On ne compte plus les conseils prodigués aux parents pour favoriser l’épanouissement de leurs enfants. Pourtant, selon Top Santé, certains éloges apparemment anodins pourraient, à l’inverse, alimenter leur anxiété. Deux mots en particulier, utilisés machinalement, seraient à proscrire pour ne pas nuire à leur bien-être psychologique.
Ce qu'il faut retenir
- Deux mots, « parfait » et « génial », seraient contre-productifs selon des psychologues interrogés par Top Santé.
- Ces termes, souvent employés pour féliciter, pourraient renforcer la pression de performance chez l’enfant.
- Les spécialistes recommandent des formulations centrées sur l’effort plutôt que sur le résultat absolu.
- Une approche qui s’inscrit dans les travaux récents sur la psychologie de l’enfant et la gestion des émotions.
D’après Top Santé, ces deux termes – « parfait » et « génial » – seraient régulièrement pointés du doigt par les professionnels de la petite enfance. Leur utilisation répétée, bien que souvent bien intentionnée, pourrait en effet envoyer un message ambigu à l’enfant. « Ces mots, bien que flatteurs, sous-entendent une forme de perfection inaccessible, ce qui peut générer chez l’enfant une peur de l’échec ou une anxiété face aux attentes », explique une psychologue citée par le magazine.
L’enjeu n’est pas mince. Plusieurs études récentes en psychologie développementale montrent que les enfants exposés à ce type de feedback développent plus fréquemment un sentiment d’insécurité. « On observe que les enfants félicités pour leur intelligence ou leurs résultats finissent par éviter les défis par crainte de ne plus être à la hauteur », précise-t-elle. Une dynamique qui contraste avec les bénéfices attendus de l’encouragement parental.
Une pédagogie de l’effort plutôt que du résultat
Plutôt que de souligner la perfection d’un dessin ou la justesse d’une réponse, les experts interrogés par Top Santé conseillent de mettre en avant l’effort fourni. « Tu as beaucoup travaillé sur ce projet, bravo ! » ou « J’admire ta persévérance » seraient des alternatives plus constructives. Ces formulations valorisent le processus plutôt que le résultat final, un changement de perspective qui favorise la résilience.
Ce conseil s’inscrit dans une tendance plus large en psychologie éducative, popularisée par des chercheurs comme Carol Dweck, auteure de la théorie de l’état d’esprit de développement. Selon elle, les enfants qui perçoivent leurs capacités comme malléables – et non comme figées – sont moins enclins à la peur de l’échec. Autant dire que l’enjeu dépasse le simple choix des mots.
Le piège des éloges conditionnels
Un autre écueil mis en lumière par Top Santé concerne les éloges conditionnels, comme « Tu es si intelligent ! ». Ces phrases, bien que positives en apparence, associent la valeur de l’enfant à un résultat immédiat. « Cela peut conduire l’enfant à douter de lui dès qu’il rencontre une difficulté, car il associe son intelligence à la réussite », souligne une psychologue clinicienne.
Pour éviter ce piège, les spécialistes recommandent des formulations neutres ou axées sur l’effort. Par exemple, « Tu as réussi ce problème, tu dois être fier de toi » évite de figer l’enfant dans une identité de « bon élève ». Une subtilité qui, selon eux, fait toute la différence sur le long terme.
En attendant, les psychologues invitent les parents à observer leurs propres réflexes verbaux. Un exercice de prise de conscience qui, bien que simple, pourrait transformer durablement l’équilibre émotionnel de leurs enfants.
D’après les experts interrogés par Top Santé, il est préférable d’éviter les comparaisons (« Tu es meilleur que ton frère »), les minimisations (« Ce n’est pas grave, ce n’est qu’un jeu ») et les critiques déguisées (« Tu pourrais faire mieux si tu voulais »). L’objectif est de privilégier un langage qui encourage sans juger, en se focalisant sur les efforts plutôt que sur les résultats.
