Imaginez un maire qui transforme une ville en déclin en laboratoire d'innovation. À Dunkerque, Patrice Vergriete a fait de ce pari une réalité. Et aujourd'hui, il repart en campagne sans adversaire sérieux. Pourquoi un tel succès ?

Un maire qui a tout changé

Ce jour de décembre 2025, sous les projecteurs de l'inauguration de Verkor, la première gigafactory de la future vallée dunkerquoise de la batterie électrique, Patrice Vergriete rayonne. Sa haute silhouette se faufile entre les personnalités politiques et économiques du coin. Un vrai caméléon, ce maire qui a réussi à fédérer tout le monde autour de son projet fou : redonner vie à un territoire industriel à l'agonie.

Quand il prend les rênes de la ville en 2014, Dunkerque est une ville fantôme. Les habitants fuient, les usines ferment les unes après les autres, le centre-ville ressemble à un champ de ruines commerciales. « Un vrai désastre », résume-t-il sobrement. Pourtant, en à peine deux mandats, il a retourné la situation. Comment ? En misant sur l'innovation et la coopération entre public et privé.

La revanche de l'enfant du pays

Patrice Vergriete n'est pas un arriviste. Dunkerquois pur jus, il a commencé sa carrière politique en 1995 sous la bannière de Michel Delebarre, l'ancien ministre socialiste. Mais en 2013, il claque la porte. « J'avais besoin de liberté pour agir », explique-t-il. En 2014, il se présente contre son ancien mentor et l'emporte haut la main à la tête d'une coalition de centre gauche.

Le truc, c'est qu'il ne s'arrête pas là. En 2020, il récidive. Dès le premier tour, il rafle 64 % des voix. Un plébiscite. Autant dire que les Dunkerquois lui font confiance. Et puis, côté opposition, on cherche encore. Pour l'instant, personne ne semble en mesure de lui faire de l'ombre.

Un modèle transpartisan

Le secret de Vergriete ? Sa capacité à rassembler. À Dunkerque, il n'est pas question de clivages politiques. « Ici, on travaille ensemble, point final », martèle-t-il. Résultat des courses : des projets pharaoniques comme la gigafactory de Verkor voient le jour. Une vraie révolution pour une ville qui avait perdu espoir.

Et puis, il y a cette obsession : transformer le territoire. « On ne peut pas rester les bras croisés », répète-t-il souvent. Alors, il agit. Et ça marche. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : depuis 2014, la ville a retrouvé des couleurs. Les usines rouvrent, les commerces aussi. Bref, Dunkerque renaît.

Et demain ?

Alors, Vergriete va-t-il continuer sur sa lancée ? Difficile de dire avec certitude. Une chose est sûre : pour l'instant, personne ne semble en mesure de lui barrer la route. Mais attention, en politique, rien n'est jamais acquis. On pourrait se demander si cette absence d'adversaire ne cache pas un manque d'intérêt pour la chose publique. Ou alors, est-ce simplement le signe que Vergriete a convaincu tout le monde de sa légitimité ?

Quoi qu'il en soit, une chose est sûre : Dunkerque a changé. Et ça, c'est déjà une victoire.

Patrice Vergriete a misé sur l'innovation et la coopération entre public et privé. Il a su fédérer autour de projets concrets comme la gigafactory de Verkor, redonnant ainsi espoir et dynamisme à la ville.

Plusieurs raisons possibles : soit les Dunkerquois sont satisfaits de l'action de leur maire, soit l'absence d'adversaire reflète un manque d'intérêt pour la politique locale. À moins que Vergriete n'ait tout simplement convaincu tout le monde de sa légitimité.