Depuis 2015 et la sortie d’Until Dawn, le studio britannique Supermassive Games s’est imposé comme une référence du jeu narratif horrifique. Avec sa collection The Dark Pictures Anthology, il a multiplié les aventures à choix multiples, inspirées des codes du cinéma d’horreur. Après Man of Medan (2019), Little Hope (2020), House of Ashes (2021) et The Devil in Me (2022), le studio revient en 2026 avec Directive 8020, premier opus d’une nouvelle saison annoncée pour la saga. Mais ce cinquième volet marque une rupture avec les précédents titres, comme l’analyse Numerama dans son test.

Ce qu'il faut retenir

  • Directive 8020 est le cinquième titre de la collection The Dark Pictures Anthology, sortie en 2026 après une pause de plusieurs années.
  • Le jeu abandonne le narrateur historique de la série, qui commentait les choix des joueurs entre chaque segment.
  • L’intrigue se déroule à bord du vaisseau Cassiopeia, en route vers la planète Tau Ceti f, dans un contexte de mission pour « sauver l’humanité » (la Terre étant en déclin).
  • L’ambiance mêle science-fiction et horreur, avec des effets visuels et sonores salués, mais des animations parfois rigides.
  • Le système d’embranchements narratifs, permettant de revenir en arrière, est critiqué pour son manque de tension et ses spoilers intégrés.
  • Un mode « Survie » propose une expérience plus classique, sans possibilité de modifier le récit en temps réel.
  • L’intelligence artificielle des ennemis extraterrestres est jugée prévisible, et les phases d’infiltration manquent d’impact.

Une nouvelle saison pour The Dark Pictures Anthology

Supermassive Games a marqué une pause dans la sortie de nouveaux titres de The Dark Pictures Anthology afin de préparer une refonte complète de la série. Avec Directive 8020, le studio propose ainsi un opus qui rompt avec les codes établis depuis 2019. « On ne retrouve pas le narrateur qui commentait nos choix entre chaque segment », souligne Numerama. Cette absence installe d’emblée le jeu dans une logique d’aventure indépendante, avec ses forces et ses faiblesses.

L’histoire prend place à bord du vaisseau Cassiopeia, en route vers la planète Tau Ceti f, dans un contexte de mission désespérée pour « sauver l’humanité ». La Terre, en déclin, envoie une équipe sur cette exoplanète pour y établir une colonie. Mais la mission tourne au cauchemar lorsque l’équipage est confronté à une menace extraterrestre capable de mimer ses victimes, semant la paranoïa et les rebondissements.

Une ambiance soignée, mais des animations perfectibles

Directive 8020 mise sur une ambiance sombre, claustrophobe et horrifique, inspirée par des œuvres comme Alien, The Thing ou Life : Origine inconnue. Le studio exploite habilement les poncifs du genre, avec un rendu graphique basé sur le moteur Unreal Engine 5. Si certains mouvements des personnages apparaissent rigides et brisent l’immersion, les effets de lumière et les textures sont salués pour leur qualité cinématographique. « Les effets de lumière sont particulièrement saisissants, imprégnant l’atmosphère de quelques fausses lueurs d’espoir », précise Numerama.

Le design sonore, tantôt oppressant, tantôt angoissant, renforce cette immersion. Le jeu s’appuie sur une patte visuelle propre au genre, avec une direction artistique soignée. Pourtant, malgré ces atouts, certains éléments techniques freinent l’immersion, comme des animations jugées trop mécaniques.

Un système de choix contesté : entre rejouabilité et absence de tension

Comme dans les précédents opus de la collection, Directive 8020 repose sur un système de choix narratifs, où les joueurs doivent tenter de sauver un maximum de personnages. Pour cela, il faut anticiper les conséquences de ses actes et réussir des QTE (Quick Time Events) aux moments clés. Pourtant, le jeu introduit une mécanique d’embranchements qui permet de revenir en arrière et de modifier le récit en temps réel. « C’est un non-sens total », estime Numerama, car cette fonctionnalité annule toute forme de responsabilité narrative.

Le problème est aggravé par le fait que l’écran des embranchements est rempli de spoilers, indiquant clairement les options à privilégier pour explorer telle ou telle branche de l’histoire. « Donner l’autorisation d’annuler un choix revient à rendre absolument tout futile », commente Numerama, qui compare la situation à Detroit: Become Human de Quantic Dream, où le système est mieux maîtrisé. Cette approche, censée encourager la rejouabilité, finit par priver le jeu de sa tension narrative.

Le mode Survie, une bouffée d’air frais

Face à ces critiques, Directive 8020 propose un mode alternatif baptisé « Survie ». Ce mode permet de vivre une expérience plus classique, où chaque choix compte vraiment. « On vous recommande de jouer d’abord avec cette option, à condition de ne pas vous aventurer dans la page des embranchements », conseille Numerama. Le mode Survie offre une expérience plus immersive, sans possibilité de revenir en arrière, ce qui rend chaque décision plus pesante.

En revanche, une fois le premier passage terminé (entre six et huit heures pour les huit chapitres), les joueurs peuvent explorer les flashbacks et les différentes branches narratives. Cette structure permet de découvrir l’intégralité de l’histoire, mais au prix d’une perte de tension pour les premiers runs.

L’infiltration, un concept mal exploité

Pour varier les plaisirs, Directive 8020 intègre des phases d’infiltration censées renforcer la tension entre les dialogues. L’idée est intéressante sur le papier, mais son exécution déçoit. D’abord, l’intelligence artificielle des extraterrestres est jugée « très mécanique » et « prévisible », comme dans les jeux d’il y a quinze ans. Ensuite, le jeu ne sanctionne pas suffisamment les erreurs : en cas de détection, un QTE apparaît, et une simple réussite permet de s’échapper sans conséquence.

« Le cas échéant s’enclenche en effet un QTE assez facile à réaliser […] La créature sera alors étourdie quelques secondes, un laps de temps suffisant pour s’échapper et tracer sa route », explique Numerama. Cette mécanique affaiblit considérablement la tension, puisque les joueurs peuvent se permettre des erreurs sans risque réel.

Et maintenant ?

Avec Directive 8020, Supermassive Games semble vouloir prendre un nouveau cap pour The Dark Pictures Anthology. Pourtant, le jeu reste en deçà des attentes, avec des mécaniques narratives perfectibles et une exécution technique inégale. La prochaine étape pour le studio consistera probablement à corriger ces défauts pour offrir une expérience plus aboutie dans les futurs opus. Reste à savoir si cette refonte séduira les fans de la série, habitués aux choix et à la tension narrative.

En attendant, Directive 8020 reste un jeu à découvrir, notamment pour son ambiance et ses références cinématographiques. Mais pour ceux qui recherchent une expérience horrifique authentique, le mode Survie pourrait bien être la meilleure option.

Directive 8020 abandonne le narrateur historique de la série, qui commentait les choix des joueurs, et introduit un système d’embranchements narratifs permettant de revenir en arrière, ce qui annule en partie la tension des choix.

Oui. Le mode Survie propose une expérience où chaque choix compte vraiment, sans possibilité de revenir en arrière, ce qui rend le récit plus intense et immersif.