Le 18 mars 2026, le président de la République française, Emmanuel Macron, et le chancelier allemand, Friedrich Merz, doivent se rencontrer à Bruxelles pour préparer le prochain sommet européen, selon nos confrères de BFM Business. Cette rencontre sera l'occasion de discuter notamment du Scaf, le système de combat aérien du futur, qui est au point mort depuis de longs mois.

Le projet Scaf, lancé en 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel, est un programme à plus de 100 milliards d'euros qui vise à développer un avion de combat performant pour remplacer le Rafale. Le programme comprend également des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, appelé « cloud de combat ». Cependant, des différends majeurs entre Dassault Aviation et Airbus, les industriels chargés de développer ce projet, ont bloqué les négociations.

Ce qu'il faut retenir

  • Le président Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz doivent se rencontrer à Bruxelles pour discuter du projet Scaf.
  • Le projet Scaf est au point mort depuis de longs mois en raison de différends entre Dassault Aviation et Airbus.
  • Le projet vise à développer un avion de combat performant pour remplacer le Rafale.
  • Le programme comprend également des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant.

Le contexte du projet Scaf

Le Scaf est un projet stratégique pour la France, l'Allemagne et l'Espagne, qui doivent participer au développement chacune à hauteur d'un tiers, selon les accords existants. Cependant, Dassault Aviation, responsable du développement proprement, exige d'avoir la main, notamment pour pouvoir choisir ses sous-traitants. L'avionneur français argue d'être l'acteur le mieux placé car le seul à savoir vraiment construire un avion de combat performant.

Cela déplaît à ses partenaires, Airbus Allemagne et Airbus Espagne. Mi-février, le chancelier allemand Friedrich Merz a publiquement douté de l'avenir du Scaf, considérant que son pays n'avait pas besoin du même avion que la France, laissant entendre que Paris et Berlin pourraient construire deux appareils différents, chacun de leur côté.

Les enjeux du projet Scaf

Le Scaf a un avantage de taille : il permet de mutualiser les coûts du programme, à l'heure où les caisses sonnent creux et que les priorités en matière de défense sont nombreuses. Affiché au départ à 100 milliards d'euros, le projet pourrait coûter nettement plus cher, autour de 166 milliards d'euros, selon une étude universitaire repérée par Challenges.

Comme l'illustre ce dossier épineux, Paris et Berlin se sont éloignés ces derniers mois. Après une lune de miel dans le sillage de l'arrivée de Friedrich Merz à la chancellerie il y a près d'un an, les relations se sont tendues sur plusieurs sujets, comme l'accord de libre-échange entre l'UE et les pays latino-américains du Mercosur, rejeté par Paris mais acclamé par Berlin.

Les prochaines étapes

La rencontre entre Emmanuel Macron et Friedrich Merz doit permettre de resserrer les rangs, avant un Conseil européen, dont l'agenda sera particulièrement dense, en raison de la guerre au Moyen-Orient. Le dirigeant allemand s'est aussi rapproché de Giorgia Meloni, la Première ministre italienne, aux liens notoirement froids avec Emmanuel Macron.

Et maintenant ?

La rencontre de ce mercredi soir entre Emmanuel Macron et Friedrich Merz devrait permettre de débloquer les négociations sur le projet Scaf. Cependant, il reste à voir si les deux dirigeants parviendront à trouver un accord sur les différends qui bloquent le projet. La prochaine étape sera le Conseil européen, qui aura lieu dans les semaines à venir.

En conclusion, le projet Scaf est un enjeu stratégique pour la France, l'Allemagne et l'Espagne, qui doivent trouver un accord pour développer un avion de combat performant. Les prochaines étapes seront cruciales pour déterminer l'avenir du projet.