À compter de ce mercredi 27 mai, les personnels des établissements scolaires ayant adopté des comportements inappropriés envers les mineurs, même non condamnés, seront inscrits sur une « liste noire ». Cette mesure, annoncée par le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray à la sortie du conseil des ministres, vise à exclure définitivement ces agents de tout réemploi dans le système éducatif. Selon BFM - Politique, cette proposition avait été évoquée par le gouvernement il y a plusieurs semaines déjà.

Ce qu'il faut retenir

  • Les agents publics de l’Éducation nationale, même non condamnés, pourront être inscrits sur une liste noire en cas de comportements inappropriés envers des mineurs.
  • Cette mesure empêche tout réemploi dans le système scolaire, qu’il s’agisse d’enseignants, de surveillants ou d’autres personnels.
  • La décision intervient après des signalements répétés de comportements problématiques au sein des établissements.
  • Le ministre Édouard Geffray a précisé que cette liste permettra d’éviter toute forme de réintégration dans l’école.

Une mesure préventive pour protéger les mineurs

Lors de son annonce, Édouard Geffray a détaillé le fonctionnement de cette liste noire. « Ça veut dire que nous aurons évincé un agent public, un surveillant, etc. en raison de son comportement avec les mineurs, quand bien même il n’aurait pas été condamné, il sera inscrit sur une liste qui empêchera toute forme de réemploi au sein de l’école », a-t-il expliqué. Autrement dit, même en l’absence de condamnation judiciaire, les signalements pour comportements inappropriés pourront suffire à exclure définitivement un agent des établissements scolaires.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les signalements pour harcèlement ou agressions dans le milieu scolaire se multiplient. Selon le ministère, elle vise à renforcer la protection des élèves tout en offrant une réponse administrative rapide et dissuasive. Les établissements pourront ainsi éviter de recourir à des procédures judiciaires longues avant d’agir.

Un dispositif déjà envisagé il y a plusieurs semaines

Cette mesure n’est pas une surprise pour les observateurs du monde éducatif. Comme le rappelle BFM - Politique, le gouvernement avait déjà évoqué cette idée lors de discussions internes ces dernières semaines. Elle s’ajoute à d’autres dispositifs existants, comme les fichiers de signalement ou les enquêtes administratives, mais se distingue par son caractère définitif et radical.

Pour les syndicats, cette annonce soulève des questions sur son application concrète. Certains craignent que la liste noire ne devienne un outil de sanction systématique, sans possibilité de recours. D’autres, au contraire, y voient une avancée nécessaire pour garantir la sécurité des élèves. Le ministère n’a pas encore précisé les modalités exactes de constitution de cette liste ni les critères retenus pour y figurer.

Les prochaines étapes pour les établissements

Désormais, les directeurs d’établissements et les académies devront appliquer cette nouvelle règle. Chaque signalement de comportement inapproprié devra être examiné rapidement pour décider d’une inscription éventuelle sur la liste noire. Le ministère précise que les agents concernés seront informés des motifs de leur exclusion et pourront, le cas échéant, contester la décision.

Pour Édouard Geffray, cette mesure s’inscrit dans une logique de « tolérance zéro » envers les abus dans le système éducatif. « Nous ne pouvons pas prendre le risque de maintenir des agents dont le comportement met en danger nos élèves », a-t-il souligné. Reste à savoir comment les établissements vont s’adapter à ce nouveau dispositif, d’autant que les ressources humaines et les moyens pour enquêter restent limités.

Et maintenant ?

Le ministère devrait publier dans les prochaines semaines un décret précisant les modalités d’application de cette liste noire. Une circulaire sera également envoyée aux académies pour encadrer les signalements et les procédures de recours. Les syndicats, eux, pourraient déposer des recours ou demander des concertations pour éviter une application trop stricte. D’ici la rentrée 2026, cette mesure devrait être pleinement opérationnelle, mais son efficacité dépendra en grande partie de la manière dont elle sera appliquée sur le terrain.

Cette annonce intervient alors que le gouvernement multiplie les initiatives pour renforcer la sécurité dans les écoles, après plusieurs affaires médiatisées ces dernières années. Pour les familles, cette mesure pourrait apporter un sentiment de protection accru, même si son impact réel restera à évaluer dans les mois à venir.

Oui, selon les précisions apportées par le ministère, les agents concernés seront informés des motifs de leur exclusion et pourront, le cas échéant, contester la décision devant une commission administrative. Les modalités exactes de recours ne sont pas encore détaillées.