Un record du monde a été établi ce dimanche 25 mai 2025 lors des Enhanced Games de Las Vegas, compétition où le dopage est autorisé et encadré, selon RMC Sport. Le nageur grec Kristian Gkolomeev a en effet signé un temps de 20 secondes 81 sur 50 mètres nage libre, améliorant ainsi la meilleure performance mondiale détenue jusqu’alors par Cameron McEvoy (20”88 en mars 2025).
Ce qu'il faut retenir
- Kristian Gkolomeev a réalisé un temps de 20”81 sur 50 m nage libre, battant le précédent record du monde (20”88) lors des Enhanced Games de Las Vegas.
- Le Grec empoche un million de dollars pour ce « record », en plus des 250 000 dollars promis à la victoire.
- La compétition autorise l’usage de substances dopantes, de combinaisons en polyuréthane et d’autres technologies interdites dans les compétitions traditionnelles.
- Fred Kerley, champion du monde 2022 du 100 m, a remporté l’épreuve masculine en 9”97, sans recourir au dopage.
- Les instances mondiales du sport, dont le CIO, ont dénoncé ces Jeux comme dangereux et refusé d’homologuer les records établis.
- Emily Barclay a frôlé le record féminin du 50 m nage libre en 24”09, tandis que Hunter Armstrong, non dopé, a remporté le 50 m dos.
Cette performance, qui ne sera logiquement jamais homologuée par les fédérations internationales, illustre le caractère controversé des Enhanced Games. Organisées pour la première fois, ces compétitions se distinguent par leur tolérance envers le dopage, encadré médicalement, ce qui soulève des questions éthiques et sanitaires majeures. « C’était une superbe course… Je l’ai fait », a réagi Gkolomeev, visiblement satisfait de son exploit, malgré l’absence de reconnaissance officielle. « Je vais continuer. Peut-être que l’année prochaine, je le battrai à nouveau. »
Le nageur grec a également échoué à battre le record du monde du 100 m nage libre, malgré une amélioration significative de son record personnel. Il a réalisé 46”40, contre 48”68 en 2016, mais n’a pas réussi à devancer Pan Zhanle, détenteur de la meilleure marque mondiale. « C’était tout près… Je voulais vraiment le faire, mais ce n’est pas grave », a-t-il ajouté, affichant une certaine résignation.
Des athlètes dopés face à des concurrents « propres »
Lors de cette soirée, la majorité des participants ont eu recours à des substances interdites dans les compétitions traditionnelles. Parmi eux figuraient des médaillés olympiques comme James Magnussen, Cody Miller ou Ben Proud, autorisés à prendre de la testostérone, de l’hormone de croissance, des peptides ou encore des stéroïdes anabolisants. Ces produits, combinés à des équipements comme des combinaisons en polyuréthane, offrent un avantage significatif, rendant les performances difficilement comparables à celles des Jeux classiques.
À l’inverse, certains athlètes ont choisi de ne pas se doper. C’est le cas de Hunter Armstrong, qui a remporté le 50 m dos malgré la concurrence dopée. « On peut gagner sans tricher, même si c’est plus difficile », a-t-il souligné, rappelant que l’intégrité sportive reste un choix possible dans cette compétition.
Côté athlétisme, l’Américain Fred Kerley, champion du monde 2022 du 100 m et double médaillé olympique, a brillé lors des séries masculines en réalisant 9”93, avant de s’imposer en finale en 9”97. Une performance remarquable, d’autant plus que Kerley fait partie des rares participants à concourir sans dopage dans ces Jeux. Son temps reste cependant loin du record du monde d’Usain Bolt, établi à 9”58 en 2009. « Je n’ai pas besoin de dopage pour performer », a-t-il affirmé, confirmant son engagement pour une compétition « propre », même si le gain financier semble avoir motivé sa participation.
Les Enhanced Games sous le feu des critiques
Dès leur annonce, les Enhanced Games ont suscité une vague de réprobation dans le monde sportif. Les instances internationales, dont le Comité international olympique (CIO), ont dénoncé une initiative « dangereuse » pour la santé des athlètes. « Ces compétitions bafouent les valeurs fondamentales du sport et mettent en péril l’intégrité physique des participants », a réagi une porte-parole du CIO, rappelant que les fédérations ne reconnaîtraient aucun record établi lors de ces Jeux.
En France, la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, a qualifié ces Jeux de « pervers » et « dégradants », soulignant leur caractère « inacceptable » pour l’éthique sportive. Les athlètes et personnalités du milieu, comme l’ancien champion olympique Jean Galfione, ont également critiqué l’événement, dénonçant une « mascarade » où la performance prime sur la santé. « Ce n’est même pas beau à voir », a-t-il déclaré, reflétant l’opinion d’une grande partie du monde sportif.
Malgré ces condamnations, les Enhanced Games continuent de drainer des athlètes de haut niveau, motivés par les primes financières importantes. Outre les gains liés aux victoires, les organisateurs promettent des bonus supplémentaires pour les records, comme en témoigne le million de dollars attribué à Gkolomeev pour son « record » du 50 m nage libre.
Des performances féminines en demi-teinte
Du côté des épreuves féminines, la Britannique Emily Barclay a réalisé un temps de 24”09 sur 50 m nage libre, s’approchant du record mondial détenu par Sarah Sjöström (23”61). Une performance encourageante, mais insuffisante pour battre la marque existante. « J’ai donné tout ce que j’avais, mais il reste du travail », a-t-elle commenté après sa course.
Ces Jeux, bien que controversés, offrent une vitrine médiatique à des athlètes en quête de reconnaissance ou de revenus. Cependant, leur légitimité sportive reste largement contestée, tant par les fédérations que par une partie des sportifs eux-mêmes.
Pour l’heure, les fédérations sportives ont déjà annoncé qu’elles ne reconnaîtraient aucune performance réalisée lors de ces Jeux. Quant aux athlètes, certains, comme Fred Kerley, ont choisi de s’y rendre pour des raisons financières, tout en affichant leur refus du dopage. Une ambiguïté qui résume à elle seule les contradictions de ces Enhanced Games.
La prochaine édition, si elle a lieu, est attendue pour 2026. D’ici là, les débats sur l’éthique sportive et la santé des athlètes devraient continuer de s’intensifier.
Selon les organisateurs, les athlètes peuvent utiliser de la testostérone, de l’hormone de croissance, des peptides, des stéroïdes anabolisants, ainsi que des combinaisons en polyuréthane, toutes interdites dans les compétitions traditionnelles. Ces substances sont administrées sous contrôle médical.
Les instances comme le CIO et les fédérations internationales dénoncent un risque pour la santé des athlètes et une atteinte à l’intégrité du sport. Elles rappellent que le dopage, même encadré, reste contraire à l’éthique sportive et met en danger les participants.