L’ancien Premier ministre Édouard Philippe doit se rendre ce mardi 25 mai 2026 à Kiev, au troisième jour du Sommet international des villes et des régions. Cette visite survient alors que Moscou a appelé les étrangers présents dans la capitale ukrainienne à quitter les lieux avant de nouvelles frappes russes, selon BMF - International.

Dès hier, lundi 24 mai, le ministère russe des Affaires étrangères a publié un communiqué invitant « les ressortissants étrangers, y compris le personnel des missions diplomatiques et des représentations d’organisations internationales, à quitter la ville dès que possible ». Il a également mis en garde les habitants de Kiev contre « ne pas s’approcher des infrastructures militaires et administratives », évoquant une intensification des frappes ciblant « des centres de décision et des entreprises du complexe militaro-industriel ».

Ce qu'il faut retenir

  • Édouard Philippe se rend à Kiev ce mardi 25 mai 2026 pour le Sommet international des villes et régions, malgré l’appel russe à évacuation.
  • Moscou a appelé les étrangers à quitter Kiev avant de nouvelles frappes, évoquant l’utilisation d’un missile de dernière génération, l’Orechnik, utilisé pour la troisième fois depuis le début du conflit.
  • Les frappes russes de ce week-end ont fait au moins 4 morts et une centaine de blessés à Kiev, selon les autorités ukrainiennes.
  • Le ministère russe des Affaires étrangères justifie ces menaces par une frappe ukrainienne ayant tué 21 adolescents dans la région de Lougansk, occupée par la Russie.

Un déplacement maintenu malgré les tensions

L’entourage d’Édouard Philippe a confirmé à BMF - International que sa visite était « maintenue ». « Cela fait plus de quatre ans que la Russie mène une guerre de grande envergure contre l’Ukraine, et c’est le troisième déplacement d’Édouard Philippe dans ce pays. Il ne s’agit pas de prendre des risques inconsidérés, mais de répondre à une invitation des autorités ukrainiennes, qui tient toujours », a précisé cette source.

Cette décision intervient dans un contexte où les tensions s’exacerbent. Le Kremlin a déjà, à plusieurs reprises, appelé le personnel diplomatique étranger à quitter Kiev, notamment avant le défilé du 9-Mai à Moscou, menacé de représailles si l’Ukraine perturbait les commémorations de la victoire sur l’Allemagne nazie. Le président américain Donald Trump avait alors annoncé in extremis un cessez-le-feu temporaire.

Des frappes russes massives et des accusations croisées

Les frappes russes de ce week-end, notamment sur Kiev, ont été particulièrement violentes. Un missile de dernière génération, l’Orechnik, a été utilisé pour la troisième fois depuis le début du conflit. Selon le ministère russe, ces attaques visent désormais « des centres de décision et des entreprises du complexe militaro-industriel », sans préciser de délai pour leur réalisation.

La Russie s’appuie sur un autre événement pour justifier son durcissement : une frappe ukrainienne ayant visé, dans la nuit du 22 au 23 mai, un dortoir d’adolescents à Starobilsk, dans la région de Lougansk occupée. Moscou évoque 21 morts et plus de 40 blessés, qualifiant cette attaque de « sanglante et délibérée », la présentant comme « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ».

« Nous avertissons les ressortissants étrangers, y compris le personnel des missions diplomatiques, de la nécessité de quitter la ville dès que possible. Quant aux habitants, nous leur demandons de ne pas s’approcher des infrastructures militaires et administratives. »

De son côté, l’état-major ukrainien a affirmé avoir bombardé des sites militaires russes dans la région de Starobilsk, notamment un « quartier général » situé dans la zone. Les médias russes ont relayé les témoignages des rescapés et des familles des adolescents tués, renforçant l’émotion autour de cet événement.

La diplomatie en pleine crise

Alors que la Russie exhorte les États-Unis à évacuer leur ambassade à Kiev, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a appelé Washington à prendre cette mesure « dès que possible », lors d’un entretien téléphonique avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. « Il a attiré son attention sur la déclaration publiée lundi recommandant aux États-Unis, ainsi qu’aux autres États ayant des missions à Kiev, d’assurer l’évacuation de leur personnel diplomatique et de leurs ressortissants », a indiqué BMF - International.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, a réagi en appelant les partenaires de Kiev à « ne pas céder au chantage russe ». Il a souligné la nécessité de « fournir davantage d’aide et d’armements à l’Ukraine », dans un contexte où les tensions entre Moscou et les capitales occidentales s’intensifient.

Une guerre qui s’intensifie après quatre ans de conflit

Ce déplacement d’Édouard Philippe intervient alors que la guerre en Ukraine entre dans sa cinquième année. Les frappes russes, y compris l’utilisation d’armes de dernière génération comme l’Orechnik, se multiplient, tandis que les contre-attaques ukrainiennes ciblent les infrastructures militaires russes. Les victimes civiles, comme celle de Starobilsk, alimentent les accusations mutuelles entre les deux camps.

La situation reste particulièrement tendue à Kiev, où les autorités locales tentent de rassurer la population tout en préparant des mesures de protection civile. Les appels russes à l’évacuation des étrangers et des diplomates ajoutent une nouvelle dimension à ce conflit déjà complexe, où la guerre de l’information joue un rôle aussi crucial que les affrontements militaires.

Et maintenant ?

Les prochaines heures seront déterminantes pour évaluer l’impact des déclarations russes et la réaction des chancelleries occidentales. Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU est attendue ce mardi, tandis que plusieurs pays pourraient annoncer des mesures de soutien accru à l’Ukraine. Édouard Philippe, dont le déplacement est maintenu, pourrait profiter de sa présence à Kiev pour réaffirmer le soutien français à la souveraineté ukrainienne.

Reste à voir si ces annonces conduiront à une escalade des frappes russes ou, au contraire, à une pause dans les hostilités, comme celle observée lors du cessez-le-feu temporaire du mois de mai. Une chose est sûre : la situation humanitaire à Kiev et dans les zones frontalières continue de se dégrader, alors que les populations civiles paient le prix fort de ce conflit.

Le ministère russe des Affaires étrangères justifie cette demande par l’imminence de nouvelles frappes ciblant des centres de décision et des infrastructures militaires. Moscou évoque également des frappes ukrainiennes ayant causé la mort de 21 adolescents dans la région de Lougansk pour expliquer cette mesure, présentée comme une mesure de précaution.