La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une épidémie de maladie à virus Ebola (MVE) causée par une souche rare, le virus Bundibugyo. Selon Courrier International, les autorités sanitaires locales avaient recensé, dès le 15 mai 2026, **246 cas suspects** et **80 décès**, avant que la situation ne s’aggrave brutalement en quelques jours seulement.
Ce qu'il faut retenir
- Le 25 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dénombrait **plus de 900 cas suspects**, dont **101 cas confirmés**, ainsi que **220 décès suspects**, selon Courrier International.
- La progression de l’épidémie est jugée « terrifiante » par les experts, en raison d’une accélération inhabituelle à un stade précoce de l’épidémie.
- Le virus Bundibugyo, plus rare que la souche Zaïre, circulerait depuis plusieurs semaines, avec un premier cas remontant possiblement au 20 avril 2026.
- Des témoignages recueillis sur les réseaux sociaux évoquent d’autres décès suspects, liés à un événement de contamination de masse survenu le 5 mai 2026.
- Les modélisations épidémiologiques, notamment celles de l’Imperial College London, suggèrent une transmission rapide et difficile à endiguer.
Une épidémie qui s’accélère plus vite que les précédentes
En moins de dix jours, entre le 15 et le 25 mai 2026, la situation a pris une tournure alarmante. D’après les chiffres communiqués par l’OMS, le nombre de cas suspects a été multiplié par plus de trois, passant de 246 à plus de 900. Le bilan provisoire des décès suspecte a lui aussi grimpé, atteignant **220 morts** contre 80 dix jours plus tôt. « Cette accélération, à un stade si précoce de la flambée épidémique, est jugée terrifiante par les experts », souligne The New York Times, cité par Courrier International.
Cette progression rapide contraste avec celle des précédentes épidémies d’Ebola en RDC, où la courbe des cas confirmés et des décès s’étalait généralement sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Les autorités sanitaires et les organisations internationales s’inquiètent d’une possible sous-estimation initiale des cas, en raison d’un virus moins connu que les souches habituellement rencontrées.
Un virus Bundibugyo en circulation depuis plusieurs semaines
Le virus Bundibugyo, identifié pour la première fois en Ouganda en 2007, est bien moins documenté que le virus Ebola Zaïre, responsable des épidémies les plus meurtrières en Afrique centrale. Pourtant, selon les enquêtes préliminaires, il circulerait en RDC depuis au moins la mi-avril 2026. Un décès survenu le 20 avril est actuellement considéré comme le premier cas de cette nouvelle flambée, bien que cette hypothèse reste à confirmer.
La revue scientifique britannique Nature, relayée par Courrier International, révèle que des témoignages publiés sur les réseaux sociaux évoquent d’autres décès suspects remontant à cette période. Ces signalements pourraient indiquer que la transmission du virus a commencé bien avant sa déclaration officielle par les autorités congolaises, le 15 mai. Une situation qui complique considérablement la tâche des équipes de surveillance épidémiologique.
Un événement de contamination de masse le 5 mai
Les enquêteurs de l’OMS et du ministère de la Santé congolais tentent d’identifier l’origine de cette propagation fulgurante. Selon les premières investigations, un événement survenu le 5 mai 2026 aurait joué un rôle clé dans la dissémination du virus. Bien que les détails de cet événement ne soient pas encore publics, des modélisations réalisées par l’Imperial College London suggèrent qu’un grand nombre de personnes auraient pu être exposées lors d’une même occasion. Les chercheurs estiment que cela pourrait expliquer la courbe exponentielle observée depuis.
Les autorités sanitaires redoutent que d’autres foyers de contamination ne soient encore à découvrir, notamment dans des zones rurales difficiles d’accès ou auprès de populations mobiles. La surveillance renforcée des frontières et des déplacements internes s’avère cruciale pour limiter la propagation, mais les défis logistiques restent immenses.
Un contexte épidémiologique sous haute tension
Cette flambée intervient alors que la RDC doit déjà faire face à plusieurs défis sanitaires majeurs, notamment des épidémies de choléra et de rougeole dans certaines provinces. L’accès limité aux soins dans certaines zones, couplé à des mouvements de population fréquents, rend la situation particulièrement complexe. Les organisations humanitaires insistent sur la nécessité d’une réponse intégrée, associant santé publique, logistique et communication communautaire pour endiguer l’épidémie avant qu’elle ne s’étende davantage.
Dans l’attente de résultats plus précis des enquêtes en cours, les experts rappellent que chaque heure compte. Les leçons tirées des précédentes épidémies d’Ebola, notamment celle de 2018-2020 en RDC, soulignent l’importance d’une action précoce et coordonnée pour éviter une catastrophe sanitaire.
La situation reste donc sous haute surveillance, tant à Kinshasa qu’à Genève, où le siège de l’OMS suit de près l’évolution de l’épidémie. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si cette flambée pourra être contenue ou si elle prendra une ampleur incontrôlable.
Le virus Bundibugyo est moins étudié que le virus Zaïre, responsable des épidémies les plus meurtrières en Afrique centrale. Sa capacité de transmission et sa létalité restent mal connues, ce qui rend sa gestion plus complexe. De plus, sa circulation en RDC depuis plusieurs semaines suggère une adaptation possible à de nouveaux environnements, augmentant les risques de propagation rapide.
Les autorités sanitaires prévoient de renforcer la surveillance épidémiologique, notamment en traçant les contacts des personnes infectées et en surveillant les mouvements de population. Une campagne de sensibilisation sera également lancée pour informer les populations sur les symptômes et les mesures de prévention. Enfin, l’OMS évalue la possibilité de déployer un vaccin expérimental si la situation l’exige.