L’endométriose touche environ 10 % des femmes en âge de procréer, selon les dernières estimations de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris. Pourtant, face à cette maladie chronique qui provoque des douleurs intenses pendant les règles, les médecins prescrivent fréquemment une pilule contraceptive en continu pour suspendre les menstruations. Comme le rapporte Le Figaro, cette solution hormonale, bien que largement répandue, n’est pas sans effets indésirables pour certaines patientes, qui doivent alors envisager des alternatives parfois insatisfaisantes.
Ce qu'il faut retenir
- L’endométriose, maladie chronique touchant 10 % des femmes en âge de procréer, se manifeste par des douleurs pelviennes intenses et des lésions utérines.
- La pilule en continu, souvent prescrite pour suspendre les règles, est une solution hormonale courante mais non dénuée d’effets secondaires.
- Certaines patientes, comme Rose, 33 ans, développent des lésions supplémentaires malgré ce traitement, selon les observations de son gynécologue.
- Le Dr Sophie Warembourg, gynécologue aux Hospices Civils de Lyon, souligne que « les traitements hormonaux restent la meilleure option disponible aujourd’hui » contre l’endométriose.
- Une alternative, l’opération par ultrasons, commence à être envisagée pour certaines patientes en échec thérapeutique.
- Les effets secondaires de la pilule en continu, bien que variables, poussent un nombre croissant de femmes à chercher des solutions alternatives.
Une pilule en continu pour soulager, mais à quel prix ?
Rose, 33 ans, a tenté pendant trois ans la pilule Optimizette en continu pour gérer les douleurs liées à son endométriose aux ligaments utéro-sacrés. « Ce serait simple de recommencer », confie-t-elle en montrant les sachets conservés au fond de sa pharmacie. Pourtant, elle a choisi de ne plus y toucher. Malgré l’arrêt des règles et des douleurs associées, les effets secondaires se sont accumulés. « J’avais l’impression de passer à côté de ma nature », explique-t-elle. Aujourd’hui, elle doit recourir à des antalgiques, dont du Tramadol, pour atténuer les spasmes qui lui « déchirent le ventre et le dos ».
Lors de sa dernière échographie pelvienne, son médecin a détecté de nouvelles lésions. Aucun organe n’est menacé, mais Rose s’interroge : « Si j’avais continué la pilule, est-ce que la maladie se serait étendue ? » La question reste sans réponse, mais elle illustre l’ambivalence de ce traitement, qui soulage tout en exposant à des risques à long terme.
Un traitement hormonal, mais pas sans conséquences
Selon le Dr Sophie Warembourg, gynécologue aux Hospices Civils de Lyon et à l’Hôpital de la Croix-Rousse, « les traitements hormonaux restent la meilleure option disponible aujourd’hui contre l’endométriose ». Pourtant, de plus en plus de jeunes femmes dénoncent leurs effets secondaires, parfois insupportables. Prise de poids, sautes d’humeur, baisse de libido ou risques thromboemboliques font partie des conséquences couramment rapportées.
Joséphine, 31 ans, fait partie de celles qui ont dû arrêter la pilule en continu après avoir développé des migraines chroniques et une fatigue persistante. « Je me sentais comme une coquille vide », témoigne-t-elle. Son cas n’est pas isolé : une étude publiée en 2024 dans la revue Human Reproduction estimait que 30 % des femmes sous pilule en continu abandonnent le traitement dans les deux ans en raison d’effets indésirables.
L’ultrason, une alternative en développement
Face aux limites des traitements hormonaux, certaines patientes se tournent vers des solutions alternatives, comme l’opération par ultrasons, également appelée HIFU (High-Intensity Focused Ultrasound). Cette technique, encore peu répandue en France, consiste à détruire les lésions d’endométriose par des ondes ultrasonores, sans intervention chirurgicale invasive.
Le Dr Warembourg précise que cette méthode « peut être envisagée pour les patientes en échec thérapeutique ou celles qui refusent les traitements hormonaux ». Cependant, elle reste coûteuse et non remboursée par l’Assurance Maladie, limitant son accès pour de nombreuses femmes. À ce jour, seulement une dizaine de centres en France proposent cette intervention, principalement dans des structures privées.
Endométriose : un parcours du combattant
Le diagnostic de l’endométriose prend en moyenne 7 à 10 ans, selon les chiffres de l’Endometriosis Foundation of America. Ce délai s’explique par la méconnaissance de la maladie, mais aussi par la diversité des symptômes, qui varient d’une patiente à l’autre. Fatigue chronique, douleurs pendant les rapports sexuels, troubles digestifs ou infertilité font partie des manifestations possibles.
Pour Rose, la prise en charge a été longue et semée d’embûches. « On m’a d’abord prescrit des anti-inflammatoires, puis une pilule, avant de me parler d’opérations », raconte-t-elle. Aujourd’hui, elle alterne entre antalgiques et suivis réguliers avec son gynécologue, dans l’attente d’une solution plus durable.
En attendant, la prise en charge de l’endométriose reste un parcours individualisé, où chaque patiente doit peser les bénéfices et les risques des traitements disponibles. Si la pilule en continu reste la solution la plus courante, son efficacité à long terme et ses effets secondaires poussent un nombre croissant de femmes à explorer d’autres voies.
Les effets secondaires les plus fréquents incluent des migraines, une prise de poids, une baisse de libido, des sautes d’humeur, des risques thromboemboliques et une fatigue persistante. Certaines patientes rapportent également une sécheresse vaginale ou des troubles digestifs.
Non, à ce jour, l’opération par ultrasons (HIFU) n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie. Cette intervention, encore peu accessible en France, est proposée uniquement dans des centres privés, avec un coût variant entre 2 000 et 5 000 euros.