Avec près de 4 000 glaciers recensés dans sa province, Mendoza, située dans l’ouest aride de l’Argentine, abrite un écosystème fragile déjà fragilisé par les bouleversements climatiques. Mais c’est désormais une réforme gouvernementale qui inquiète les défenseurs de l’environnement. Selon Reporterre, le gouvernement de Javier Milei a assoupli les règles encadrant l’exploitation minière dans les zones glaciaires et périglaciaires, un territoire jusqu’ici protégé.
Ce qu'il faut retenir
- La province de Mendoza compte environ 4 000 glaciers, selon les dernières estimations.
- Une réforme du gouvernement Milei facilite désormais l’exploitation minière dans les zones glaciaires et périglaciaires.
- Les écologistes dénoncent un recul des protections environnementales face à l’extractivisme.
- La ville d’Uspallata, située dans les Andes, est au cœur de cette lutte.
- Le Cerro Barrauca, un glacier emblématique, illustre les enjeux locaux.
Ce revirement législatif survient dans une région où l’extractivisme – l’exploitation intensive des ressources naturelles – a longtemps été combattu par les habitants et les associations. Mendoza, bastion de la résistance contre ces pratiques, voit désormais ses glaciers exposés à de nouveaux risques. « On a le pistolet sur la tempe », résume un militant écologiste local, cité par Reporterre. Une formule qui résume l’urgence perçue par les opposants à cette réforme.
À Uspallata, petite ville encerclée par les sommets enneigés, la tension est palpable. Le paysage, marqué par les tons rouges, ocres et anthracite de la Cordillère des Andes, contraste avec les étendues blanches des glaciers. Parmi eux, le Cerro Barrauca se dresse comme un symbole des combats à venir. Jusqu’ici épargné par les activités industrielles, ce glacier pourrait désormais faire l’objet de projets miniers, au nom du développement économique.
Les défenseurs de l’environnement rappellent que ces glaciers jouent un rôle clé dans l’approvisionnement en eau de la région. Leur disparition ou leur dégradation aggraverait les pénuries déjà observées dans cette province semi-aride. « Ces zones ne sont pas seulement des réserves de glace, ce sont des châteaux d’eau naturels », explique une hydrogéologue locale à Reporterre. Pourtant, les nouvelles dispositions légales pourraient autoriser des forages ou des exploitations à ciel ouvert, malgré les alertes des scientifiques.
Le gouvernement Milei justifie cette réforme par la nécessité de relancer l’économie argentine, en crise depuis des années. Mais pour les écologistes, il s’agit d’un cadeau empoisonné fait aux industries minières, souvent accusées de polluer sans contrepartie durable pour les populations locales. « On échange notre eau contre des emplois précaires et une poignée de pesos », dénonce un habitant d’Uspallata. Une critique qui reflète le clivage grandissant entre les promesses de croissance et les risques environnementaux.
Cette affaire soulève une question centrale : jusqu’où un État peut-il aller dans la libéralisation économique au détriment de ses ressources naturelles ? Dans une région déjà touchée par le réchauffement climatique, la réponse pourrait déterminer l’avenir de milliers de personnes dépendantes de ces glaciers. Pour l’heure, les dés sont jetés – mais la bataille ne fait que commencer.
Selon les scientifiques, l’exploitation minière dans les zones glaciaires pourrait accélérer la fonte des glaciers par la pollution et les modifications de leur environnement. Elle menacerait également les réserves d’eau douce de la région, déjà fragilisées par le changement climatique.