Alors que les finances publiques françaises restent sous haute tension, l’émission Good Morning Business diffusée sur BFM Business le 29 juin 2026 a mis en lumière les inquiétudes croissantes autour de la dette souveraine. Lors de leur chronique conjointe, les économistes Emmanuel Lechypre et Raphaël Legendre ont évoqué, aux côtés de la journaliste Laure Closier, la possibilité d’un scénario à la « Lehman Brothers » pour la France, si la trajectoire actuelle n’est pas infléchie. Une analyse qui s’appuie sur le dernier rapport annuel de la Banque des règlements internationaux (BRI), rendu public ce même jour et qui sonne comme un avertissement pour l’ensemble des États les plus endettés.
Ce qu'il faut retenir
- Le dernier rapport de la Banque des règlements internationaux (BRI) alerte sur le niveau d’endettement des États, plaçant la France parmi les pays les plus exposés à une crise de la dette, selon BFM Business.
- Lors de leur chronique du 29 juin 2026 dans Good Morning Business, Emmanuel Lechypre et Raphaël Legendre ont comparé le risque français à celui qui avait mené à la faillite de Lehman Brothers en 2008.
- L’émission, animée par Laure Closier, a également abordé d’autres sujets économiques majeurs, comme l’économie du Golfe en temps de guerre ou les innovations technologiques dans l’IA.
- Le rapport de la BRI souligne que plusieurs États, dont la France, pourraient être au cœur de la prochaine crise financière internationale.
Un rapport de la BRI qui fait office d’avertissement
Dans son édition du 29 juin 2026, BFM Business revient sur le dernier rapport annuel de la Banque des règlements internationaux (BRI), un document qui dresse un constat alarmant sur la situation des finances publiques dans le monde. Selon les données compilées par l’institution, plusieurs pays, dont la France, affichent des niveaux d’endettement jugés insoutenables à moyen terme. Ce rapport, souvent considéré comme un baromètre des risques systémiques, place l’Hexagone dans le peloton de tête des États les plus vulnérables, aux côtés d’autres grandes économies comme les États-Unis ou le Japon.
La BRI ne se contente pas de dresser un constat : elle met en garde contre les conséquences d’une politique budgétaire trop accommodante. « Les États qui ne parviendront pas à inverser la tendance pourraient se retrouver dans une situation où le service de la dette devient ingérable », a expliqué Raphaël Legendre lors de son éditorial dans Good Morning Business. Une perspective qui rappelle, selon lui, le scénario ayant conduit à la crise des subprimes en 2008.
Emmanuel Lechypre et Raphaël Legendre : une chronique sous tension
Lors de leur passage dans Good Morning Business, Emmanuel Lechypre et Raphaël Legendre ont échangé sur les risques encourus par la France si aucune mesure corrective n’est prise rapidement. « On pourrait se retrouver dans une configuration où la France perd la confiance des marchés », a souligné Lechypre. Une perte de confiance qui, dans un contexte de taux d’intérêt toujours élevés, pourrait précipiter une crise de liquidité. Les deux économistes ont rappelé que le ratio dette/PIB français, déjà supérieur à 110 %, reste l’un des plus élevés de la zone euro, derrière celui de la Grèce et de l’Italie.
Leur analyse s’appuie sur des données macroéconomiques précises : malgré une légère amélioration des recettes fiscales en 2025, les dépenses publiques continuent de croître, portées notamment par le vieillissement de la population et les investissements nécessaires à la transition écologique. « Le problème n’est pas seulement le niveau de la dette, mais sa dynamique », a précisé Legendre. « Tant que le déficit primaire reste positif, la situation reste sous contrôle, mais chaque année de report aggrave le fardeau. »
Good Morning Business : une émission au cœur de l’actualité économique
Good Morning Business, l’émission phare de BFM Business présentée par Laure Closier, consacre chaque matin une partie de son antenne à l’analyse des enjeux économiques et financiers. Le 29 juin 2026, l’émission a abordé plusieurs sujets majeurs, reflétant la diversité des défis auxquels font face les acteurs économiques. Outre la chronique de Lechypre et Legendre, l’émission a également reçu Alexis Karklins-Marchay, directeur général d’Eight Advisory, pour un point complet sur l’économie du Golfe après quatre mois de guerre au Proche-Orient.
Autres invités du jour : Jérémy Skowronek, cofondateur de NotiPark, qui a présenté sa solution de stationnement connecté, ainsi que Étienne Bracq, qui a fait le point sur les marchés boursiers dans sa chronique Morning Briefing. L’émission a également laissé la parole à Damien Viel, PDG de Bloom Social Analytics, pour évoquer l’utilisation de l’IA dans la lutte contre la désinformation, un enjeu devenu central dans le débat public.
Au-delà de la France, c’est l’ensemble de la zone euro qui pourrait être affecté par un emballement de la dette. La Banque centrale européenne (BCE) a déjà indiqué qu’elle suivait de près l’évolution des spreads souverains, ces écarts de taux entre les États membres. Une fragmentation accrue des conditions de financement risquerait de compliquer la tâche de la BCE, déjà sous pression pour maintenir la stabilité financière. « Le risque systémique n’est pas nul », a rappelé Raphaël Legendre. « Si plusieurs grands pays devaient simultanément faire face à des difficultés de financement, les conséquences pourraient être bien plus graves que lors de la crise de la zone euro en 2012. »
D'après le rapport 2026 de la Banque des règlements internationaux (BRI), les États-Unis, le Japon, la France et l'Italie figurent parmi les pays les plus vulnérables en raison de leur niveau d'endettement élevé et de leur ratio dette/PIB dépassant les 100 %. La BRI souligne que ces économies, bien que différentes par leur taille, partagent une trajectoire budgétaire insoutenable à moyen terme si aucune correction n'est engagée.
Une crise de la dette en France pourrait se traduire par une hausse brutale des taux d'intérêt, rendant le service de la dette insoutenable. Les investisseurs pourraient exiger des rendements bien plus élevés, ce qui alourdirait encore le déficit public. À terme, une dégradation de la note souveraine de la France par les agences de notation entraînerait une hausse des coûts d'emprunt pour l'État, les entreprises et les ménages. Une telle situation pourrait aussi fragiliser les banques françaises, très exposées aux titres d'État, et provoquer un ralentissement économique durable.