Près de 400 professionnels du théâtre et du spectacle vivant ont apporté leur soutien, dans un texte publié par Le Monde – Politique, aux 600 signataires de la pétition « Zapper Bolloré », dénonçant une influence jugée croissante de l’extrême droite sur les espaces culturels et intellectuels en France. Un collectif composé de comédiens, metteurs en scène, directeurs de théâtre et auteurs a ainsi choisi de s’associer à cette mobilisation, soulignant les risques d’une « instrumentalisation politique » des institutions culturelles.

Ce qu'il faut retenir

  • 399 professionnels du spectacle vivant ont signé un texte de soutien à la pétition « Zapper Bolloré » contre l’influence supposée de Vincent Bolloré sur les médias et la culture.
  • Ils dénoncent une « mainmise idéologique de l’extrême droite » sur les espaces d’art et de pensée, selon leurs propres termes.
  • La pétition initiale, lancée en avril 2026, compte déjà 600 signataires, dont des personnalités du monde artistique et intellectuel.
  • Les signataires de la tribune publiée dans Le Monde – Politique appellent à une vigilance accrue sur les financements et les orientations des institutions culturelles.
  • Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de tensions politiques autour de la place de la culture dans le débat public.

Une pétition née d’un débat politique et médiatique

Lancée sous le nom de « Zapper Bolloré », la pétition initiale visait à alerter sur ce que ses promoteurs qualifient de « prise de contrôle idéologique » des médias et des institutions culturelles par des figures liées à l’extrême droite. Selon Le Monde – Politique, 600 personnalités, principalement issues du milieu artistique, avaient déjà apposé leur signature avant même la publication du texte de soutien des 399 professionnels. Parmi les premiers signataires figuraient des artistes comme Mathieu Amalric, Ariane Mnouchkine ou encore Olivier Py, connus pour leurs engagements politiques et culturels.

Le texte, publié dans l’édition datée du 22 mai 2026, s’inscrit dans une dynamique plus large de résistance face à ce que ses auteurs décrivent comme une « dérive autoritaire » touchant les sphères culturelles. « Nous ne pouvons rester silencieux face à cette offensive contre la liberté de création », a déclaré Élodie Bordat, metteuse en scène et l’une des initiatrices du collectif, au Monde.

Les professionnels du spectacle vivant s’engagent à leur tour

Le collectif de 399 signataires, dont les noms n’ont pas encore été révélés en intégralité, regroupe des figures majeures du théâtre français. Parmi elles, on compte des directeurs de centres dramatiques nationaux, des auteurs primés et des comédiens de renom. Leur texte, publié en même temps que la pétition « Zapper Bolloré », marque un tournant dans la mobilisation en associant directement le monde de la création à la défense des valeurs républicaines. « La culture n’est pas un terrain de lutte politique, mais un espace de liberté », a rappelé Ivan Calbérac, auteur et dramaturge, dans une interview accordée au quotidien.

Les signataires pointent du doigt des financements publics jugés opaques, ainsi que des nominations controversées dans des institutions culturelles majeures. Selon Le Monde – Politique, leur texte met en garde contre « une réécriture des récits historiques et une censure déguisée sous couvert de pluralisme ». Ces accusations font écho à des polémiques récentes, comme celle ayant touché le Festival d’Avignon en 2025, où des programmations avaient été critiquées pour leur manque de diversité idéologique.

Un contexte politique et culturel sous tension

Cette mobilisation intervient alors que le débat sur la place de l’extrême droite dans les institutions culturelles s’intensifie en France. Les élections législatives de 2027 approchent, et plusieurs partis d’extrême droite ont déjà fait de la culture un champ de bataille symbolique. Selon Le Monde – Politique, certains de leurs représentants ont récemment appelé à « réorienter les subventions vers des projets patriotiques », une formulation qui inquiète les défenseurs de l’indépendance artistique. « On assiste à une tentative de capture des outils de financement de la culture au service d’une idéologie », a souligné Laure Adler, journaliste et ancienne directrice de programme à France Culture, dans une tribune parue en mars 2026.

Les signataires de la pétition « Zapper Bolloré » et de son texte de soutien ne sont pas les seuls à s’alarmer. Plusieurs associations, comme La Ligue des droits de l’Homme ou SOS Racisme, ont également pris position, dénonçant des « dérives liberticides » dans la gestion des subventions culturelles. Ces organisations appellent à une transparence accrue dans l’attribution des fonds publics.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient donner un nouvel élan à ce débat. D’abord, la publication prochaine d’un rapport parlementaire sur la gouvernance des institutions culturelles, attendue pour l’automne 2026, devrait apporter des éléments concrets sur les financements et les orientations politiques. Ensuite, la mobilisation des professionnels du spectacle vivant pourrait s’étendre à d’autres secteurs, comme le cinéma ou la musique, où des tensions similaires se font jour. Reste à voir si cette dynamique collective parviendra à fédérer au-delà du cercle des initiés, ou si elle restera cantonnée à une frange militante de la scène artistique.

Pour l’heure, les réactions des ministères concernés n’ont pas encore été rendues publiques. Le cabinet de la ministre de la Culture, interrogé par Le Monde – Politique, a simplement indiqué que « les subventions culturelles obéissent à des critères stricts d’excellence et de diversité, sans considération idéologique ». Les prochains mois diront si cette affirmation suffira à apaiser les craintes exprimées par les signataires.

La pétition « Zapper Bolloré » est une initiative lancée en avril 2026 par des personnalités du monde artistique et intellectuel. Elle dénonce ce que ses promoteurs qualifient de « prise de contrôle idéologique » des médias et des institutions culturelles par des figures liées à l’extrême droite, en particulier autour de la figure de Vincent Bolloré. À ce jour, elle compte 600 signataires, selon Le Monde – Politique.

Les 399 signataires de la tribune publiée dans Le Monde – Politique s’inquiètent d’une « mainmise idéologique de l’extrême droite » sur les espaces d’art et de pensée. Ils pointent notamment des financements publics opaques, des nominations controversées dans les institutions culturelles et une censure déguisée sous couvert de pluralisme, selon leurs termes.