Le géant technologique américain Dell Technologies a remporté un contrat de cinq ans d’une valeur de 9,7 milliards de dollars (8,3 milliards d’euros) pour fournir des logiciels Microsoft à l’ensemble du département de la Défense des États-Unis, selon Euronews FR. Ce contrat, attribué à Dell Federal Systems, la filiale dédiée au secteur public, couvre la gestion de licences logicielles, des abonnements cloud et des solutions sur site pour l’armée américaine, les agences de renseignement et les garde-côtes.

Ce qu'il faut retenir

  • Le contrat de 9,7 milliards de dollars a été signé pour une durée de cinq ans avec Dell Federal Systems, une division de Dell Technologies.
  • Dell fournira des licences Microsoft, des services cloud et des logiciels sur site pour l’ensemble du Pentagone et des agences associées.
  • Cette attribution intervient moins de trois semaines après un appel public de Donald Trump à privilégier les ordinateurs Dell.
  • Le Pentagone estime économiser 422 millions de dollars par an grâce à ce contrat, qui centralise les dépenses technologiques du département.
  • Michael Dell, PDG de l’entreprise, entretient des liens étroits avec l’administration Trump, notamment via un don de 6,25 milliards de dollars en décembre 2025.

Un contrat stratégique dans le cadre du CETA

L’accord signé par le Département de la Guerre des États-Unis (DoW) s’inscrit dans le cadre du Core Enterprise Technology Agreement (CETA), un dispositif global de licences Microsoft et d’achats de logiciels destiné à l’ensemble du Pentagone. Selon Kirsten Davies, directrice des systèmes d’information du DoW, cette centralisation permettra de réaliser des économies substantielles en regroupant des budgets technologiques auparavant dispersés entre les différentes branches militaires.

L’attribution du contrat intervient dans un contexte où les dépenses fédérales en matière de technologies de l’information et de cybersécurité connaissent une croissance soutenue. Le CETA couvre non seulement les logiciels Microsoft, mais aussi des services cloud et des solutions logicielles internes, répondant ainsi aux besoins opérationnels et stratégiques de l’armée américaine.

Un rapprochement entre Dell et l’administration Trump

L’attribution de ce contrat intervient quelques semaines après que Donald Trump, lors d’un événement organisé à la Maison-Blanche, a encouragé les Américains à se procurer des ordinateurs Dell, qualifiant la marque de « formidable ». Une déclaration qui, bien que symbolique, semble coïncider avec l’obtention du marché fédéral. Selon Barry Tanner, directeur intérimaire des systèmes d’information de l’US Navy, le processus d’appel d’offres a été mené dans les règles de l’art : «

Les fournisseurs ont tous été évalués sur la base de la concurrence, de la comparaison avec les prix du barème de la GSA et de la chaîne globale de valeur pour le département.
»

Ce contrat s’inscrit dans une période de rapprochement visible entre Michael Dell, PDG de l’entreprise, et l’administration Trump. En décembre 2025, Michael Dell et son épouse Susan ont participé à une annonce officielle à la Maison-Blanche pour dévoiler un don de 6,25 milliards de dollars au profit du programme « Trump Accounts ». Ce dispositif, intégré au « One Big Beautiful Bill », vise à verser 250 dollars à environ 25 millions d’enfants américains de moins de dix ans issus de foyers dont le revenu médian est inférieur à 150 000 dollars.

Des liens étroits entre Dell et Microsoft

Dell entretient une collaboration de longue date avec Microsoft, dont il est l’un des principaux acheteurs de licences Windows. Le CETA renforce cette alliance en confiant à Dell la gestion des licences logicielles et des services cloud pour l’ensemble des composantes du département de la Défense. Pour l’entreprise, ce contrat représente une opportunité majeure, d’autant que son action a progressé de près de 5 % avant l’ouverture de Wall Street, passant de 305 à 320 dollars. Les analystes de Zacks Investment Research anticipent un chiffre d’affaires de 35 milliards de dollars pour le premier trimestre 2026, en hausse de 50 % sur un an.

Michael Dell occupe par ailleurs un siège au Conseil des conseillers du président pour la science et la technologie, un organe chargé de conseiller l’exécutif sur des sujets aussi variés que l’économie, la santé publique, la sécurité nationale, l’énergie et les technologies émergentes. Cette proximité avec les cercles décisionnels pourrait expliquer, en partie, la récente série de contrats fédéraux attribués à l’entreprise.

Des interrogations sur l’éthique et les conflits d’intérêts

L’attribution de ce contrat suscite des questions quant à d’éventuels conflits d’intérêts, d’autant que des déclarations financières publiées ce mois-ci par l’Office américain d’éthique gouvernementale révèlent que des comptes d’investissement liés à Donald Trump détenaient des actions Dell Technologies au premier trimestre 2026. Selon l’organisation Trump, ces comptes sont gérés de manière indépendante par des institutions financières tierces, et ni le président ni sa famille n’interviennent dans le choix des opérations boursières. JD Vance, vice-président des États-Unis, a réaffirmé cette position lors d’un point de presse à la Maison-Blanche : «

Il ne réalise pas lui-même ces transactions boursières.
»

Cette situation rappelle des cas similaires impliquant d’autres entreprises technologiques, comme Intel ou Palantir, dont les cours ont parfois réagi fortement à des déclarations ou des annonces liées à l’administration Trump. Malgré les démentis officiels, la concomitance entre les éloges publics de Trump envers Dell, l’attribution du contrat et les investissements liés à l’entreprise devrait alimenter les débats sur l’éthique et la transparence dans l’attribution des marchés publics fédéraux.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir émerger des réactions politiques ou des audits indépendants visant à examiner la procédure d’attribution du contrat. Le Pentagone, de son côté, a réitéré que le choix de Dell résulte d’un processus concurrentiel conforme aux règles en vigueur. Pour Dell Technologies, l’enjeu sera désormais de concrétiser ce partenariat dans les délais impartis, tout en répondant aux attentes budgétaires et opérationnelles du département de la Défense. Reste à voir si cette collaboration renforcera la position de Dell sur le marché des technologies gouvernementales, ou si elle alimentera les controverses autour des conflits d’intérêts présumés.

Le contrat, d’une durée de cinq ans, devrait entrer en vigueur progressivement, avec une phase de déploiement initial prévue dès l’été 2026. Les économies réalisées grâce à cette centralisation des achats technologiques pourraient, selon les autorités américaines, être réinvesties dans des projets de modernisation des infrastructures militaires.

Selon les autorités américaines, le choix de Dell résulte d’une procédure d’appel d’offres concurrentielle et transparente. Les fournisseurs ont été évalués sur la base de critères tels que la compétitivité des prix, la conformité avec les barèmes de la GSA (General Services Administration) et la valeur globale de leur offre pour le département de la Défense. Barry Tanner, directeur intérimaire des systèmes d’information de l’US Navy, a souligné que « les fournisseurs ont tous été évalués sur la base de la concurrence ».