C’est une liste de dépenses qui donne le tournis et qui, surtout, plonge le Scottish National Party (SNP) dans une crise politique sans précédent. Selon Courrier International, parmi les achats réalisés par Peter Murrell, alors directeur général du parti indépendantiste écossais, figurent un camping-car à 124 000 livres sterling (environ 145 000 euros), une Jaguar à 57 000 livres (67 000 euros), une machine à café à 3 200 livres (3 800 euros), un télescope, un hélicoptère miniature, un jeu vidéo Grand Theft Auto pour 43 livres (50 euros) ou encore une cuillère en bois signée Jamie Oliver pour moins de 15 livres (18 euros).

Ces dépenses, effectuées entre 2021 et 2024 grâce aux fonds du parti, ont été révélées après le plaider-coupable de Murrell, lundi 25 mai 2026, pour détournement de plus de 400 000 livres sterling (461 000 euros). Une somme qui, selon les enquêteurs, aurait dû servir à financer la préparation d’un éventuel second référendum sur l’indépendance de l’Écosse, après l’échec du scrutin de 2014.

Ce qu'il faut retenir

  • Peter Murrell, ancien directeur général du SNP et ex-époux de l’ex-Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, a reconnu avoir détourné 400 000 livres sterling des caisses du parti.
  • Parmi les achats litigieux figurent un camping-car à 124 000 £, une Jaguar à 57 000 £, une machine à café à 3 200 £, ou encore un hélicoptère miniature.
  • L’enquête, baptisée opération Branchform, a débuté en 2021 après des soupçons de détournement de 667 000 £ de dons destinés à un futur référendum.
  • John Swinney, actuel Premier ministre écossais, a tenu une conférence de presse à Édimbourg le 25 mai 2026 pour commenter cette affaire.

Des dépenses insolites qui cachent une crise politique majeure

Si certains achats prêtent à sourire, comme la cuillère en bois de Jamie Oliver ou le jeu vidéo à 43 livres, ils révèlent en réalité une gestion opaque et problématique des finances du SNP. Selon le quotidien écossais The Scotsman, ces dépenses, réalisées entre 2021 et 2024, s’élèvent à plus de 400 000 livres sterling. Peter Murrell, qui a dirigé le parti pendant plus de vingt ans, a plaidé coupable devant la justice écossaise le 25 mai 2026, reconnaissant les faits de détournement de fonds.

L’enquête, lancée en 2021 sous le nom d’opération Branchform, visait à élucider l’utilisation de 667 000 livres sterling de dons recueillis par le SNP pour préparer un éventuel second référendum sur l’indépendance. Dès 2022, la police écossaise avait perquisitionné le siège du parti ainsi que le domicile de Peter Murrell et Nicola Sturgeon, alors Première ministre. Des saisies ont également été effectuées chez la mère de Murrell, selon les éléments transmis par les autorités.

Un couple au cœur du scandale

Peter Murrell, 59 ans, et Nicola Sturgeon, 56 ans, forment un couple emblématique de la scène politique écossaise. Tous deux ont milité de longue date au sein du SNP, un parti qui défend depuis des décennies l’indépendance de l’Écosse vis-à-vis du Royaume-Uni. Leur mariage, célébré en 2010, avait marqué les esprits dans un pays où les unions politiques sont rares. Pourtant, leur relation personnelle et professionnelle semble aujourd’hui durablement entachée par ce scandale financier.

Nicola Sturgeon, Première ministre écossaise de 2014 à 2024, a quitté ses fonctions en mars 2024, officiellement pour des raisons personnelles. Elle n’est pas directement mise en cause dans cette affaire, mais son nom reste associé à celle de son ex-époux, dont les agissements pourraient rejaillir sur l’image du parti qu’elle a dirigé pendant une décennie.

L’ombre portée sur le SNP et l’avenir de l’indépendance écossaise

Ce scandale éclate à un moment critique pour le SNP, qui traverse une période de turbulences internes depuis plusieurs mois. En 2023, le parti avait déjà été secoué par des tensions autour de la stratégie référendaire et de la gestion des finances. L’affaire Murrell risque d’aggraver cette crise, alors que le SNP reste le principal défenseur de l’indépendance écossaise, un dossier toujours d’actualité malgré l’échec du référendum de 2014.

John Swinney, Premier ministre écossais depuis mars 2024, a tenté de minimiser l’impact de ce scandale lors d’une conférence de presse à Édimbourg, le 25 mai 2026. « Nous prenons ces allégations très au sérieux », a-t-il déclaré, sans pour autant évoquer de conséquences politiques immédiates pour son gouvernement ou le SNP. Pourtant, l’opposition, notamment les partis unionistes comme les Conservateurs écossais, exige déjà des explications claires et des mesures correctives.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes judiciaires pourraient s’accélérer dans les semaines à venir. Peter Murrell, dont le plaider-coupable a été enregistré le 25 mai 2026, devrait être condamné lors d’une audience prévue en juin. Par ailleurs, une commission d’enquête interne au SNP pourrait être mise en place pour évaluer les responsabilités et les dysfonctionnements ayant permis ces détournements. Enfin, ce scandale pourrait relancer le débat sur la transparence financière des partis politiques en Écosse, alors que le pays s’apprête à célébrer les dix ans du référendum de 2014.

Une chose est sûre : cette affaire laisse des traces dans un parti déjà fragilisé et pourrait, à terme, affaiblir la crédibilité du SNP dans sa quête d’indépendance. Les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir politique de l’Écosse.

Selon l’enquête, les 400 000 livres sterling détournées par Peter Murrell devaient initialement servir à financer la préparation d’un éventuel second référendum sur l’indépendance de l’Écosse, après l’échec du scrutin de 2014. Les autorités soupçonnent que ces fonds ont été utilisés à d’autres fins, sans justification claire.

À ce stade, Nicola Sturgeon n’est pas directement mise en cause dans le détournement de fonds. Cependant, son nom reste associé à celui de son ex-époux, Peter Murrell, en raison de leur mariage et de leur engagement commun au sein du SNP. Aucune accusation ne la vise directement, mais cette affaire pourrait rejaillir sur son image politique.