La Police nationale espagnole a récupéré deux œuvres majeures du XVIIe siècle, attribuées au peintre sévillan Lucas Valdés, qui avaient disparu près d’un siècle plus tôt après leur prêt pour une exposition internationale. Selon Euronews FR, ces tableaux avaient été confiés en 1929 à l’Exposition ibéro-américaine de Séville avant de ne jamais être restitués à leur propriétaire légitime, l’Hôpital des Vénérables Prêtres de Séville.

Ce qu’il faut retenir

  • Deux œuvres perdues depuis 96 ans : les tableaux, des huiles sur panneau de pin ovales représentant des scènes bibliques, avaient disparu après 1930, date de la fin de l’Exposition ibéro-américaine.
  • Une enquête lancée en septembre 2025 : le ministère de la Culture espagnol a alerté la Police nationale après avoir repéré ces œuvres dans le catalogue d’une maison de ventes aux enchères.
  • Des tableaux identifiés grâce à leur provenance : les investigations ont confirmé leur authenticité et leur lien avec l’église de l’Hôpital des Vénérables Prêtres.
  • Restitution obtenue après médiation : les détenteurs des œuvres ont finalement accepté de les rendre après des échanges avec l’archevêché de Séville.
  • Cérémonie officielle le 20 mai 2026 : les deux tableaux ont été officiellement restitués lors d’une remise solennelle à l’église de l’Hôpital.

Des œuvres emblématiques du patrimoine sévillan

Les deux peintures, réalisées par Lucas Valdés (1661-1725), figuraient parmi les éléments décoratifs du maître-autel de l’église de l’Hôpital des Vénérables Prêtres. Leur forme ovale et leur support en panneau de pin étaient caractéristiques de la production artistique sévillane du XVIIe siècle. Selon les archives, ces tableaux avaient été prêtés en 1929 pour participer à l’Exposition ibéro-américaine, un événement majeur organisé à Séville pour célébrer les liens culturels entre l’Espagne et ses anciennes colonies.

À l’issue de l’exposition, en 1930, les œuvres auraient dû être retournées à leur propriétaire. Pourtant, aucune trace de leur retour n’a été retrouvée, laissant planer le mystère sur leur disparition pendant près d’un siècle. Leur réapparition récente tient presque du hasard : elles figuraient dans le catalogue d’une vente aux enchères programmée à l’automne 2025, une information signalée au ministère de la Culture par l’archidiocèse de Séville.

Une enquête minutieuse pour retrouver la trace des œuvres

Dès septembre 2025, la Brigade du patrimoine historique de la Police nationale espagnole a lancé une enquête pour vérifier la provenance des tableaux. Les agents ont rapidement établi un lien entre les œuvres proposées à la vente et celles disparues en 1930. Une fois leur authenticité confirmée, les autorités ont procédé à une saisie conservatoire afin d’empêcher leur vente et de préserver leur intégrité.

Les investigations ont permis d’identifier les détenteurs des tableaux. Ceux-ci ont été informés des démarches engagées pour prouver leur appartenance légale à l’Hôpital des Vénérables Prêtres. Une médiation a ensuite été engagée entre les propriétaires actuels et l’archevêché de Séville, sous l’égide du ministère de la Culture. Après plusieurs semaines de négociations, une restitution à l’amiable a été trouvée, évitant ainsi un contentieux judiciaire.

Une restitution symbolique dans l’église de l’Hôpital

Le 20 mai 2026, une cérémonie officielle a marqué le retour définitif des deux tableaux à l’église de l’Hôpital des Vénérables Prêtres. L’événement, organisé en présence des autorités locales et religieuses, a souligné l’importance de ces œuvres pour le patrimoine culturel sévillan. « Ces peintures ne sont pas de simples objets d’art, elles font partie de notre histoire et de notre mémoire collective », a déclaré un représentant de l’archevêché lors de la remise.

L’Hôpital des Vénérables Prêtres, fondé au XVIIe siècle pour accueillir les prêtres âgés ou malades, abrite aujourd’hui un musée et une collection d’art religieux. La récupération de ces tableaux permettra de reconstituer une partie de sa décoration d’origine, aujourd’hui dispersée ou disparue. Pour les spécialistes, cette restitution est aussi l’occasion de réévaluer le rôle de Lucas Valdés dans l’art baroque espagnol, un peintre longtemps éclipsé par son contemporain, Murillo.

Et maintenant ?

La prochaine étape consistera à expertiser les œuvres pour évaluer leur état de conservation après près d’un siècle de disparition. Les responsables du musée de l’Hôpital des Vénérables Prêtres devraient également lancer une étude historique pour retracer le parcours exact des tableaux entre 1930 et leur redécouverte en 2025. Enfin, les autorités espagnoles pourraient renforcer les contrôles sur les prêts d’œuvres religieuses pour éviter de nouveaux cas de disparition.

Cette affaire soulève également des questions sur la circulation des biens culturels en Europe, où des œuvres prêtées pour des expositions internationales disparaissent parfois sans laisser de trace. Les prochaines semaines diront si d’autres tableaux disparus dans les mêmes circonstances pourraient refaire surface.

Ils faisaient partie de la collection de l’église de l’Hôpital des Vénérables Prêtres, qui a accepté de les prêter pour l’Exposition ibéro-américaine de Séville, un événement culturel et politique majeur organisé pour célébrer les liens entre l’Espagne et l’Amérique latine.

Les tableaux vont subir une expertise pour évaluer leur état de conservation. Ils devraient ensuite être réintégrés à la collection permanente de l’église de l’Hôpital des Vénérables Prêtres, où ils pourront être étudiés par des historiens de l’art.