Dans les rues de Port-au-Prince, la capitale haïtienne, certains habitants ont fait le choix de revenir dans des quartiers qu’ils avaient quittés en hâte il y a quelques semaines. Un retour qui s’effectue alors que 80 % de la ville reste sous le contrôle de groupes armés, selon Libération. Une décision prise malgré les risques persistants de violences et d’affrontements entre gangs et forces de l’ordre.
Ce qu'il faut retenir
- Port-au-Prince est contrôlée à 80 % par des gangs armés, selon Libération.
- Certains déplacés sont revenus dans leurs quartiers malgré les risques d’affrontements et de violences.
- Les combats entre gangs et policiers ont poussé des milliers d’habitants à fuir ces zones.
- Le retour des déplacés s’effectue dans un contexte de crise sécuritaire persistante.
Le retour des habitants dans les zones contrôlées par les gangs s’inscrit dans un contexte de tension extrême. Depuis plusieurs mois, Port-au-Prince est le théâtre d’affrontements répétés entre groupes armés rivaux et forces policières. Ces combats ont forcé des milliers de résidents à abandonner leurs domiciles, souvent du jour au lendemain, pour se réfugier dans des zones plus sûres. Pourtant, une partie de ces déplacés a choisi de rentrer, malgré l’absence de garantie sur leur sécurité.
Selon des témoignages recueillis par Libération, certains habitants évoquent un « manque d’alternative ». « On n’a plus le choix, a déclaré un résident de Cité Soleil, un quartier particulièrement exposé aux violences. Ici, au moins, on a un toit, même si c’est risqué. » Les conditions de vie dans les abris provisoires, où s’entassent des familles depuis des semaines, ne laissent guère d’autres options. « Je ne vois pas d’avenir ailleurs », a ajouté un autre déplacé, soulignant l’absence de perspectives dans un pays où l’État peine à rétablir un minimum d’ordre.
Pourtant, les dangers sont réels. Les gangs, qui étendent leur emprise sur la capitale, imposent leur loi par la terreur. Extorsions, enlèvements, meurtres ciblés : les exactions se multiplient dans les quartiers sous leur domination. « Revenir, c’est accepter de vivre sous leur joug », explique un militant des droits humains joint par téléphone. Les forces de l’ordre, quant à elles, sont souvent débordées, incapables de protéger les civils dans ces zones où l’autorité de l’État est quasi inexistante.
« Ici, au moins, on a un toit, même si c’est risqué. Je ne vois pas d’avenir ailleurs. »
— Témoignage d’un résident de Cité Soleil, cité par Libération
La situation humanitaire, déjà précaire, s’aggrave avec ces retours précipités. Les infrastructures locales, comme les écoles ou les centres de santé, sont souvent endommagées ou fermées, faute de personnel ou de moyens. Les ONG sur place alertent sur le risque de nouvelles crises sanitaires, notamment dans les quartiers les plus isolés. « Les déplacés qui rentrent ont besoin d’une aide immédiate, mais les ressources manquent cruellement », a rappelé un responsable de l’ONU en Haïti, cité par Libération.
Le gouvernement haïtien, affaibli et contesté, peine à rétablir l’autorité de l’État dans la capitale. Les gangs, de leur côté, continuent de renforcer leur emprise, exploitant le vide politique pour étendre leur influence. Dans ce contexte, les retours des déplacés s’apparentent davantage à une survie qu’à un rétablissement durable. Reste à savoir si Port-au-Prince parviendra, un jour, à retrouver une forme de stabilité.
Selon les témoignages recueillis par Libération, ces retours s’expliquent par l’absence d’alternatives viables. Les conditions de vie dans les abris provisoires, où s’entassent des familles depuis des semaines, sont devenues insupportables. Certains habitants évoquent également un attachement à leur domicile, malgré les risques, ou une absence totale de perspectives ailleurs en Haïti.
Les dangers sont multiples : risques d’affrontements entre gangs et forces de l’ordre, extorsions, enlèvements, meurtres ciblés, ou encore absence d’accès aux services essentiels comme l’eau ou l’électricité. Les gangs imposent souvent leur loi par la terreur, et l’État haïtien est incapable d’assurer une protection efficace dans ces zones.