Selon BFM Bourse, le groupe énergétique français Engie et l’État belge sont engagés dans des négociations visant à transférer à ce dernier l’intégralité des activités nucléaires du groupe sur le territoire belge. Ce projet, qui inclut les centrales de Doel et de Tihange, pourrait aboutir à un accord d’ici le 1er octobre 2026.
Cette annonce intervient dans un contexte où le titre Engie affiche une progression remarquable en Bourse. L’an dernier, l’action a enregistré une hausse de 46,37 %, se classant sixième meilleure performance du CAC 40. Depuis le début de l’année 2026, le cours progresse encore de 20,7 %, confirmant ainsi son statut de valeur phare du marché. JPMorgan, dans une note publiée début avril, soulignait que le groupe avait connu « le plus grand changement » dans sa stratégie de communication financière, une évolution saluée par les investisseurs.
Ce qu'il faut retenir
- Négociations en cours entre Engie et l’État belge pour le transfert des centrales nucléaires de Doel et Tihange, avec un accord prévu pour octobre 2026.
- Le gouvernement belge dirigé par Bart De Wever a suspendu les opérations de démantèlement en attendant la finalisation de l’accord.
- En 2023, un premier accord avait été conclu, prévoyant le transfert des obligations liées aux déchets nucléaires contre un paiement forfaitaire de 15 milliards d’euros.
- L’action Engie a progressé de 2 % ce 30 avril 2026, alors que le CAC 40 reculait de 1,3 %.
- Les analystes saluent cette opération, qui devrait réduire les risques financiers liés au nucléaire pour le groupe.
Un tournant stratégique pour Engie et la Belgique
Le gouvernement belge, dirigé par le Premier ministre Bart De Wever, a décidé de suspendre temporairement les opérations de démantèlement des réacteurs de Doel et Tihange. Cette décision s’inscrit dans le cadre des négociations engagées avec Engie pour une reprise totale des actifs nucléaires belges. Un protocole d’accord, détaillant les modalités financières, juridiques et opérationnelles, est attendu d’ici le 1er octobre 2026.
Cette initiative s’appuie sur un accord conclu en 2023 entre Engie et les autorités belges. À l’époque, le groupe avait accepté de transférer à l’État belge l’ensemble des obligations liées à la gestion des déchets nucléaires, en échange d’un paiement forfaitaire de 15 milliards d’euros. Ce mécanisme offre à Engie une visibilité financière immédiate, l’exposant désormais uniquement à un coût fixe et connu, plutôt qu’à des révisions périodiques des provisions.
Le contexte de cette opération est marqué par un revirement de la politique énergétique belge. Initialement, la Belgique prévoyait de sortir du nucléaire en 2025. Cependant, l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 a conduit le pays à reconsidérer sa position, prolongeant notamment l’exploitation des réacteurs Doel 4 et Tihange 3, exploités par la filiale Electrabel d’Engie. Royal Bank of Canada juge ce transfert de propriété « rationnel », au regard de l’engagement croissant de la Belgique envers le nucléaire.
Une opération saluée par les marchés et les analystes
Les investisseurs réagissent positivement à cette annonce. Depuis le début de l’année, l’action Engie affiche une performance remarquable, avec une progression de 20,7 % en 2026, après une hausse de 46,37 % en 2025. Cette dynamique s’explique en partie par la stratégie de croissance externe du groupe, illustrée par l’acquisition récente de UK Power Networks (UKPN), la plus importante réalisée par Engie depuis son renommage en 2015.
Les analystes financiers se montrent particulièrement optimistes quant à l’impact de ce projet nucléaire. AlphaValue, un bureau d’études indépendant, a relevé sa recommandation à « accumuler » et supprimé la décote de 10 % qu’il appliquait précédemment à Engie par rapport à l’indice des groupes énergétiques intégrés. Selon eux, la sortie du nucléaire en Belgique permettra au groupe d’alléger significativement son bilan, notamment en réduisant les provisions pour démantèlement.
Pour Barclays, cet accord « constituerait une avancée majeure grâce au transfert des passifs et à la réévaluation des actifs ». Morgan Stanley, de son côté, estime qu’il « pourrait contribuer à réduire les risques liés au modèle économique d’Engie, en atténuant les réévaluations régulières des obligations de démantèlement ».
Un autre élément clé de cette opération réside dans l’écart entre les estimations d’Engie et celles de l’ONDRAF, l’autorité belge de régulation. Selon Royal Bank of Canada, la révision triennale des provisions nucléaires en cours pourrait entraîner un ajustement de 4 milliards d’euros, un montant que le transfert des actifs permettrait de clarifier.
Un soulagement financier pour Engie
Avec près de 11 milliards d’euros de provisions liées au nucléaire, Engie pourrait tirer un bénéfice majeur de ce transfert. En transférant ces passifs à l’État belge, le groupe se décharge d’un risque financier majeur, lié aux révisions périodiques des coûts de démantèlement. « Grâce au transfert des obligations liées aux déchets nucléaires, le groupe ne sera plus exposé à l’évolution des coûts futurs », avait expliqué Engie dans un communiqué.
Cette opération intervient à un moment où le groupe cherche à renforcer sa crédibilité auprès des marchés. Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, a multiplié les initiatives pour moderniser le groupe et le rendre plus attractif pour les investisseurs. La récente acquisition de UK Power Networks, qui renforce sa présence au Royaume-Uni, s’inscrit dans cette stratégie.
Pour les marchés, ce projet nucléaire belge représente donc une opportunité de clarifier les risques financiers du groupe. JPMorgan avait souligné dans sa note d’avril que le groupe avait connu « le plus grand changement » dans sa stratégie de communication financière, un élément qui semble désormais se concrétiser.
Un enjeu plus large pour l’énergie en Europe
Cette opération s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par une réflexion européenne sur la place du nucléaire dans le mix énergétique. La Belgique, comme d’autres pays, a revu ses plans de sortie du nucléaire en raison des tensions géopolitiques et des enjeux de souveraineté énergétique. Ce transfert d’actifs entre Engie et l’État belge pourrait servir de modèle pour d’autres pays européens confrontés à des défis similaires.
Pour Engie, cette opération représente une opportunité de recentrer ses activités sur des segments plus stables et moins exposés aux risques réglementaires. La réduction des provisions nucléaires devrait également améliorer la notation financière du groupe, un élément clé pour attirer de nouveaux investisseurs.
Le gouvernement belge, dirigé par Bart De Wever, a suspendu les opérations de démantèlement en attendant la finalisation des négociations avec Engie pour le transfert des centrales nucléaires. Cette décision vise à préserver les actifs en vue d’un éventuel accord d’ici octobre 2026.
Le transfert des obligations liées aux déchets nucléaires permettra à Engie de réduire ses risques financiers, estimés à près de 11 milliards d’euros de provisions. L’accord de 2023 prévoyait déjà un paiement forfaitaire de 15 milliards d’euros, offrant une visibilité financière immédiate au groupe.