La dénutrition n’est pas toujours synonyme de maigreur. Selon Ouest France, il est tout à fait possible d’être en surpoids ou obèse tout en souffrant d’une carence nutritionnelle, notamment en raison d’un déséquilibre entre les apports énergétiques et les besoins réels de l’organisme. Une situation qui touche particulièrement les personnes âgées, dont le métabolisme devient plus exigeant avec l’âge.

Ce qu'il faut retenir

  • Un IMC entre 25 et 29,9 définit un surpoids, tandis qu’un IMC supérieur ou égal à 30 correspond à une obésité.
  • L’obésité sarcopénique se caractérise par une perte de masse musculaire malgré un excès de graisse.
  • Après 60 ans, les besoins en protéines augmentent pour maintenir la masse musculaire et soutenir les fonctions immunitaires et digestives.
  • Une alimentation riche en protéines (viandes, poissons, œufs, légumineuses) et une activité physique régulière permettent de limiter ce phénomène.
  • Les régimes restrictifs, comme ceux excluant le gluten ou le lactose sans justification médicale, sont déconseillés.

Une forme de dénutrition méconnue, mais fréquente

La dénutrition survient lorsque l’organisme ne reçoit pas suffisamment de nutriments essentiels pour couvrir ses besoins. Si cette pathologie est souvent associée à une perte de poids et à une maigreur visible, Ouest France rappelle qu’elle peut aussi toucher des personnes en surpoids ou obèses. Ce paradoxe s’explique par une alimentation déséquilibrée, pauvre en protéines mais riche en calories vides, comme celles apportées par la malbouffe. Résultat : le corps puise dans ses réserves musculaires pour compenser, entraînant une fonte progressive des muscles au profit de la graisse.

Ce phénomène, appelé obésité sarcopénique, est particulièrement préoccupant après 60 ans. À cet âge, le métabolisme ralentit et les besoins en protéines augmentent. Or, une carence en ces nutriments essentiels affaiblit non seulement les muscles, mais aussi le système immunitaire, la cicatrisation et la digestion. « Après 60 ans, le corps a besoin de plus de protéines pour conserver ses muscles, mais aussi pour mieux cicatriser, digérer ou se défendre contre les infections », explique Caroline Rio, diététicienne nutritionniste, citée par Ouest France.

Protéines et activité physique : les deux piliers de la prévention

Pour éviter la fonte musculaire et maintenir un équilibre nutritionnel, les experts recommandent d’intégrer des protéines à chaque repas. Les sources animales (viandes, poissons, œufs, produits laitiers) sont les plus efficaces, mais les légumineuses (lentilles, pois chiches) et les céréales complètes apportent aussi des protéines végétales. Ouest France insiste sur l’importance de ne pas négliger les féculents, souvent boudés dans les régimes amaigrissants, mais essentiels pour fournir l’énergie nécessaire au fonctionnement de l’organisme.

Côté activité physique, l’abandon du sport accélère la perte de masse musculaire. Il est donc crucial de maintenir une routine sportive adaptée, même modérée. L’idéal ? Choisir une activité que l’on apprécie, pour la pratiquer sur le long terme. Un test simple permet d’évaluer sa force musculaire : se lever ou s’asseoir d’un fauteuil sans s’aider des bras. Si cette manœuvre devient difficile, cela peut signaler une perte de masse musculaire.

Les erreurs à éviter : régimes restrictifs et repas déséquilibrés

Les régimes excluant certains groupes alimentaires (sans gluten, sans lactose) sans avis médical sont vivement déconseillés. Ils privent l’organisme de nutriments essentiels et favorisent les carences, surtout chez les personnes âgées. « Un dîner trop léger, comme une soupe accompagnée d’un yaourt, entretient la fonte musculaire », souligne Caroline Rio. Les végétaux, bien que bénéfiques, ne suffisent pas à eux seuls : ils doivent être associés à des sources de protéines pour être pleinement efficaces.

Autre piège à éviter : sauter des repas ou se contenter de collations déséquilibrées. Pour préserver sa masse musculaire, il est recommandé de répartir les apports protéiques tout au long de la journée. Un petit-déjeuner avec des œufs, un déjeuner avec du poulet ou du poisson, et un dîner incluant des légumineuses ou des produits laitiers constituent une bonne base.

Qui est concerné et comment agir ?

Ce phénomène touche en priorité les personnes âgées, dont le métabolisme devient moins efficace avec le temps. Mais il concerne aussi les adultes sédentaires ou ceux qui consomment régulièrement des aliments ultra-transformés. Pour évaluer son état nutritionnel, il est possible de calculer son IMC (poids en kg divisé par la taille en m au carré), mais aussi de surveiller sa force musculaire à travers des exercices simples, comme se lever d’une chaise sans l’aide des bras.

Les professionnels de santé recommandent un suivi régulier, surtout après 60 ans. Un bilan nutritionnel peut permettre d’ajuster les apports en protéines et de détecter d’éventuelles carences. « On compte sur les protéines à chaque repas pour limiter le stockage de gras et garder du muscle », précise Ouest France. Une approche équilibrée, combinant alimentation adaptée et activité physique, reste la meilleure prévention contre l’obésité sarcopénique.

Et maintenant ?

Les prochaines années pourraient voir une prise de conscience accrue de ce phénomène, notamment avec le vieillissement de la population. Des campagnes de sensibilisation pourraient être lancées pour informer sur les risques de la dénutrition cachée et promouvoir des habitudes alimentaires et sportives adaptées. Reste à voir si les systèmes de santé intégreront davantage de bilans nutritionnels systématiques pour les seniors.

Si la dénutrition n’est pas une fatalité, elle nécessite une vigilance particulière. En combinant une alimentation riche en protéines, une activité physique régulière et un suivi médical adapté, il est possible de préserver sa masse musculaire et sa santé, quel que soit son poids.

L’indice de masse corporelle (IMC) se calcule en divisant le poids (en kilogrammes) par la taille (en mètres) au carré. Un IMC entre 25 et 29,9 indique un surpoids, tandis qu’un IMC égal ou supérieur à 30 correspond à une obésité. Ces seuils sont définis par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).