Selon Le Monde - Education, près de neuf jeunes sur dix déclarent avoir participé à au moins une séance d’éducation à la sexualité durant leur scolarité, mais moins de la moitié ont pu en suivre plusieurs. Ces données, issues d’une étude de Santé publique France menée auprès de 18-29 ans, révèlent également que le décrochage scolaire pendant le collège augmente significativement le risque de ne pas être exposé à ces enseignements.
Ce qu'il faut retenir
- Près de 90 % des jeunes interrogés ont bénéficié d’au moins une séance d’éducation à la sexualité à l’école.
- Seulement moins de la moitié ont suivi plusieurs séances, selon les données de Santé publique France.
- Le décrochage scolaire au collège multiplie les risques de ne pas accéder à ces enseignements.
- L’étude a été menée auprès d’un échantillon de jeunes âgés de 18 à 29 ans.
Une couverture inégale selon les parcours scolaires
L’enquête révèle que l’accès à l’éducation à la sexualité varie fortement selon les parcours éducatifs. Les jeunes ayant quitté le système scolaire avant la fin du collège sont deux fois moins susceptibles d’avoir participé à ces séances que ceux ayant obtenu un diplôme. Cette disparité souligne l’importance de maintenir ces enseignements même en cas de parcours atypiques, estiment les auteurs de l’étude.
Les données, collectées entre 2024 et 2025, montrent que les établissements scolaires peinent à systématiser ces interventions, malgré leur caractère obligatoire depuis 2018. Pourtant, l’éducation à la sexualité est intégrée au socle commun de connaissances, de compétences et de culture, avec au moins trois séances annuelles prévues pour chaque niveau.
Un enseignement encore trop fragmenté
Le rapport de Santé publique France indique que les séances, souvent dispensées par des intervenants extérieurs ou des enseignants volontaires, dépendent largement des moyens et de l’engagement des établissements. « Ces disparités sont regrettables, car l’éducation à la sexualité joue un rôle clé dans la prévention des risques et la promotion de relations saines », a souligné une responsable de l’association Planning Familial, citée par Le Monde - Education.
Les associations de santé publique appellent à un renforcement des moyens alloués pour garantir une couverture uniforme sur l’ensemble du territoire. À ce jour, aucune évaluation nationale exhaustive n’a été publiée sur l’effectivité de ces séances, ce qui limite la visibilité sur les écarts entre académies ou types d’établissements.
Pour l’instant, la priorité reste d’identifier les freins à la généralisation de ces séances, notamment dans les établissements situés en zones prioritaires ou rurales. « Il est crucial de s’assurer que chaque jeune, quel que soit son parcours, ait accès à ces informations essentielles », a rappelé un porte-parole du ministère.
Depuis la loi de 2018 pour une école de la confiance, l’éducation à la sexualité est obligatoire dans les écoles, collèges et lycées. Au moins trois séances annuelles doivent être organisées par niveau, couvrant des thèmes comme la prévention des violences sexistes, la contraception ou la santé sexuelle. Ces enseignements sont intégrés au programme officiel, mais leur mise en œuvre dépend des établissements.