Dix ans après le référendum britannique du 23 juin 2016, qui a scellé la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, le débat sur les conséquences du Brexit reste vif au sein des institutions européennes. Selon Euronews FR, les eurodéputés Barry Andrews (Renew Europe) et Sander Smit (Conservateurs et réformistes européens) ont confronté leurs visions lors d’un débat diffusé dans l’émission The Ring, illustrant les divisions persistantes sur l’impact du Brexit, tant pour l’UE que pour Londres.
Ce qu'il faut retenir
- Le référendum sur le Brexit a eu lieu le 23 juin 2016.
- Barry Andrews, eurodéputé irlandais, qualifie le Brexit de « catastrophe totale » pour le Royaume-Uni.
- Sander Smit, eurodéputé néerlandais, estime que l’absence du Royaume-Uni prive l’UE d’une « voix cruciale » en matière de discipline budgétaire.
- Le débat s’est focalisé sur l’opportunité d’un éventuel retour du Royaume-Uni dans l’UE.
- Selon Barry Andrews, le Brexit aurait paradoxalement renforcé le soutien à l’Union européenne.
Un bilan contrasté pour le Royaume-Uni et l’UE
Pour Barry Andrews, élu irlandais membre du groupe Renew Europe, le Brexit s’apparente à une erreur stratégique majeure. Dans les colonnes d’Euronews FR, il évoque une « catastrophe totale » pour le Royaume-Uni, pointant du doigt les années d’instabilité politique et les difficultés économiques consécutives au référendum. « Plus personne ne cherche à quitter l’Union européenne », a-t-il souligné, suggérant que le Brexit a finalement galvanisé le projet européen plutôt que de l’affaiblir. Ses arguments s’appuient sur les turbulences traversées par Londres depuis 2016 : crises gouvernementales à répétition, tensions sur l’Irlande du Nord, et ralentissement économique relatif par rapport à ses partenaires européens.
À l’inverse, Sander Smit, eurodéputé néerlandais affilié aux Conservateurs et réformistes européens, défend une thèse opposée. Pour lui, l’Union européenne pâtit encore de l’absence du Royaume-Uni, dont la voix aurait été déterminante en faveur d’une discipline budgétaire et financière plus stricte. Il met en garde contre une Europe « plus centralisée » et plaide pour un « partenariat renforcé » entre Bruxelles et Londres. « Notre avenir passe par un partenariat renforcé », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de « dépasser le passé » et de collaborer en tant qu’alliés naturels et souverains.
Le Brexit a-t-il rendu l’Europe plus forte ou plus faible ?
Le débat organisé dans The Ring — émission présentée par Méabh Mc Mahon et produite par Luis Albertos Altarejos et Amaia Echevarria — a mis en lumière les fractures idéologiques au sein même du Parlement européen. D’un côté, Barry Andrews incarne la thèse d’une Europe plus résiliente après le Brexit, où la menace d’une sortie aurait servi d’électrochoc pour les États membres. De l’autre, Sander Smit incarne une vision pragmatique, estimant que l’UE a perdu un partenaire clé, notamment sur les questions économiques et commerciales.
Les arguments économiques avancés par les deux camps reflètent ces divergences. Pour les partisans d’une Europe renforcée, le Brexit a permis de montrer que l’UE pouvait survivre à un départ majeur, tout en accélérant des réformes internes. À l’inverse, ses détracteurs rappellent que le Royaume-Uni, malgré ses difficultés post-Brexit, reste un acteur économique majeur en Europe, avec des liens commerciaux et financiers encore étroits avec le continent. La question de la souveraineté européenne, souvent brandie pour justifier le Brexit, est ainsi retournée contre ses défenseurs par ses opposants.
L’hypothèse d’un retour du Royaume-Uni dans l’UE : un tabou levé ?
Un autre volet du débat a porté sur la possibilité, un jour, d’un retour du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Barry Andrews a balayé cette hypothèse, affirmant que « plus personne ne cherche à quitter l’Union européenne ». Selon lui, le Brexit a servi d’avertissement aux autres États membres, dissipant les velléités de sortie. Il cite en exemple les mouvements eurosceptiques en France, aux Pays-Bas ou en Italie, qui ont perdu en influence depuis 2016.
Sander Smit, en revanche, n’écarte pas totalement cette possibilité, bien qu’il la juge peu probable à court terme. Pour lui, le Royaume-Uni et l’UE ont tout intérêt à travailler ensemble, quitte à imaginer une forme de coopération renforcée, voire une réintégration progressive. Il a rappelé que les liens historiques et géopolitiques entre les deux rives de la Manche rendraient absurde une rupture définitive. « Que le Royaume-Uni et les pays de l’UE dépassent le passé et travaillent ensemble », a-t-il plaidé, sans préciser de calendrier ou de modalités concrètes.
Alors que le Brexit entre dans sa dixième année, ses conséquences continuent de structurer les relations européennes. Si le débat de The Ring a montré que les lignes de fracture persistent, il a aussi révélé une forme de réalisme : l’UE et le Royaume-Uni, malgré leurs divergences, n’ont d’autre choix que de coexister. La question n’est plus de savoir si le Brexit a affaibli ou renforcé l’Europe, mais comment les deux parties peuvent en tirer les leçons pour l’avenir.
Selon les eurodéputés Barry Andrews et Sander Smit, évoqués par Euronews FR, cette hypothèse reste peu probable à court ou moyen terme. Andrews estime que « plus personne ne cherche à quitter l’Union européenne », tandis que Smit plaide pour un partenariat renforcé sans évoquer une adhésion formelle. Les prochaines élections générales britanniques, prévues en 2029, pourraient cependant relancer le débat, notamment en cas d’un changement de gouvernement favorable à une révision des accords post-Brexit.