Les fournisseurs d’énergie français ont annoncé mardi 26 mai le déploiement de nouvelles offres d’électricité, incluant des « heures super creuses » associées à des bonus pouvant atteindre -60 % sur le prix du kilowattheure. Cette initiative, dévoilée lors d’une réunion à l’Élysée en présence d’Emmanuel Macron, vise à accélérer la transition vers l’électrique et à rendre cette solution plus attractive pour les ménages comme pour les entreprises.
Ce qu’il faut retenir
- Les fournisseurs proposent des tarifs fixes ou variables avec des bonus pouvant atteindre -60 % pendant des « heures super creuses », notamment en période de faible demande comme les après-midis d’été.
- TotalEnergies, EDF, Octopus et Engie sont parmi les acteurs ayant signé ces engagements.
- Emmanuel Macron a appelé à une « mobilisation collective » pour faciliter l’adoption du véhicule électrique en France.
- Stellantis investira un milliard d’euros pour produire une nouvelle génération de véhicules à Mulhouse à partir de 2029, bien que l’annonce ait été nuancée par le constructeur.
- Les opérateurs se sont engagés à installer 240 000 bornes de recharge supplémentaires d’ici 2030.
L’électricité en France, vendue à 60 euros le mégawattheure sur le marché de gros, est l’une des moins chères d’Europe, comparée à 87 euros en Allemagne ou 107 euros en Italie. Cependant, cette différence ne se ressent pas toujours sur les factures des particuliers, principalement en raison des tarifs réglementés et de la fiscalité appliquée à l’électricité, souvent plus élevée que celle pesant sur le gaz ou le fioul.
Lors d’une rencontre avec les acteurs de la filière à l’Élysée, le président de la République a insisté sur la nécessité de rendre l’électricité « désirable » pour les Français. « L’électrification, c’est déjà une réalité. Et à chaque fois qu’on arrive à aider des ménages ou des entreprises à électrifier, on réduit leur dépendance à des énergies que nous importons et on règle de manière beaucoup plus durable leur problème de pouvoir d’achat ou de compétitivité », a-t-il déclaré.
Pour atteindre cet objectif, les fournisseurs d’énergie se sont engagés à proposer des offres plus compétitives, notamment via des tarifs fixes ou variables assortis de réductions ciblées. Les « heures super creuses » devraient ainsi permettre aux consommateurs de bénéficier de tarifs avantageux pendant les périodes où l’offre d’électricité est abondante, comme les journées ensoleillées ou les périodes de faible consommation industrielle. Certains opérateurs évoquent même des bonus pouvant atteindre -60 % sur le prix du kilowattheure pendant ces créneaux.
Cette mesure s’inscrit dans un cadre plus large visant à réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles. Lors de cette réunion, Emmanuel Macron a également annoncé un investissement d’un milliard d’euros de Stellantis pour la production d’une nouvelle génération de véhicules électriques à Mulhouse à partir de 2029. Toutefois, le constructeur a tenu à préciser que cette annonce ne préjugeait pas de futurs investissements dans d’autres sites français.
Par ailleurs, les opérateurs du secteur se sont engagés à accélérer le déploiement des infrastructures de recharge. Selon les annonces faites à l’Élysée, 240 000 bornes supplémentaires devraient être installées d’ici 2030, un objectif qui s’ajoute aux efforts déjà en cours pour répondre à la croissance du marché des véhicules électriques. Cette initiative répond à l’un des freins majeurs identifiés par les consommateurs : l’accès à des points de recharge fiables et accessibles.
Malgré ces avancées, des questions persistent quant à la fiscalité entourant l’électricité. Plusieurs représentants du secteur appellent à une réduction des taxes qui pèsent sur ce type d’énergie, jugées plus lourdes que celles appliquées au gaz ou au fioul. Sur ce point, aucune annonce concrète n’a été faite par le président de la République. La question de la compétitivité des tarifs pour les particuliers reste donc un sujet de débat, d’autant que l’électricité, bien que moins chère sur le marché de gros, voit son prix final souvent alourdi par des taxes et des frais réglementés.
L’enjeu sera également de vérifier si ces mesures suffiront à convaincre les Français de franchir le pas vers l’électrique, alors que les aides à l’achat de véhicules propres et les tarifs avantageux devront s’accompagner d’une offre infrastructurelle robuste et accessible.
Selon Franceinfo - Politique, TotalEnergies, EDF, Octopus et Engie font partie des acteurs ayant annoncé leur participation à ce dispositif. D’autres fournisseurs pourraient rejoindre l’initiative dans les mois à venir.