Dans la garderie pour chiens Paw³ de Shanghai, l’activité bat son plein depuis le début de l’année 2026. Les boxes sont occupés, les chiens s’ébattent sous le regard des propriétaires, tandis que des employés s’affairent à organiser des séances de dressage ou de socialisation. Autant dire que le secteur des animaux de compagnie, en plein essor, reflète une transformation des modes de vie urbains en Chine. Selon Courrier International, cette dynamique s’accompagne d’une hausse spectaculaire des dépenses et des services dédiés, révélée par le « Livre blanc 2026 sur le secteur des animaux de compagnie en Chine ».

Une croissance qui se mesure en chiffres : en 2025, le marché lié aux chiens et chats dans les zones urbaines a atteint 312,6 milliards de yuans — soit 40,5 milliards d’euros — selon les dernières données disponibles. Une progression de 4,1 % par rapport à l’année précédente, confirmant une tendance de fond. Le nombre d’animaux domestiques a également augmenté, avec 126 millions de chiens et chats recensés dans les foyers chinois en 2025, en hausse de 1,8 % sur un an. Les dépenses annuelles moyennes par animal atteignent quant à elles 3 006 yuans (soit 390 euros) pour les chiens et 2 085 yuans (soit 370 euros) pour les chats, des montants inédits dans le pays.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2025, le marché des animaux de compagnie en Chine a généré 312,6 milliards de yuans (40,5 milliards d’euros), en hausse de 4,1 % par rapport à 2024, selon Courrier International.
  • La Chine compte désormais 126 millions de chiens et chats dans ses foyers, soit 1,8 % de plus en un an.
  • Les dépenses annuelles moyennes par animal s’élèvent à 3 006 yuans pour les chiens et 2 085 yuans pour les chats, des records absolus.

Un secteur qui s’adapte aux nouveaux modes de vie urbains

Les habitudes des propriétaires d’animaux évoluent rapidement, à l’image de l’engouement pour les voyages en leur compagnie. Lors de la « semaine d’or » du 1er mai 2026 — l’un des principaux temps forts touristiques en Chine —, l’agence spécialisée Aichongyou (« amoureux des animaux » en chinois) a enregistré la réservation de 1 000 nuitées dans des établissements pet friendly. Une preuve, selon le journal économique Jingji Guancha Bao, que le tourisme avec son animal de compagnie gagne en popularité, poussé par des infrastructures de plus en plus adaptées.

Autre illustration de cette transformation : les compagnies aériennes chinoises multiplient les autorisations d’embarquement en cabine pour les animaux. Un mouvement salué par les médias nationaux, comme CCTV, qui souligne que cette évolution « donne naissance à un écosystème dédié ». Les aéroports et les villes s’équipent désormais de zones de transit, de toilettes pour animaux, et même de garderies temporaires dans certains hubs majeurs.

Des dépenses qui reflètent un attachement croissant aux compagnons à quatre pattes

Derrière ces chiffres se cache une réalité sociale : les Chinois, surtout en milieu urbain, investissent davantage dans le bien-être de leurs animaux. Les dépenses couvrent désormais des postes variés, allant des croquettes premium aux accessoires connectés, en passant par les assurances santé et les séances de toilettage.

« L’économie des animaux de compagnie explose, sommes-nous prêts ? »
s’interrogeait en mai 2026 le média Fengmian Xinwen, mettant en lumière les défis logistiques et éthiques liés à cette croissance.

Les animaleries et les cliniques vétérinaires profitent pleinement de cette manne. À Shanghai, les centres spécialisés comme Paw³ proposent des services all-inclusive : pension, éducation, soins esthétiques, et même des événements sociaux pour chiens. Une offre qui répond à une demande croissante de personnalisation et de qualité, alors que les propriétaires n’hésitent plus à dépenser des milliers de yuans par an pour leurs protégés.

Quels défis pour l’avenir du secteur ?

Malgré cette dynamique positive, des questions persistent. La hausse des dépenses s’accompagne-t-elle d’une amélioration réelle du bien-être animal ? Les infrastructures, bien que plus nombreuses, suffisent-elles à absorber la demande ? Et surtout, comment garantir que cette croissance ne se fasse pas au détriment des conditions de vie des animaux, notamment dans les élevages ou les refuges ?

Les autorités locales commencent à encadrer le secteur, mais les disparités entre régions restent marquées. Dans les mégapoles comme Pékin ou Guangzhou, les réglementations sur la détention d’animaux se durcissent, avec des quotas pour les élevages et des contrôles sanitaires renforcés. En revanche, dans les zones rurales, l’accès aux soins vétérinaires reste inégal, limitant l’adoption de bonnes pratiques.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient redessiner le paysage du secteur dans les mois à venir. D’ici la fin 2026, le gouvernement chinois doit publier de nouvelles directives sur la gestion des animaleries en ligne, un marché en forte croissance mais peu régulé à ce jour. Par ailleurs, l’association chinoise des vétérinaires (CVMA) a annoncé pour 2027 une campagne nationale de stérilisation à bas coût, afin de limiter la surpopulation canine et féline dans les grandes villes. Reste à voir si ces mesures seront suffisantes pour concilier croissance économique et éthique animale.

Une chose est sûre : l’engouement pour les animaux de compagnie en Chine ne faiblit pas. Entre innovations commerciales et enjeux sociétaux, le secteur devra trouver un équilibre pour pérenniser cette tendance sans sacrifier la qualité de vie des animaux — et celle de leurs propriétaires.

Plusieurs éléments expliquent cette croissance : l’urbanisation massive, l’augmentation du pouvoir d’achat des classes moyennes urbaines, et une évolution des modes de vie qui privilégient les petits foyers sans enfant. Les animaux de compagnie sont désormais perçus comme des membres à part entière de la famille, ce qui justifie des dépenses accrues en santé, alimentation et loisirs pour eux.