Une génération de diplômés issus des grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs se retrouve aujourd’hui au chômage, malgré des parcours académiques et professionnels souvent impeccables. Selon Le Figaro, cette situation inédite s’explique en partie par la révolution technologique en cours, notamment l’intelligence artificielle, qui bouleverse les secteurs du conseil, de la finance et de la stratégie. Ces jeunes, qui ont multiplié les stages et parfois occupé des postes stables pendant deux ou trois ans, se retrouvent aujourd’hui en difficulté pour rebondir.
Ce qu'il faut retenir
- Des diplômés de grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs, souvent avec plusieurs années d’expérience, se retrouvent sans emploi après avoir été licenciés ou avoir quitté leur poste.
- Le marché du travail dans les secteurs du conseil, de la finance et de la stratégie est profondément transformé par l’intelligence artificielle et les nouvelles attentes des entreprises.
- Certains de ces jeunes retournent vivre chez leurs parents et bénéficient d’une période de chômage de dix-huit mois pour se repositionner, mais le marché ne leur offre pas de nouvelles opportunités.
- Les discussions entre ces diplômés reflètent une prise de conscience : leur diplôme et leur expérience ne garantissent plus un emploi stable.
Des profils solides confrontés à un marché en mutation
Ces jeunes ont suivi un parcours exigeant : études dans des établissements prestigieux, stages répétés, parfois des contrats longs dans des cabinets de conseil ou des banques d’affaires. Pourtant, depuis quelques mois, leur situation professionnelle se dégrade. Certains ont quitté leur premier emploi pour évoluer, d’autres ont profité de ruptures conventionnelles offertes par leurs employeurs. Aujourd’hui, ils se retrouvent sans solution, malgré leurs efforts pour postuler activement. Selon Le Figaro, cette situation était « absolument pas prévue » par ces profils, habitués à des parcours linéaires et réussis.
Parmi eux, des histoires individuelles illustrent cette tendance. L’un d’eux raconte avoir envoyé 270 CV via LinkedIn sans obtenir de réponse. Un autre évoque une blague récurrente entre anciens camarades : « Tu n’es pas bon, tu seras remplacé en premier ». Ces propos, bien que formulés avec humour, traduisent une angoisse partagée : leur valeur professionnelle est remise en cause par des outils technologiques de plus en plus performants.
L’intelligence artificielle, un accélérateur de changements
Le secteur du conseil, autrefois terre promise des jeunes diplômés, est particulièrement touché par cette transformation. Les tâches autrefois réalisées par des juniors — analyses stratégiques, présentations, modélisations financières — sont désormais automatisées ou réalisées par des outils d’IA. Les entreprises n’ont plus besoin d’embaucher des profils juniors pour des missions répétitives. Selon Le Figaro, cette évolution explique en partie pourquoi ces diplômés, pourtant brillants, peinent à retrouver un emploi correspondant à leur niveau de formation.
Dans la finance et la stratégie, les attentes ont également évolué. Les recruteurs recherchent désormais des profils capables de gérer des outils technologiques avancés ou de piloter des projets innovants. Or, ces compétences ne sont pas toujours enseignées dans les cursus classiques des grandes écoles. Résultat : ces jeunes, malgré leur excellence académique, se retrouvent en décalage avec les besoins du marché.
Un retour en arrière difficile à accepter
Pour beaucoup, cette situation s’accompagne d’un sentiment d’injustice. Après des années d’efforts, ils se retrouvent contraints de retourner vivre chez leurs parents, une étape qu’ils n’avaient pas anticipée. Certains bénéficient d’une période de chômage de dix-huit mois, financée par l’assurance-chômage, pour se former ou se reconvertir. Pourtant, même cette marge de manœuvre semble insuffisante. Selon Le Figaro, le marché du travail ne leur propose pas de solutions adaptées, et leur espoir de rebondir s’amenuise.
Les secteurs traditionnellement porteurs pour les jeunes diplômés — le conseil en stratégie, la finance d’entreprise, l’audit — ne recrutent plus avec la même intensité. Les cabinets de conseil réduisent leurs effectifs juniors, tandis que les banques automatisent les processus d’analyse. Pour ces jeunes, la perspective de retrouver un emploi stable à court terme semble de plus en plus lointaine.
Cette situation pose une question de fond : dans un monde où la technologie redéfinit les compétences nécessaires, le diplôme reste-t-il un passeport pour l’emploi ? Pour l’instant, la réponse n’est pas évidente.
Selon Le Figaro, les secteurs du conseil en stratégie, de la finance et de la stratégie d’entreprise sont particulièrement affectés. Ces domaines, autrefois très demandeurs de jeunes diplômés, voient leurs processus de recrutement et leurs besoins évoluer radicalement sous l’effet de l’intelligence artificielle et de l’automatisation.
Plusieurs pistes sont envisagées : la formation continue aux nouvelles technologies (IA, data, outils digitaux), la reconversion vers des métiers en tension, ou encore la création d’entreprise. Cependant, ces solutions nécessitent un accompagnement adapté, que les dispositifs actuels ne garantissent pas encore pour tous.