Les indicateurs économiques américains se dégradent à quelques semaines de l’échéance électorale, alors que Donald Trump voit son bilan économique s’alourdir. Selon BFM Business, les dernières données publiées ce jeudi 28 mai 2026 révèlent un net recul de la croissance, une accélération du chômage et une inflation qui atteint son plus haut niveau depuis près de trois ans. Autant de signaux qui pourraient fragiliser la position du président américain dans l’opinion publique, alors que sa cote de popularité a déjà atteint un point bas en mai.

Ce qu'il faut retenir

  • La croissance américaine a été révisée à la baisse à 1,6 % en rythme annuel au premier trimestre 2026, contre 2 % initialement annoncé.
  • Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont atteint 215 000 la semaine du 23 mai, soit une hausse par rapport aux 210 000 (révisé) de la semaine précédente.
  • L’inflation, mesurée par l’indice PCE, a grimpé à 3,8 % sur un an en avril, un niveau inédit depuis mai 2023.
  • Le nombre de personnes percevant des indemnités chômage s’élève à 1,786 million pour la semaine du 16 mai, en légère hausse par rapport aux semaines précédentes.

Un PIB en dessous des attentes : la croissance américaine revu à 1,6 %

Les révisions des chiffres de croissance du produit intérieur brut (PIB) américain pour le premier trimestre 2026 sont venues confirmer les craintes d’un ralentissement économique. Selon le département du Commerce, la croissance n’a finalement atteint que 1,6 % en rythme annuel, alors que l’estimation initiale tablait sur 2 %. Les analystes, qui anticipaient un statu quo, ont été surpris par cette baisse, attribuée à une consommation des ménages moins dynamique et à des investissements privés moins élevés que prévu. BFM Business souligne que cette révision intervient dans un contexte où les marchés et les économistes tablaient sur une croissance plus robuste pour soutenir la reprise.

Cette dégradation du PIB intervient alors que Donald Trump a récemment réaffirmé que les enjeux économiques ne devaient pas influencer les négociations avec l’Iran. Pourtant, ces mauvais indicateurs risquent d’alimenter les critiques sur sa gestion économique, alors que les États-Unis restent engagés dans des tensions géopolitiques coûteuses. Les analystes s’interrogent désormais sur la capacité de l’administration à redresser la barre avant l’élection de novembre.

Chômage : une tendance à la hausse confirmée par les chiffres officiels

Le marché du travail américain montre des signes de faiblesse, avec une augmentation des inscriptions au chômage. Selon les dernières données du département du Travail, 215 000 nouvelles inscriptions ont été enregistrées pour la semaine du 23 mai, contre 210 000 (révisé) la semaine précédente. Les économistes tablaient en moyenne sur 211 000 nouvelles demandes, un chiffre légèrement inférieur aux réalisations. La moyenne mobile sur quatre semaines s’établit désormais à 209 000 demandes, contre 202 725 la semaine précédente.

Le nombre de personnes percevant des indemnités chômage a également progressé, atteignant 1,786 million pour la semaine du 16 mai, contre 1,771 million (révisé) la semaine précédente. Ces chiffres, bien que encore modestes en comparaison historique, illustrent une tendance à l’aggravation, dans un contexte où le marché du travail était jusqu’alors considéré comme un point fort de l’économie américaine. Les économistes craignent que cette hausse ne se poursuive si la croissance venait à s’essouffler davantage.

Inflation : les prix à la consommation atteignent un pic depuis 2023

L’inflation reste le principal défi économique pour les ménages américains. Selon les dernières données publiées jeudi, l’indice des prix PCE (Personal Consumption Expenditures) a accéléré à 3,8 % sur un an en avril, un niveau qui n’avait plus été observé depuis mai 2023. Cette hausse est principalement tirée par l’envolée des prix de l’essence, qui pèsent lourdement sur le pouvoir d’achat des Américains. Un autre indicateur clé, l’indice CPI (Consumer Price Index), avait déjà signalé cette tendance quelques jours plus tôt, confirmant la pression inflationniste.

Cette inflation élevée complique la tâche de la Réserve fédérale (Fed), qui doit trouver un équilibre entre relance économique et maîtrise des prix. Les ménages, déjà fragilisés par des années de hausse des coûts, voient leur pouvoir d’achat s’éroder davantage. Pour Donald Trump, déjà en difficulté dans les sondages, cette situation pourrait aggraver son déficit d’image sur la gestion de l’économie, un thème central dans le débat public.

Un bilan économique qui pèse sur la popularité de Donald Trump

Ces mauvais indicateurs s’ajoutent à une liste déjà longue de défis pour l’administration Trump. Selon BFM Business, la cote de popularité du président a atteint un point bas en mai, reflétant l’inquiétude des Américains face à la dégradation de la situation économique. Les électeurs, qui avaient placé leur confiance dans sa capacité à relancer l’économie, pourraient désormais remettre en question ses choix politiques et économiques.

Les analystes soulignent que cette conjoncture économique intervient à un moment charnière, alors que les États-Unis restent engagés dans des tensions internationales, notamment avec l’Iran. Donald Trump avait pourtant affirmé que les enjeux économiques ne devaient pas influencer les négociations diplomatiques. Pourtant, avec une croissance en berne, un chômage en hausse et une inflation galopante, le président américain pourrait avoir du mal à convaincre sur sa capacité à redresser la situation avant l’élection de novembre 2026.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent cruciales pour l’administration Trump, alors que les marchés et les ménages attendent des signaux forts pour inverser la tendance. La Réserve fédérale (Fed) pourrait être amenée à ajuster sa politique monétaire lors de sa prochaine réunion, prévue début juin, pour tenter de calmer l’inflation sans étouffer davantage la croissance. Côté politique, Donald Trump devra probablement justifier ses choix économiques face à une opposition qui ne manquera pas de souligner ces contre-performances. Enfin, l’évolution des tensions avec l’Iran pourrait également jouer un rôle dans la perception de sa gestion économique par l’opinion publique.

Pour l’heure, les économistes restent prudents. Si la dégradation des indicateurs se poursuit, les États-Unis pourraient entrer dans une phase de ralentissement plus marquée, avec des conséquences potentielles sur l’emploi et la consommation. Reste à voir si l’administration Trump parviendra à inverser la vapeur avant que les électeurs ne se prononcent.

La révision à la baisse du PIB américain s’explique par une consommation des ménages moins dynamique et des investissements privés moins élevés que prévu, selon les données du département du Commerce publiées jeudi 28 mai 2026.