Le compte officiel de la Maison-Blanche a marqué le dixième anniversaire de la mort du gorille Harambe par un hommage inhabituel, qualifiant l’animal d’« icône américaine » et de « véritable patriote ». Une publication qui a rapidement déclenché une vague de critiques sur les réseaux sociaux, selon Euronews FR.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 28 mai 2016, Harambe a été abattu au zoo de Cincinnati après qu’un enfant de trois ans soit tombé dans son enclos
  • Le gorille a sorti l’enfant du fossé avant d’être euthanasié pour « sauver sa vie », selon les responsables du zoo
  • Dix ans plus tard, le 28 mai 2026, la Maison-Blanche publie un hommage sur les réseaux sociaux saluant sa mémoire
  • Le message décrit Harambe comme une figure « devenue partie intégrante de la culture internet et américaine »
  • La publication a provoqué un tollé, certains internautes y voyant une preuve de la déconnexion de l’administration Trump

L’incident de 2016 avait rapidement dépassé le cadre des faits divers pour devenir un phénomène viral. Harambe, abattu par les soigneurs du zoo de Cincinnati après qu’un enfant de trois ans soit tombé dans son enclos, avait suscité une polémique mondiale. Le gorille avait sorti l’enfant du fossé avant d’être euthanasié pour éviter tout risque, une décision justifiée par la direction du zoo. Pourtant, l’affaire avait donné lieu à une avalanche de mèmes, de poèmes et de pétitions en ligne, dont la plus connue, « Justice for Harambe », avait recueilli des millions de signatures.

Dix ans plus tard, le 28 mai 2026, le compte officiel de la Maison-Blanche sur les réseaux sociaux a publié un message commémoratif surprenant. « Une légende et un véritable patriote », pouvait-on y lire en introduction, avant d’évoquer « une icône devenue partie intégrante de l’histoire d’internet, de la culture américaine et de la chronologie d’une génération entière ». Le texte soulignait également le rôle de Harambe comme « symbole de loyauté, de force, de chaos, d’unité » et de cette « étrange beauté d’internet qui rassemble des millions de personnes ».

« Tout le monde se souvient de l’endroit où il se trouvait lorsqu’il a appris la nouvelle. Et, d’une manière ou d’une autre, dix ans plus tard, son héritage est toujours vivant. Parti, mais jamais oublié. Repose en paix, véritable patriote. »

La publication a immédiatement suscité l’ironie et les moqueries sur la plateforme X (ex-Twitter), où de nombreux internautes y ont vu une preuve supplémentaire de l’absurdité perçue de l’administration Trump. Certains ont rappelé que cette commémoration intervenait alors que les États-Unis étaient engagés dans une guerre en Iran et que le coût de la vie continuait d’augmenter. « Ravi de voir que la Maison-Blanche est on ne peut plus concentrée sur les grandes questions du moment », a ironisé un utilisateur, tandis qu’un autre écrivait : « Chaque fois que le monde commence à retrouver un semblant de normalité, ce putain de compte stupide doit nous rappeler que nous sommes coincés avec le régime Reddit pour encore trois ans. »

Donald Trump, alors candidat à la présidentielle, avait estimé en 2016 que les employés du zoo « n’avaient probablement pas le choix » face à la situation. Une déclaration qui avait elle aussi été largement moquée à l’époque. Aujourd’hui, cette nouvelle publication ravive les critiques sur le manque de sérieux perçu de l’administration actuelle, selon plusieurs observateurs.

Et maintenant ?

Si la polémique autour de cet hommage risque de s’essouffler rapidement, elle pourrait alimenter les débats sur la gestion des priorités par l’administration Trump. Aucune réaction officielle n’a pour l’instant été attendue de la Maison-Blanche, mais les critiques sur les réseaux sociaux devraient se poursuivre dans les prochains jours. Une chose est sûre : Harambe, lui, reste un symbole durable de la culture internet.

L’affaire Harambe avait marqué un tournant dans la façon dont les réseaux sociaux transforment un fait divers en phénomène mondial. En 2016, la mort du gorille avait généré une quantité astronomique de contenus en ligne, allant des mèmes aux hommages les plus sérieux. Dix ans après, son héritage numérique perdure, comme en témoigne l’hommage de la Maison-Blanche. Autant dire que l’animal, devenu bien malgré lui une icône, continue de faire parler de lui bien au-delà des enclos des zoos.

Sur le plan politique, cette publication pourrait être interprétée comme une tentative de l’administration Trump de se rapprocher des jeunes électeurs ou des internautes, un électorat clé en 2024 et 2026. Pourtant, l’effet obtenu semble inverse, avec une avalanche de critiques soulignant le décalage entre cette commémoration et les enjeux géopolitiques et économiques actuels. Bref, côté réseaux sociaux, la polémique est loin d’être éteinte.

Harambe est devenu une icône internet après son euthanasie en 2016, lorsque la vidéo de l’incident et les débats sur la responsabilité du zoo ont circulé massivement en ligne. La polémique a donné lieu à des milliers de mèmes, de parodies et de pétitions, transformant l’animal en symbole culturel.

L’affaire Harambe avait principalement servi de catalyseur pour des débats sur la gestion des zoos et la sécurité des animaux, sans impact direct sur le scrutin de 2016. En revanche, les déclarations de Donald Trump sur l’incident avaient été largement moquées, alimentant l’image d’une campagne perçue comme déconnectée.