Une dissolution de l’Assemblée nationale avant l’élection présidentielle de 2027 pourrait contraindre les partis politiques à s’inscrire dans une logique d’alliances et de programmes communs, plutôt que de privilégier des postures électoralistes, estime François Galichet. Dans une tribune publiée par Le Monde - Politique, ce professeur émérite de philosophie souligne que ce scénario imposerait aux candidats une discipline parlementaire inédite.
Ce qu'il faut retenir
- Une dissolution anticipée obligerait les partis à négocier des programmes communs avant l’élection présidentielle de 2027.
- François Galichet, professeur émérite de philosophie, défend cette thèse dans une tribune publiée au Monde - Politique.
- Les candidats seraient tenus de respecter les règles du jeu parlementaire plutôt que de se disperser sur des enjeux secondaires.
Une dissolution pour recentrer le débat politique
François Galichet, dont les travaux portent notamment sur la philosophie politique, explique que la perspective d’élections législatives anticipées transformerait radicalement la campagne présidentielle. Selon lui, les partis devraient d’abord s’accorder sur des propositions concrètes pour obtenir une majorité à l’Assemblée, évitant ainsi les promesses électorales trop ciblées ou les postures idéologiques stériles. « Les candidats seraient contraints de se plier aux règles du jeu parlementaire plutôt que de se perdre dans des questions secondaires », écrit-il dans sa tribune.
Cette analyse s’inscrit dans un contexte où l’exécutif pourrait, en cas de crise politique, dissoudre l’Assemblée nationale avant le scrutin présidentiel prévu en avril 2027. Une telle décision, qui relève du pouvoir présidentiel, modifierait profondément la donne électorale en recentrant le débat sur des enjeux de gouvernance et de cohérence programmatique.
Un forcing parlementaire pour éviter les blocages
Pour François Galichet, l’avantage d’une dissolution résiderait dans la nécessité pour les partis de former des alliances stables avant même l’élection. « On assisterait à un forcing parlementaire où chaque force politique devrait négocier pour éviter une fragmentation excessive de l’Assemblée », précise-t-il. Cette dynamique pourrait, selon lui, limiter les divisions stériles et favoriser l’émergence de compromis concrets.
L’argumentaire du philosophe s’appuie sur l’idée que les élections législatives servent traditionnellement à valider ou corriger une politique, et non à lancer des mandats présidentiels sans ancrage parlementaire. Une dissolution anticipée forcerait donc les candidats à anticiper les contraintes institutionnelles, plutôt que de miser sur des promesses démagogiques ou des programmes irréalistes.
« Les candidats seraient contraints de se plier aux règles du jeu parlementaire plutôt que de se perdre dans des questions secondaires. »
— François Galichet, professeur émérite de philosophie
Cette tribune de François Galichet intervient alors que le débat sur l’utilité d’une dissolution avant 2027 s’intensifie, certains y voyant un moyen de clarifier le paysage politique, d’autres une manœuvre risquée pour l’exécutif. Le président de la République n’a pour l’instant pas confirmé ou infirmé cette hypothèse, mais la question pourrait resurgir en cas de crise gouvernementale ou de tensions persistantes avec la majorité parlementaire.
Une dissolution entraînerait la convocation de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours suivant la décision. Les partis devraient alors présenter des candidats dans chaque circonscription, avec un programme validé par leurs instances, afin de maximiser leurs chances de former une majorité. Cela limiterait la durée de la campagne présidentielle, qui se déroulerait dans un contexte électoral déjà tendu.