Les décisions judiciaires françaises font l'objet de pressions de la part de puissances étrangères, notamment les États-Unis, selon Franceinfo - Politique. C'est ce que révèle un extrait de l'émission « Complément d'enquête » diffusé le 28 mai 2026. Les magistrats français sont devenus des cibles de la vindicte populaire sur les réseaux sociaux, mais aussi de puissances étrangères désapprouvant certains jugements.

Certains griefs envers la justice française après la condamnation de Marine Le Pen à deux ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité dans l'affaire des assistants du Parlement européen auraient-ils traversé l'Atlantique, jusqu'à la patrie de Donald Trump ? Si les rumeurs de sanctions américaines envisagées contre les juges qui l'ont condamnée ont été démenties, une magistrate française raconte ce qu'elle considère comme une tentative d'ingérence.

Ce qu'il faut retenir

  • Les magistrats français sont devenus des cibles de la vindicte populaire et de puissances étrangères.
  • La justice française a condamné Marine Le Pen à deux ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité.
  • Des sanctions américaines ont été prises contre un magistrat français qui a approuvé un mandat d'arrêt contre Benjamin Netanyahou.

Les pressions américaines

Il y a un an, Magali Lafourcade, la secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), a reçu à Paris la visite de deux émissaires de Washington. Christopher Anderson et Samuel Samson, représentants du département d'État, sont venus faire valoir auprès d'elle les droits de Marine Le Pen, soutenue publiquement par Donald Trump sur son réseau social après sa condamnation. La magistrate a été frappée notamment par leur emploi du mot « ban », exprimant « l'idée qu'elle avait été bannie de l'espace politique ».

Magali Lafourcade dit « avoir eu la sensation qu'ils cherchaient un maximum d'informations pour étayer une conviction : celle que sa situation était liée au fait que c'était une opposante politique à Emmanuel Macron, que c'était une femme politique qu'il fallait empêcher de se présenter à l'élection [présidentielle], et que tout le dossier judiciaire aurait été complètement infondé ».

Les sanctions contre un magistrat français

Un autre magistrat français est, lui, victime de sanctions américaines. Nicolas Guillou est juge à la Cour pénale internationale. Depuis neuf mois, il est considéré comme un ennemi des États-Unis pour avoir approuvé un mandat d'arrêt « pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre » contre un allié de Donald Trump : le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.

Sous l'effet de ces sanctions, son quotidien bascule. Outre l'impossibilité de se rendre sur le territoire américain (qui vaut aussi pour sa famille) et le gel des avoirs, elles impliquent aussi l'interdiction à toute personne physique ou morale américaine de lui fournir des services. En clair, plus de cartes bancaires Mastercard ou Visa (des entreprises américaines), plus d'achats en ligne via Amazon, Google ou Apple… le juge doit tout payer en liquide.

Et maintenant ?

Les sanctions américaines contre les magistrats français pourraient avoir des conséquences importantes sur la justice française et les relations entre la France et les États-Unis. Il reste à voir comment la situation va évoluer et quelles seront les prochaines étapes prises par les deux pays.

La situation soulève des questions sur l'indépendance de la justice et les limites des pressions étrangères sur les décisions judiciaires. Les magistrats français devraient-ils être protégés contre les pressions étrangères ? Les États-Unis ont-ils le droit d'intervenir dans les affaires judiciaires françaises ?

Les sanctions américaines peuvent avoir des conséquences importantes sur la vie quotidienne des magistrats français, notamment en leur interdisant l'accès à certains services et en les empêchant de se rendre sur le territoire américain.