Une touriste a échoué, après six ans de bataille judiciaire, à faire reconnaître en Italie le droit de se voir servir de l’eau du robinet dans un restaurant sans avoir à l’acheter en bouteille. Selon Courrier International, la Cour de cassation italienne a définitivement clos le débat le 27 mai 2026, en affirmant qu’aucune loi ne contraint les établissements de restauration ou d’hébergement à fournir cette option à leurs clients. La requérante, qui avait séjourné dans un hôtel de luxe des Dolomites entre fin 2019 et début 2020, avait tenté d’obtenir réparation pour refus de service et « stress émotif », une demande finalement rejetée par la plus haute juridiction du pays.
Ce qu'il faut retenir
- La Cour de cassation italienne a statué le 27 mai 2026 qu’il n’existe aucune obligation légale d’offrir de l’eau du robinet dans les restaurants ou hôtels en Italie.
- Une touriste a attaqué un hôtel des Dolomites après que son refus de servir de l’eau du robinet lui eut été opposé, exigeant jusqu’à 2 700 euros de dommages et intérêts pour préjudice économique et moral.
- Les juges ont rappelé que le choix de vendre uniquement de l’eau en bouteille relève de la liberté commerciale des établissements, sauf accord contractuel préalable.
- Le séjour de la cliente, facturé 5 700 euros « boissons exclues », n’a pas modifié le jugement rendu sur le fond.
- Le débat sur l’accès à l’eau du robinet dans la restauration italienne, récurrent depuis des années, trouve une issue définitive avec cette décision.
Une habitude française qui n’a pas cours en Italie
En France, la tradition est bien ancrée : à peine installé à une table de restaurant, une carafe d’eau est déposée sans qu’il soit besoin de la demander. Une pratique tellement intégrée qu’elle en devient invisible. Pourtant, de l’autre côté des Alpes, cette coutume est loin d’être la norme. En Italie, les serveurs ne proposent pas systématiquement de l’eau du robinet aux clients. Bien souvent, il faut explicitement la demander — et s’exposer à un refus poli, voire à un regard désapprobateur si l’on ose formuler cette requête.
L’incident qui a conduit à la procédure judiciaire s’est produit dans un hôtel cinq étoiles de Corvara in Badia, une station des Dolomites prisée pour ses paysages et son standing. Une cliente, dont l’identité n’a pas été révélée, avait commandé de l’eau du robinet pour accompagner ses repas. À chaque fois, sa demande se heurtait au même refus : l’établissement ne servait que de l’eau minérale en bouteille, au prix de 7 euros la bouteille de 0,75 litre. Insatisfaite de cette pratique commerciale, elle a décidé de saisir la justice.
« L’eau est un droit humain universel » : l’argumentaire d’une cliente exigeante
La touriste a basé sa plainte sur un raisonnement simple : « L’eau est un bien naturel et un droit humain universel de chaque individu, et la distribution gratuite d’une quantité minimale vitale nécessaire à la satisfaction des besoins essentiels doit être garantie », a-t-elle plaidé, selon les comptes-rendus du Corriere della Sera. Pour elle, bénéficier d’eau du robinet dans un établissement de luxe devrait aller de soi, « comme l’on donne pour acquis de trouver un lit avec des draps, une chambre chauffée ou du savon dans les toilettes ». Une comparaison destinée à souligner l’absurdité, selon elle, de devoir payer un supplément pour un service aussi basique.
Sur la base de ce raisonnement, elle a réclamé environ 2 700 euros de dommages et intérêts, invoquant une « perte économique » — le surcoût des bouteilles d’eau pendant son séjour — et un « stress émotif » lié à l’absence de cette option. Les faits remontaient à une semaine de vacances entre fin 2019 et début 2020, une période où le tourisme international commençait à peine à se remettre des restrictions liées à la pandémie de Covid-19. Pourtant, malgré l’écoulement du temps, le litige a persisté jusqu’à la décision finale de la Cour de cassation.
La justice italienne donne raison à l’hôtel : la liberté commerciale prime
Le 27 mai 2026, la Cour de cassation italienne a rendu son verdict : les juges ont clairement indiqué qu’aucune disposition légale italienne n’impose aux restaurants ou hôtels l’obligation de servir de l’eau du robinet. Dans leur arrêt, ils ont rappelé qu’en l’absence d’un accord contractuel explicite conclu au moment de la réservation, le choix de commercialiser uniquement de l’eau en bouteille relève de la liberté d’entreprise de chaque établissement. Autrement dit, pour les juges, l’eau du robinet à table n’est pas un droit acquis du client, même dans un hôtel de luxe où le séjour est facturé plus de 5 700 euros.
Cette décision met un terme à une controverse qui agite régulièrement les discussions dans les restaurants italiens. Certains clients, habitués aux pratiques françaises ou d’Europe du Nord, s’étonnent de devoir payer pour une ressource aussi élémentaire. D’autres estiment que cette liberté commerciale permet aux établissements de compenser des marges parfois serrées. Quoi qu’il en soit, la Cour de cassation a tranché sans ambiguïté : la loi ne soutient pas l’obligation de servir de l’eau du robinet, et c’est aux clients de se renseigner avant de réserver si cette option est pour eux un critère de choix.
« Celle-ci a clarifié sans contestation possible qu’il n’existe, dans l’ordre juridique italien, aucune disposition légale imposant aux professionnels du secteur de la restauration ou de l’hébergement l’obligation de servir de l’eau du robinet », a rapporté Il Fatto Quotidiano.
Alors que certains pays européens, comme la France, intègrent progressivement des pratiques plus écoresponsables dans leur restauration, l’Italie choisit donc de préserver la liberté commerciale de ses établissements. Une position qui pourrait, à l’avenir, influencer les discussions sur la standardisation des services touristiques en Europe, mais qui pour l’heure reste ancrée dans le droit italien.
En Italie, servir de l’eau du robinet n’est pas une obligation légale, contrairement à la France. Les établissements sont libres de proposer uniquement de l’eau en bouteille, une pratique qui leur permet de générer des marges supplémentaires. Certains restaurants ou hôtels invoquent aussi des raisons de santé publique ou de goût, bien que ces arguments ne soient pas toujours étayés scientifiquement.