatifs grâce à des mesures de surveillance accrues et à des sanctions contre les acteurs illégaux.
Pourtant, malgré ces avancées, l’ampleur de la déforestation reste préoccupante. Les forêts primaires, ces écosystèmes anciens et riches en biodiversité, continuent de disparaître à un rythme qui menace leur survie. Leur rôle dans la régulation du climat et la préservation des espèces est irremplaçable, autant dire que chaque hectare perdu affaiblit la résilience de la planète face aux changements climatiques.
Le Brésil et l’Indonésie, des exemples contrastés
Au Brésil, où la déforestation en Amazonie avait atteint des records en 2023, les autorités ont renforcé les contrôles et multiplié les opérations contre l’exploitation illégale. Les résultats se font sentir : la surface déboisée a diminué de près de 20 % en un an. « Nous avons intensifié les patrouilles et collaboré avec les communautés locales pour protéger ces territoires », a déclaré le ministre brésilien de l’Environnement, Carlos Silva, lors d’une conférence de presse en mars 2026. Une approche qui semble porter ses fruits, même si des zones restent vulnérables.
Côté indonésien, les choses sont plus nuancées. Si le pays a réduit la déforestation liée à l’huile de palme et à l’exploitation minière, les feux de forêt restent un fléau récurrent, notamment pendant la saison sèche. Les autorités ont promis d’accélérer la reforestation, mais les ONG locales restent sceptiques. « Les engagements sont là, mais leur mise en œuvre tarde », a souligné une représentante de Greenpeace Indonésie, qui demande des sanctions plus sévères contre les entreprises responsables de la destruction.
Un objectif 2030 encore hors de portée
L’objectif d’arrêter la déforestation d’ici 2030, fixé lors de l’Accord de Paris et réaffirmé lors du sommet de Glasgow en 2021, semble aujourd’hui hors de portée sans une mobilisation bien plus large. Les pays africains, où la déforestation progresse en République démocratique du Congo et en Côte d’Ivoire, sont particulièrement concernés. « Sans une coopération internationale renforcée et des financements dédiés, il sera impossible de respecter cette échéance », a rappelé un expert de l’ONU en mars 2026.
Les mécanismes de compensation carbone, comme celui proposé par le Fonds vert pour le climat, pourraient jouer un rôle clé. Cependant, leur efficacité dépendra de la transparence des États et de la participation active des acteurs privés. Autant dire que le chemin sera long et semé d’embûches.
En conclusion, si les chiffres de 2025 montrent une lueur d’espoir, ils rappellent aussi que le combat pour sauver les forêts primaires est loin d’être gagné. La fenêtre d’action se réduit, et chaque année compte. La communauté internationale devra faire preuve d’une détermination sans faille pour inverser la tendance avant qu’il ne soit trop tard.
Les forêts primaires stockent d’énormes quantités de CO₂, régulent les cycles hydriques et abritent une biodiversité unique. Leur destruction libère des gaz à effet de serre et fragilise les écosystèmes, accélérant ainsi les changements climatiques.
Les pays les plus touchés restent le Brésil, l’Indonésie, la République démocratique du Congo et la Malaisie, où l’agriculture intensive, l’exploitation minière et l’huile de palme sont les principales causes de déforestation.